L’angoisse et l’anxiété entrent dans la catégorie des urgences car les troubles qu’elles entraînent peuvent affecter l’entourage et le malade lui même.
est un sentiment d’insécurité, de menace, sans motif définissable ou valable, une peur sans raison ou disproportionnée avec l’objet appréhendé.
On l’observe souvent chez un sujet hyper scrupuleux qui a peur de mal faire ce qu’il a projeté. Elle est de ce fait dynamogène et l’anxieux est la plupart du temps un agité. La peur anxieuse entraîne chez lui une réaction dynamique de défense. Il s’agit d’ailleurs d’une réaction immédiate et si cette réaction ne peut avoir lieu, le malade ressent une sensation de malaise très pénible.
Une forme mineure d’anxiété est représentée par le trac du comédien qui cesse dès que l’artiste rentre en scène. On a donc pu dire que l’anxiété concernait toujours le présent.
est une sensation de resserrement au creux de l’estomac ou à la gorge avec malaise général. Si l’anxiété peut avoir un motif sans proportion avec l’importance de la crise anxieuse, l’angoisse, elle, n’a pas de motif ; le malade angoissé ressent un malaise sans savoir pourquoi, tandis que l’anxieux croit savoir pourquoi. On a dit que l’angoisse concernait l’avenir, en fait elle ne concerne rien puisqu’elle est sans motif, mais elle s’étend et se projette dans l’avenir comme une maladie que le malade imagine inguérissable. Mais ce qui la distingue surtout de l’anxiété c’est qu’elle détermine chez l’angoissé une attitude statique. Le malade ne réagit pas puisqu’il n’a rien contre quoi il pourrait réagir, il est souvent immobile, passif. On le trouve prostré, appréhendant de se déplacer, de voyager. Il aime se réfugier chez lui et redoute de sortir même pour traverser la rue. A l’état pur, l’angoisse est donc bien différente de l’anxiété, mais en réalité ces deux troubles s’imbriquent souvent, ce qui rend leur distinction difficile.
L’angoisse peut parfois se manifester sous forme de crises à début brutal, surtout nocturne, avec une sensation de mort imminente suffisamment authentique pour faire penser à un infarctus et nécessiter un électrocardiogramme ; ces crises qui se répètent avec des périodes de rémission sont caractérisées par :
La crise d’angoisse peut être déclenchée par divers facteurs parmi lesquels figurent le plus souvent des problèmes sexuels, ou conjugaux, un deuil, une difficulté professionnelle.
Le pronostic de ces crises d’angoisse est favorable et elles passent avec le temps après avoir empoisonné la vie du sujet pendant des mois et même des années.
Quelquefois, mais cette éventualité est assez rare, elles virent à la dépression.
Dans l’angoisse comme dans l’anxiété, l’attitude de l’entourage et du médecin est très importante. L’un et l’autre devront être très patients, compréhensifs et disponibles. Ils écouteront autant qu’il le faudra le malade, car, pour celui ci, parler de ses troubles a un effet libératoire.
L’entourage ne devra jamais traiter le patient de malade imaginaire. Il ne devra jamais dire à celui ci « fais un effort », « secoue toi » ou tu te laisses aller. Il faut prendre ses plaintes très au sérieux et le considérer comme un vrai malade. Le traitement de fond repose essentiellement sur la psychothérapie. On a parfois de bons résultats avec des techniques de relaxation comme le training autogène de Schultze. On est tout de même obligé dans certains cas de faire appel à la psychanalyse ou à l’hospitalisation et à la cure de sommeil.
Le traitement médicamenteux utilise des psycho sédatifs et des anxiolytiques. Alors que sa maladie le pousse à se réfugier et à s’enfermer chez lui, il faut à tout prix faire sortir le malade, mais surtout ne pas l’envoyer dans un autre milieu familial (soeur en province, ou tante à l’étranger).
Ici, c’est bien la maison de santé spécialisée qui s’impose.