Maladies cutanées

Le Zona

Durant les deux ou trois jours précédant l’apparition de la maladie, on observe des manifestations infectieuses : fièvre à 38°C, malaises, maux de tête, impression d’embarras gastrique, très grande fatigue. Mais ce sont les douleurs qui marquent le véritable début de la maladie. Dans le zona thoracique, le plus fréquent, ces douleurs siègent sur plusieurs espaces intercostaux.

Ces douleurs qui sont unilatérales, et cela est caractéristique du zona, donnent la sensation d’une brûlure superficielle, accompagnée d’hypersensibilité cutanée.

L’éruption du zona

se fait au bout de quelques heures dans le territoire douloureux. On assiste à l’apparition de plaques rouges arrondies, saillantes, s’effaçant sous le doigt et à la traction de la peau. Elles surviennent par poussées successives séparées par quelques heures d’intervalle. Sur les plaques apparaissent les éléments vésiculeux, d’un volume variant d’une tête d’épingle à une lentille, renfermant un liquide transparent. Ces vésicules augmentent très vite de nombre et de volume, mais ne dépassent jamais la ligne médiane du corps. Peu à peu, la base inflammatoire disparaît. Le vésicules s’aplatissent, leur contenu devient louche, parfois séro sanguinolent. Au huitième ou dixième jour, l’éruption est achevée et les vésicules sont flétries. Une croûte se forme à leur surface, jaunâtre, adhérente, laissant à sa suite une cicatrice blanche, pigmentée à la périphérie, indélébile ; à ce moment, les douleurs diminuent d’intensité. Aux signes infectieux, aux douleurs du début, à l’éruption, s’ajoute le gonflement ganglionnaire ou adénopathie. Atteignant le groupe lymphatique correspondant au territoire atteint, elle est de deux ordres. Il existe une adénopathie précoce et une tardive, sous la dépendance de l’infection secondaire de la période de suppuration.

Il peut exister des vésicules éloignées des plaques principales, plus ou moins nombreuses et disséminées, pouvant rendre le diagnostic difficile.

Au bout de quinze jours, le zona est guéri. Les signes généraux ont disparu, les douleurs se sont atténuées, il ne reste à la place des croûtes que des cicatrices déprimées, indélébiles.

Les formes cliniques du zona

Les douleurs, qui cessent en général au moment de la dessiccation des vésicules, peuvent persister très longtemps et prendre un caractère intense, en particulier chez le vieillard. Chez l’enfant, en revanche, les douleurs ne sont pas marquées et l’éruption est abondante. Exceptionnellement, le zona se complique de paralysie faciale.

Le zona thoracique :

le plus fréquent, peut présenter des irradiations particulières. Quand il siège au niveau des deux premiers espaces intercostaux, on peut voir des vésicules supplémentaires à la face interne du bras. A signaler, le zona des derniers espaces qui déborde sur l’abdomen, le zona des lombes, du périnée, de la muqueuse de l’urètre, où il peut simuler en tout point une urétrite blennorragique, le zona cervical qui déborde sur le cuir chevelu, la nuque, et s’accompagne d’une céphalée intense.

Le zona du nerf trijumeau :

l’atteinte des différentes branches de ce nerf par le zona se traduit souvent par des complications secondaires plus ou moins graves : boutons sur la langue, douleurs dentaires, problèmes oculaires (souvent sérieux), violents maux de tête, etc.

Les erreurs de diagnostic possibles

A la période vésiculeuse, on peut confondre le zona avec l’herpès (souvent localisé aux lèvres, à l’aile du nez), avec certains érythèmes, avec certaines lésions syphilitiques ou avec la varicelle (certains zonas sont survenus après contact avec une varicelle).

Le zona infectieux, assez fréquent, dû à une lésion du ganglion rachidien, doit être différencié des éruptions caractéristiques d’une lésion de la moelle épinière (compression, mal de Pott, cancer vertébral, tabès, myélite). Ces éruptions sont discrètes, récidivantes, souvent symétriques, ne laissant pas de cicatrices. Le diagnostic est évident ou très difficile.

Le traitement du zona

Moins on touche les plaques de zona et mieux cela vaut. On peut les tamponner au mercurochrome pour éviter leur surinfection et les laisser à l’air le plus possible. Si nécessaire, appliquez des gazes sèches très lâches. De bons résultats paraissent être obtenus avec la vitamine B6 et un antibiotique particulier : le lysozyme en injection intramusculaire. Il demeure évident que l’essentiel du traitement vise à calmer la douleur. Celle ci, extrêmement vive, nécessite l’emploi d’antalgiques très actifs. On est parfois obligé d’avoir recours à la morphine.