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 Au sein de la famille

Les alcooliques ont presque tous un point commun : le désintérêt absolu de ce qui se passe à la maison, même si cet état de choses est un facteur de culpabilisation pour beaucoup, surtout chez les femmes qui se sentent alors parfaitement inutiles. Dès le début de son abstinence, il faut permettre au malade d’exercer de nouveau son sens des responsabilités, relégué depuis trop longtemps au fond d’une bouteille. Il faut faire cela avec habileté et diplomatie, et ne pas lui imposer, même gentiment, une nouvelle distribution des rôles et des tâches. La meilleure méthode est de lui donner l’impression que cela vient de lui. En reprenant de vraies responsabilités au sein de la famille, il retrouvera, peu à peu, des raisons d’exister et sa confiance en lui.

Vous avez compris, que la reprise des relations avec les enfants était loin d’être simple. Prenez le temps de bien leur expliquer la situation, sans craindre de les choquer par une réalité trop brutale. Rien ne peut être plus brutal que ce qu’ils ont vécu. Ils ont souffert pendant la maladie de votre compagnon (ou de votre compagne), faites les donc participer à sa nouvelle vie. Demandez leur comment ils envisagent les choses, s’ils ont des idées de ce qu’ils aimeraient faire avec vous deux, pendant vos temps de loisirs. Parlez en tous ensemble, vous verrez que les idées fuseront et qu’il ne tiendra ensuite qu’à vous de les transformer en projets, puis en réalités. Multipliez les occasions où un dialogue vrai puisse s’installer librement entre tous les membres de la famille. Incitez vos enfants à parler d’eux mêmes, de l’école, du lycée, de leurs amis, de leurs envies, de leurs problèmes, de leurs conceptions de la vie. Evitez, bien entendu, les sujets de discorde ou de tension.

Dans la vie de tous les jours, ne lui achetez pas, même pour lui faire plaisir, de vin, bière ou apéritifs sans alcool. D’abord, la plupart en contiennent un peu, mais même si ce n’était pas le cas, inutile de lui redonner le goût de ces boissons puisqu’il (elle) a décidé de ne plus en faire usage. Supprimez aussi le cidre, les bonbons à la liqueur et les pâtisseries. Enfin, n’oubliez pas que certains sirops médicinaux contiennent de l’alcool.

Puisque tous deux êtes décidés à voir la vie différemment, il faut aussi que vous abordiez la question des amis et l’éventualité d’en trouver de nouveaux. Il n’y a aucune raison de vous fâcher avec des amis proches qui ont suivi de près vos difficultés et sont prêts à respecter vos choix à tous les deux et, surtout, la nécessité de l’abstinence. Mais si certains de vos amis se montrent sceptiques, sarcastiques ou défaitistes, prenez ensemble la décision de ne plus les voir. Il existe suffisamment de gens intéressants et gentils, notamment dans les groupes d’anciens buveurs, pour ne pas perdre son temps avec d’autres qui n’ont que leur médiocrité à offrir. Peut être trouvez vous cette position un peu dure ? Mais n’oubliez pas qu’il y va de la vie d’un malade et de votre vie à vous. Ce raisonnement est également valable pour des membres de votre famille ou de la sienne qui se montreraient négatifs. Il ne faut prendre aucun risque et sauver votre peau !

Le milieu du travail

Là aussi, il faut être radical car le danger serait de minimiser le pouvoir de la dépendance à la boisson. Si votre compagnon (ou votre compagne) exerce un métier qui le (la) met en contact direct avec l’alcool (bar, restaurant, commerce de vin, etc.), peut être vaut il mieux qu’il (elle) essaie de trouver un travail moins risqué. Parlez en ensemble. Bien sûr, la terre continue de tourner et l’alcool est partout, mais il n’est jamais prudent de jouer avec le feu. S’il n’y a aucune raison de changer de métier, reste le problème de ses nouvelles relations avec ses collègues de travail.