Changements soudains de la personnalité générale.
Changements d’humeur rapides.
Plus irritable ; secret ; imprévisible ; hostile ; déprimé ; non coopératif ; apathique ; retiré ; boudeur ; susceptible ; hypersensible ; défensif ; nerveux ; ambivalent ; anxieux ; distrait.
Moins affectueux, attentif, serviable, aimant.
L’une des facettes merveilleuses des bébés, c’est qu’une distraction peut les faire passer en une seconde des larmes au sourire. Pour les bébés, c’est absolument naturel : les joies et merveilles quotidiennes de la vie sont si puissantes qu’elles peuvent enrayer l’inconfort et la douleur. Malheureusement pour les parents qui veulent dormir, ces humeurs peuvent revenir tout aussi rapidement au point de départ.
Ce qui épate chez un petit enfant est grave chez un adolescent. Du point de vue émotionnel, la drogue peut changer votre enfant en bébé. A vrai dire, les parents d’adolescents ont souvent l’impression que c’est toujours le cas, même sans que la drogue soit en cause : l’adolescence est naturellement une période de montagnes russes émotionnelles dans laquelle le plaisir semble plus merveilleux, les problèmes mineurs plus consternants qu’à toute autre période de la vie. Mais les enfants sont naturellement résistants. Peu importe le degré de gravité de la crise momentanée, ils vont facilement revenir à un équilibre normal.
Ce n’est pas le cas chez les enfants dont les émotions sont à la merci de la drogue. L’enfant qui, souvent, passe de l’extrême euphorie au malheur extrême peut souffrir d’une maladie grave, comme la psychose maniaque dépressive, mais il est beaucoup plus susceptible d’être aux prises avec les pressions orageuses des drogues. L’enfant qui se drogue réagit soudainement aux mêmes stress extérieurs que l’enfant qui ne se drogue pas, peut être encore davantage, et il change également d’humeur sans aucune raison.
A quel point exactement votre enfant peut il changer ? Nous ne saurions le dire. Pour vous donner une idée de ce qu’il faut chercher, nous avons énuméré dans les Drapeaux rouges suivants 20 comportements et émotions que manifeste l’enfant qui se drogue. Lorsqu’ils sont soudains, imprévisibles et fréquents, ils sont causés par la drogue.
Il se produit également des changements à long terme, notamment parce que l’usage de la drogue retarde le développement émotionnel chez un enfant. L’utilisateur devient en général plus distant et moins affectueux à l’égard de ses proches. Il est si sensible que les autres membres de la famille doivent pe ser leurs paroles. L’affrontement provoque de l’hostilité et un comportement défensif.
Plusieurs enfants qui se droguent deviendront solitaires et retirés, même ceux qui étaient extravertis et sociables. Plusieurs consommateurs de drogues semblent hélas perdre leur acuité mentale ; ils ont alors des trous de mémoire. Les priorités des usagers changent à mesure que la drogue s’empare de leur vie, et ce changement se reflète dans leur attitude envers le monde qui les entoure.
La maturité se définit de bien des façons : la capacité de comprendre et d’interagir avec d’autres gens ; des sentiments d’altruisme et de préoccupation envers les autres ; la capacité de retarder des plaisirs immédiats au nom de l’avenir. La drogue nie tout cela.
La drogue concentre l’attention sur le « je ». L’usager ne se préoccupe que de lui même et de son plaisir immédiat. Une fois passés les premiers stades en compagnie des autres consommateurs, l’usage de la drogue est une fin en soi. Il faut monter et planer à tout prix.
Les traits de personnalité négatifs que provoque la drogue la paranoïa vis à vis de ceux qui ne font pas usage de drogues, la destruction des relations familiales ont tous tendance à retarder le développement émotionnel de l’enfant. Les gros consommateurs de drogue ont non seulement moins d’acuité mentale que les autres jeunes, mais ils paraissent également moins mûrs, incapables d’avoir la perspective nécessaire pour résoudre les problèmes. C’est un double handicap qui s’étend sur chaque facette de leur vie, et les pousse à décrocher de l’école, à perdre leur emploi, à abandonner leurs amis et leur famille. Si votre enfant a cessé d’évoluer, la drogue peut fort bien en être la cause.
La drogue ruine les relations familiales. Les changements de personnalité chez l’usager peuvent vous obliger à faire face à un étranger dans votre propre maison. Pis encore, cet étranger n’est qu’un enfant, qui sait que son comportement est mauvais et doit être caché aux yeux de ses parents, ce qui crée encore plus de culpabilité et de stress.
En tant que parents, vous remarquerez certainement ces changements lorsqu’ils se produiront. Il vous sera beaucoup plus difficile d’amener votre enfant à en parler. Ces enfants veulent rarement communiquer avec leurs parents. Dans bien des cas, ils se ferment, refusent de parler de cet aspect de leur vie. Cela est dû en partie à la culpabilité et à la paranoïa de l’usager de la drogue.
Un autre problème majeur provient des sentiments que développe l’usager : l’impression d’être spécial, l’idée que seuls les autres consommateurs peuvent vraiment comprendre ce qu’il ressent. Il peut se mettre à passer plus de temps avec d’autres consommateurs, qu’il tient aussi loin que possible de ses parents. Les parents doivent se méfier des amis qui se contentent de klaxonner ou refusent d’entrer à la maison lorsqu’ils passent chercher les enfants. Ces jeunes essaient d’éviter l’autorité établie les parents de peur d’être remis en question.
Amis et relations
Accentue les problèmes au sein des relations intimes, surtout avec des amis proches ou dans les relations sexuelles.
Diminue son intérêt à l’égard des amis non utilisateurs de drogues.
Se fait des amis qui sont aussi des solitaires.
Défend l’usage de la drogue par les amis.
Se fait de nouveaux amis qui sont plus âgés, ont une allure étrange ou carrément se droguent.
Si votre enfant s’éloigne soudainement de ses amis actuels, surtout si c’est pour se rapprocher d’enfants plus âgés, voilà un signal que la drogue est en jeu.
Les jeunes aiment en fréquenter d’autres qui ont les mêmes intérêts et les mêmes attitudes. La drogue devient un lien qui s’empare de la vie des usagers. Ils rejettent le monde normal. Leurs amis non utilisateurs leur paraissent « déphasés » ou « trouillards ». Les utilisateurs méprisent leur incapacité à supporter la drogue. Les relations avec les autres enfants sont susceptibles de se limiter au partage de la drogue ou à échanger des services pour de la drogue. La délicate interaction de l’apprentissage du monde de rendez vous intimes, de l’amour et du sexe peut être détournée par l’usage de la drogue.
Le rejet pour cause de drogue fonctionne dans les deux sens. La même tristesse et le même égoïsme qui provoquent des conflits avec les parents éloigneront même les amis les plus intimes. Le comportement verbal et physique destructeur que provoquent les drogues s’introduire sans invitation dans une réception, voler des amis, endommager des voitures empruntées est également un obstacle à l’acceptation sociale. La seule façon pour les utilisateurs de récupérer une croissance perdue et de retrouver les amis abandonnés, c’est de s’attaquer à leurs problèmes de développement émotionnel dans le processus de reprise en main qui prend place lorsque la toxicomanie a disparu.
Manque de désir
Diminution de l’intérêt face à de nouveaux apprentissages Attitude générale de passivité Perte d’intérêt pour l’école, le sport et les passe-temps Perte d’initiative.
La perte du désir est maintenant un indicatif tellement majeur d’un usage à long terme de la drogue qu’on lui a donné un nom scientifique : « syndrome de non motivation ». Le syndrome amotivationnel est souvent associé à l’usage de la marijuana, mais il peut également survenir par suite de l’usage d’autres drogues.
Le goût d’évoluer, d’apprendre, d’explorer de nouvelles idées, de résoudre des problèmes, de changer, tout cela devrait être une entreprise fondamentale de l’adolescence. La drogue étouffe ces désirs et fait reculer les buts et fait paraître le changement menaçant. Les jeunes qui se droguent ont l’impression que leur monde est bien comme il est, même si, selon toutes apparences, ils souffrent. Non seulement leur désir d’apprendre disparaît presque complètement, mais ils mettent beaucoup plus de temps à assimiler ce qu’ils apprennent. Les utilisateurs découvrent qu’il leur est plus difficile de saisir des explications et de les mémoriser.
Le manque de motivation ne se limite pas au travail scolaire. La perte d’initiative fait passer au second plan les activités qui semblaient jadis passionnantes : passe temps, sports, carrière. Même si les jeunes abandonnent souvent des activités de façon désinvolte, les enfants ont l’habitude de les remplacer rapidement par de nouvelles. Si un jeune semble délaisser tout ce qui l’intéressait auparavant, cela peut indiquer que l’usage de la drogue s’est changé en abus ou qu’il a progressé vers un niveau supérieur.
Les parents doivent prendre note du moment où leur enfant quitte ses activités précédentes, surtout si en même temps, il change d’amis. A moins que l’enfant ne puisse décrocher de la drogue, ce manque de désir empêchera la réussite de toute initiative de la part des parents. Les utilisateurs emploient souvent l’expression « vous ne comprenez pas », et c’est probablement vrai. Ceux qui ne prennent aucune drogue comprendront difficilement ses effets, mais les changements causés par la drogue sont faciles à constater.
Séparés des amis, tournés contre les parents et la famille, isolés des intérêts et des activités d’autrefois, ennuyés et mauvais élèves, les utilisateurs de drogues peuvent présenter un visage arrogant, mais en privé ils se sentent malheureux et déprimés. Les enfants qui souffrent d’une faible estime de soi se trouvent dans un cercle vicieux dans lequel leurs sentiments d’infériorité mêmes les empêchent de mettre en marche les changements requis afin de retrouver le monde qu’ils ont abandonné.
Les enfants qui se droguent ne se sentent plus à l’aise ou ne désirent plus participer aux activités de groupe. Leur confiance en soi, faible ou inexistante, les amène à préférer l’isolement, et à passer une grande partie de leur temps seuls dans leur chambre, le sous sol ou d’autres pièces éloignées du reste de la famille. Lorsqu’on les oblige à participer à une activité de groupe, ces enfants s’en vont ou se retirent dans un coin ou près d’un mur de la pièce. Ils préfèrent aussi ne fréquenter qu’une seule personne qui partage leur attitude.
A mesure que progresse leur dépendance, ces enfants tombent encore plus bas dans l’abîme de la perte de leur amour propre. Ils reconnaîtront même ce fait et se dégraderont eux mêmes devant leur famille ou leurs proches par des affirmations telles que « Je ne vaux rien » ou « Je ne l’ai plus ». Émerge alors l’allure caractéristique de l’utilisateur au niveau avancé : manque d’hygiène personnelle, indifférence envers les vêtements et l’apparence. Les utilisateurs suivent la pente facile, se fixent peu de buts, sinon aucun, et envisagent l’avenir avec pessimisme.
Les enfants qui pratiquent le déni s’acharnent à justifier leur usage de la drogue à l’aide de deux défenses apparemment contradictoires.
L’une consiste à rejeter l’idée que l’usage de la drogue est vraiment mauvais ou nocif. Vous l’entendrez prétendre que les dangers de la drogue ne sont que du sensationnalisme : des histoires à faire peur, disproportionnées par rapport à la vérité. Il citera des athlètes, des vedettes rock, des acteurs et autres gens célèbres qui semblent mener une vie prestigieuse tout en admettant prendre de la drogue. Ces enfants insisteront sur le fait qu’ils ne deviendront pas des toxicomanes, que les drogues qu’ils utilisent sont douces ou sûres, et qu’ils peuvent cesser dès qu’ils le veulent.
L’autre défense admet implicitement que l’usage de la drogue est mauvais, mais le justifie en désignant le comportement des autres. On vous dira que l’usage de la drogue est normal et même obligatoire. L’usage que font les parents de toute drogue, même le tabac ou un usage occasionnel de la drogue, leur sera remis sous le nez. Les jeunes rappelleront à leurs parents qu’ils ont fait des expériences avec la drogue dans leur jeunesse et prétendront au même « droit » à faire leurs propres erreurs. Personne n’est parfait, disent les utilisateurs, la vie est ainsi faite. Toutes les autres fautes qu’ils peuvent trouver dans la vie de leurs parents ou dans le monde leur serviront d’excuses pour justifier et minimiser leur propre comportement. Les jeunes qui proclament bruyamment leurs « droits » de prendre de la drogue demandent souvent, en réalité, de l’aide, même s’il sera très difficile de le leur faire admettre.
Mentir
Devient un bon faussaire.
A toujours une excuse, peu importe le problème.
Ne donne que des réponses vagues, générales ou élusives à des questions sur son comportement.
Se mentir à propos de la drogue, c’est pratiquer le déni. Mentir aux autres, c’est tout simplement mentir. Les mensonges font nécessairement partie de l’expérience de la drogue pour les toxicomanes. La drogue est illégale et mauvaise : même les jeunes les plus endurcis, même ceux qui vivent dans des familles où l’usage de la drogue est permis, afficheront des comportements qu’ils doivent cacher. Les utilisateurs ont besoin de tenter de faire croire aux parents qu’ils n’ont jamais pris de drogues, qu’ils ont cessé, qu’ils gardent de la drogue pour des amis, qu’ils sont là où ils devraient être et non en train de se droguer. Lorsque de l’argent et des objets commenceront à disparaître, ils auront une excuse, tout comme lorsqu’ils commenceront à avoir des échecs scolaires ou des démêlés avec la justice. La drogue met les jeunes sur une corde raide tissée de mensonges ; les parents devront être là lorsqu’ils tomberont.
Retards
Une partie du retard constant des usagers est reliée au mensonge et au camouflage. Les jeunes ne peuvent admettre avoir passé la nuit trop ivres pour conduire jusqu’à la maison, ou qu’ils se sont arrêtés en revenant de l’école pour avoir fumé du pot avec un ami. Les enfants pour qui le retard est une habitude s’éloignent de leur famille. Si les parents n’affrontent pas directement ce comportement, cela indique un manque de communication avec leurs enfants.
Les retards ont une autre composante qui apparaît aux niveaux avancés de l’usage de la drogue : une diminution de la conscience du passage du temps. Les enfants au niveau avancé n’ont littéralement aucune conscience de leur retard parce qu’ils ne mesurent plus et ne comprennent plus le temps de la même façon que les non usagers. Sans cette conscience, ils sont incapables d’y voir un problème : pour eux, c’est « pas grand chose ». Le retard n’apporte que des excuses : « Je n’avais que quelques mi flutes de retard », ou « C’était la première fois cette semaine que j’étais en retard ». Cela ne fera qu’augmenter avec le temps. Dans certains cas, le manque de ponctualité deviendra routinier plutôt qu’exceptionnel. Les usagers au niveau avancé ne se sentent pas obligés d’être à l’heure ou de considérer les sentiments des autres. Leur comportement leur apparaît normal et justifiable. À ce stade, une véritable notion du temps n’est pas susceptible de revenir avant le processus de reprise en charge.
L’usage de certaines des drogues les plus populaires, surtout de la marijuana et de la cocaïne, peut laisser les utilisateurs avec l’impression que quelqu’un cherche leur perte ou qu’il va leur arriver un malheur. Ces sentiments de paranoïa, au sens courant plutôt que clinique du terme, peuvent être également une réaction plus générale aux peurs de se faire prendre en train de poser un geste qu’ils savent très répréhensible.
Ce second type de paranoïa marque un stade particulier du déni. Afin de justifier un comportement qui va à l’encontre de celui de leurs parents et amis, les utilisateurs paranoïaques croient que ce sont les autres qui ont perdu contact avec la réalité. Voilà un autre exemple de la façon dont les drogues interrompent le processus de maturité émotionnelle : le « je » prend toute la place.
En refusant à tout prix d’affronter la réalité, ces utilisateurs concentrent sur ceux qui les entourent le stress et la colère ainsi engendrés. Afin de détourner l’attention de leurs propres échecs, ils exposent les fautes des autres. Les parents peuvent s’attendre à des luttes familiales, car ces utilisateurs s’attaqueront joyeusement à leurs défauts. Les utilisateurs paranoïaques justifient leur comportement en ayant l’impression qu’on les isole pour certains gestes tandis que les autres s’en tirent, ou que les parents et les enseignants leur en demandent plus qu’à leurs frères et soeurs ou à d’autres élèves. Ne pas être aimé et apprécié par ces figures d’autorité fait de leur vie une épreuve particulière, dont ils peuvent se soulager avec quoi d’autre ? encore plus de drogues.
Les enfants téméraires ont une croyance quasi mystique qu’ils sont différents et à l’abri de tout danger. Ils ont l’impression qu’ils peuvent marcher sur une corde raide sans être dévorés par les dangers qui les guettent. L’usage continu de l’alcool et d’autres drogues ne fait qu’augmenter cette fausse confiance, et change des jeunes téméraires en aventuriers et en provocateurs. Même si cela transparaît dans tous les aspects de leur vie, l’évidence en est horriblement évidente dans leur attitude envers la conduite automobile : les jeunes qui se droguent se croient trop souvent capables, au delà de tout doute, de prendre des courbes plus vite, de devancer des trains à des passages à niveau et de conduire en état d’ébriété. Les parents en verront les résultats sous la forme de contraventions, de collisions mineures, d’arrestations et, si le pire se produit, de collisions majeures. Des modèles similaires s’appliquent à la santé des usagers de drogues : d’abord des éraflures et accidents mineurs occasionnels, puis fréquents, puis, dans bien des cas, des blessures majeures.
Agissant par pure impulsion, les jeunes téméraires planifient rarement leurs activités. Ils proposent une activité périlleuse : virée dans une voiture volée, conduite en état d’ébriété, vandalisme. L’organisation disparaît de leur vie, remplacée par un besoin de gratification immédiate et de risque.
Les usagers des stéroïdes sont particulièrement enclins à ce comportement, qui est un aspect de la roide rage. L’usage de stéroïdes peut rendre les gens susceptibles, excessifs, aventuriers et nettement hasardeux. Leur rage les poussera à s’en prendre à tout le monde et les entraînera souvent au delà de leurs limites. Ils se donnent une personnalité de vedette, surnaturelle, et ont l’impression qu’on ne pourra jamais les blesser, les attraper ou les tuer. Leurs corps étant poussés à leurs limites physiques, les blessures sont plus fréquentes et mettent plus de temps à guérir. La rage provoquée par les stéroïdes crée un sentiment d’arrogance, d’agressivité et d’invincibilité en plus d’autres difficultés psychologiques.
Hostilité et violence à l’égard des autres
Devient désobéissant et se rebelle contre les parents.
Défie de plus en plus les règles et règlements en général.
Est de plus en plus violent et menaçant.
Devient injurieux, verbalement ou physiquement Poussé par la colère, détruit ou endommage des biens
S’inflige de la douleur (coupures aux bras, piqûres d’aiguilles, etc.)
La témérité et la paranoïa peuvent aboutir à la violence. Lorsque le sentiment de rébellion que ressentent la plupart des jeunes s’ajoute à cette combinaison, les parents deviennent inévitablement la cible d’une grande partie de cette rage. (Bien que, comme le prouvent les bagarres dans les bars, les rixes lors des événements sportifs et la violence lors des fêtes, l’alcool et les autres drogues alimentent la violence partout où on les utilise.)
En tant que symboles de l’autorité, les parents ont le rôle d’établir des limites au comportement de leurs enfants, même de ceux qui prennent de la drogue. Susceptible d’attaquer ceux qui peuvent l’empêcher de prendre de la drogue et l’obliger à affronter un comportement qu’il sait fautif, l’usager se défoule souvent sur ses parents, ses frères et sours ou autres membres de la famille, verbalement ou physiquement. Frustrés et coléreux, les parents sont censés lui rendre la monnaie de sa pièce, et mettent en scène nombre de batailles furieuses. Ces guerres familiales peuvent devenir extrêmement dangereuses si l’enfant est à une étape de rage pour avoir utilisé des stéroïdes ou s’il est sous l’influence du PCP.
Curieusement, lorsqu’il redescend de son euphorie artificielle, des heures plus tard ou le lendemain, l’utilisateur s’excuse parfois de son comportement. Il tente fréquemment de dissimuler son comportement aux yeux du reste de la famille, suppliant un frère, une sour ou un parent de ne pas le dénoncer. Au cours de la dépression qui suit un usage intensif de drogues (le consommateur de cocaïne est particulièrement sujet à la dépression après la période d’euphorie), l’utilisateur qui a une faible estime de soi peut se blesser avec l’intention de se punir.
La violence peut devenir presque quotidienne. Les parents de toxicomanes au stade avancé constateront probablement des extrêmes de violence chez leur enfant. Les niveaux élevés de violence indiquent le besoin certain d’un soutien professionnel.
Suicide
Les enfants suicidaires sont prêts à démissionner de la vie, et la drogue n’a fait qu’accentuer leurs attitudes négatives à propos d’eux mêmes et du monde. Il n’y a pour eux que peu d’espoir ; ils ne peuvent plus trouver de raison de vivre. Les tentatives de suicide peuvent être un ultime appel à l’aide ; bien que ce ne soit pas le cas de tous les enfants suicidaires, plusieurs émettent au préalable un avertissement qu’on a ignoré, mal interprété ou qu’on n’a pas pris au sérieux, puis ils effectuent leur tentative réelle afin d’attirer, sans équivoque, l’attention sur leur souffrance. Selon une étude, les tentatives de suicide sont cent fois plus nombreuses que les suicides véritables, mais on est en mesure de croire que les tentatives sont insuffisamment rapportées. Les tentatives ou les menaces de suicide doivent être prises au sérieux ; ceux qui tentent de se suicider sont plus susceptibles de compléter l’acte un jour ou l’autre.
Les enfants qui courent le risque de se suicider ont un profil remarquablement similaire à ceux qui sont susceptibles d’avoir des problèmes de drogues. Les enfants suicidaires ont tendance à avoir une faible estime de soi, à se sentir seuls, désespérés et différents ; tout cela s’aggrave avec la dépression.
Parler ou écrire au sujet de la mort, ou collectionner des objets potentiellement dangereux, tels que des lames de rasoir, couteaux, armes à feu ou pilules sont des signes avertisseurs évidents pour les parents. Parmi les indices plus subtils : faire don de ses biens personnels ; parler ou écrire à propos d’échec, d’absence totale de valeur, ou d’isolement ; rompre avec un petit ami ou une petite amie ; et une augmentation ou diminution soudaine des habitudes d’alimentation ou de sommeil. Des tentatives ou des suicides réussis d’amis ou de membres de la famille peuvent déclencher des tentatives chez un jeune à risque.
Selon plusieurs études, une plus grande quantité d’enfants tentent de se suicider par la drogue et le poison que par toute autre méthode, et c’est une autre raison importante de tenir la drogue hors de portée des enfants. En fait, la disponibilité de la drogue semble aller de pair avec le suicide. Lorsque le nombre d’ordonnances de barbituriques a diminué de moitié de 1971 à 1976, le nombre de suicides attribuables aux barbituriques a suivi la même courbe.