Maladies connues

L’hémorragie du rectum

Il existe différents procédés de mesure de la température ; le privilège du thermomètre rectal fait que la plupart des pays d’Europe occidentale et les pays d’Afrique sont les seuls à signaler cet accident qu’est la rectorragie thermométrique. Cet accident est fréquent, en particulier lors d’épidémies grippales. Dans tous les cas, l’hémorragie survient dans l’heure qui suit la prise de température, mais l’émission de sang peut être plus tardive si elle est peu importante. On retrouve toujours une faute technique, dont la plus fréquente est l’introduction brutale du thermomètre non lubrifié, au delà de sa partie plus large. Parfois, en effet, des malades
prennent leur température d’une façon peu orthodoxe et fantaisiste. La muqueuse rectale est peu sensible mais certains sujets ressentent une légère douleur au moment de la lacération. Ensuite se produit le saignement parfois très abondant mais invisible car le sang s’écoule dans le rectum.

Les manifestations

L’ulcération est située sur la face antérieure du rectum, rigoureusement dans l’axe du canal anal, à 4 ou 6 cm de la marge de l’anus. Le danger de cet accident c’est que très souvent le malade ne s’aperçoit pas de l’hémorragie et est seulement alerté par un malaise ou par un accident syncopal. Mais en général, il perd un peu de sang par l’anus et il doit alors faire appel très vite à un médecin. En phase d’hémorragie, l’examen est parfois difficile. Dès la mise en place de l’anuscopie, il y a un abondant rejet de sang que le médecin devra drainer ou éponger pour découvrir la lésion. Il ne faut pas oublier que l’ampoule rectale est très vaste et que la quantité de sang qu’elle peut contenir est importante, ce qui explique le caractère occulte et dangereux de l’hémorragie. La lésion est une ulcération muqueuse et sous muqueuse qui a l’aspect d’une griffe et qui sera centrée par le caillot. Les ulcérations peuvent être multiples ; la coexistence d’une congestion hémorroïdaire est possible, ainsi que celle d’une inflammation du rectum. Lorsque l’hémorragie est abondante, il est nécessaire de provoquer l’hémostase par un tamponnement aux mèches de gaze imbibées d’un produit hémostatique, mais il est exceptionnel que l’on soit amené aux transfusions et à la réanimation ; dans la majorité des cas, le caillot se forme seul.

En conclusion

Il apparaît donc indispensable que l’enseignement de la technique de la thermométrie soit faite et transmise par le corps médical auprès du public ; le thermomètre ne devrait être vendu qu’avec son mode d’emploi. Une uniformisation de la thermométrie serait souhaitable (37°C en température axillaire en Allemagne équivalant à 38° C en France et à 37,5° si l’on traduit les Fahrenheit anglais). On ajoutera que le thermomètre familial peut être la source d’infections et l’on s’étonnera de la préférence rectale, alors que la température buccale est un reflet plus fidèle de la température centrale. Par ailleurs, la lecture d’un thermomètre à mercure peut n’être pas facile, elle est à l’origine d’une dispersion certaine de mercure dans l’environnement et est certainement moins commode que l’utilisation d’un thermomètre à usage unique par un mélange solide de deux corps thermosensibles. Cette technique annonce la thermométrie médicale de demain.