L’alcool était devenu un mode de vie, c’est à dire que le malade lui consacrait tout son temps. Une partie en attente de l’ivresse, une autre dans la confusion éthylique et une dernière pour récupérer un peu en attendant la prochaine bouteille. Tout son temps, cela signifie qu’il n’y avait guère de place pour autre chose. C’est là que vous intervenez. Vous allez l’aider à remplacer ce temps de boisson par du temps de vie. Pour qu’il (elle) n’ait pas envie de boire, il faut que la vie vaille la peine et vous êtes une partie de sa vie. Il (elle) buvait parce que la joie de vivre, l’équilibre et la confiance en lui (en elle) lui faisaient défaut. Il faut l’aider aussi à ce qu’il (elle) redécouvre ces atouts essentiels qui vont l’amener à trouver la paix intérieure et à s’accepter tel. qu’il (elle) est, sans alcool. C’est sûrement la partie la plus difficile, mais avec votre amour, votre compréhension et votre patience, vous y arriverez, tous deux soutenus par l’amitié des anciens buveurs.
La solution d’aider les autres, comme vous venez de le comprendre dans le paragraphe précédent, est certainement la meilleure solution pour retrouver une image satisfaisante de soi même, mais il n’est pas raisonnable de l’envisager avant plusieurs mois d’abstinence. En effet, l’alcoolique, dont le sevrage est récent, a déjà tellement de problèmes à gérer dans sa propre tête, qu’il ne peut en plus essayer d’aplanir ceux des autres. Notamment, s’accepter tel qu’il (elle) est, sans être retranché(e) derrière les effets désinhibants de l’alcool. Affronter « à nu » le regard des autres, leur jugement peut être, s’adresser à eux sans crainte, sans complexes, simplement, sans que cela porte à conséquences, est un travail sur soi qui va demander de gros efforts à ces alcooliques qui ont décidé de ne plus boire. Ces efforts porteront leurs fruits, petit à petit, mais seront inévitablement ponctués de moments de doute, d’angoisse et de négation de soi (Suite).