Cette abstinence, acquise pas à pas, vingt quatre heures à la fois, est une magnifique victoire. Mais, comme le dit le proverbe : « Il ne faut pas crier victoire trop vite. » Aidé de son médecin et de son entourage, le malade alcoolique a réussi à briser ses chaînes, mais l’édifice qu’il a construit est encore fragile. Il est à la merci d’une déception, d’un échec, d’une réflexion désobligeante, de l’incompréhension à son égard ou de l’ignorance. Il est aussi à la merci du premier verre...
Tous ces anciens buveurs, qui se retrouvent au cours de leurs réunions et s’entraident, ont eux aussi une famille, des personnes très proches qui font tout pour les soutenir. Mais parfois, tout comme vous, ces personnes se sentent désarmées, ne savent pas comment s’y prendre, ont peur de commettre des impairs, peur de ne pas savoir trouver les mots, peur de la rechute, peur des phases de déprime, peur de leur compagnon (ou de leur compagne) ou peur d’eux mêmes. C’est pourquoi ils se retrouvent au sein des associations d’anciens buveurs et organisent des réunions réservées à l’entourage des alcooliques. Ces réunions ont le même intérêt que celles organisées par et pour les anciens buveurs : ouvrir le dialogue, mettre en commun les expériences, se libérer de ses tensions, trouver des réponses à ses questions et en sortir le cour plein d’espoir et l’esprit mieux averti.
De plus, la plupart des associations d’anciens buveurs organisent des réunions « ouvertes » qui reçoivent en même temps les malades et leur entourage. D’ailleurs, si vous souhaitez savoir comment les choses se passent avant d’inciter votre compagnon (ou compagne) à y aller, n’hésitez pas, la porte vous sera grande ouverte. Renseignez vous seulement auparavant car les réunions « ouvertes » n’ont pas lieu tous les jours (Suite).