Nos jeunes n’ont pas inventé l’usage de la drogue. Ils l’ont appris de nous. Les adultes y incitent les jeunes de mille façons : dans la rue, oui, mais aussi dans les publicités de bière à la télévision, les annonces de cigarettes dans les magazines, les portraits prestigieux d’usagers de drogues dans les films, et dans le comportement des parents à la maison. Avant d’attaquer vos enfants, songez soigneusement à la façon dont la drogue est utilisée chez vous. • Comment vous relaxez vous après une dure journée au travail ? Si c’est en vous arrêtant à un bar pour prendre quelques bières, en vous versant un verre dès votre retour à la maison ou en vous allumant un joint pour vous détendre, vous avez enseigné à vos enfants que la meilleure façon de vous libérer du stress, c’est de prendre des drogues. • Associez vous l’usage de la drogue au plaisir ? Si une fête n’est réussie que si on y consomme de l’alcool en grande quantité, si vous croyez qu’un joint est la meilleure façon de terminer un bon repas, si vous célébrez une augmentation de salaire en sniffant de la coke, vous avez enseigné à vos enfants que la meilleure façon d’avoir du plaisir, c’est en prenant de la drogue. • Gardez vous une collection de pilules à portée de la main pour des raisons de santé ? Presque tout le monde a besoin de médicaments sur ordonnance à mesure qu’il vieillit, mais les parents prudents n’en prennent que la quantité requise, et jettent les vieilles pilules dès que le problème a disparu. Les parents qui s’engourdissent inutilement par un usage constant de tranquillisants, sautent d’un médecin à un autre pour aller chercher des barbituriques, utilisent des amphétamines pour maigrir ou même gardent une armoire bourrée de tous les médicaments vendus sans ordonnance à la pharmacie du quartier, ces parents incitent leurs enfants à croire que les drogues sont la solution à tous les malaises. « Une pilule pour chaque maladie » constitue une ordonnance d’abus des drogues. Les parents qui veulent être crédibles, lorsqu’ils entament cette série cruciale de conversations sur la drogue avec leurs enfants, devraient mettre des limites raisonnables à leur propre usage d’alcool et d’autres drogues ou mieux encore, en cesser tout usage qui n’est pas nécessaire à la santé. Autant que possible, opérez d’abord cette transition dans l’atmosphère familiale. Les parents ne doivent jamais négocier en diminuant leur propre consommation de drogue dans le but d’amener leurs enfants à cesser d’en prendre. Les parents établissent les règles, ils ne négocient pas. Une remarque sur les parents ayant des problèmes de toxicomanie. Personne ne connaît le nombre d’alcooliques adultes aux États Unis, même si, selon la plupart des estimations, ils se compteraient par millions. Des millions d’autres Américains sont dépendants de drogues illégales. Et des dizaines de millions sont tellement accrochés à la nicotine qu’ils ne peuvent cesser de fumer. De toute évidence, des millions de toxicomanes sont également des parents. Les enfants de toxicomanes sont beaucoup plus susceptibles de devenir eux mêmes dépendants. Quand l’un des parents, ou les deux, est toxicomane, il ne peut être question de créer une atmosphère familiale dans laquelle les drogues n’occuperaient pas une large place. De l’extérieur, de tels foyers sont considérés comme « dysfonctionnels », mais les enfants de la famille ne connaissent aucune autre vie et en viennent à croire que l’abus des drogues est une chose normale. Les enfants qui voient un parent garder un emploi, une maison, une famille, en dépit de son abus des drogues, reçoivent le message que le fait de prendre de la drogue n’est pas incompatible avec une vie normale. La dépendance des enfants vis à vis de la drogue ne peut se produire que dans une famille qui entretient le déni et la permission. Le déni et la permission sont un mode de vie pour des familles dont les parents abusent eux mêmes des drogues. La permission, rappelez vous, protège les toxicomanes des conséquences de leur comportement. Aucune des suggestions que nous formulons ici ne fonctionnera à moins que le parent dépendant n’affronte sa propre dépendance. Cette décision peut survenir sous le coup du choc d’apprendre que l’un de ses enfants se drogue ; parfois, à cause des problèmes supplémentaires qu’entraîne un enfant qui se drogue, la famille ne peut plus continuer à accorder sa permission. Nous ne pouvons qu’espérer que quelqu’un, dans une famille où un adulte et un enfant se droguent, verra cette crise comme une occasion à saisir et l’utilisera pour obtenir de l’aide pour tout le monde. Il existe des groupes de soutien nationaux et locaux dans presque chaque communauté . Leur présence est inestimable pour ceux qui vivent avec des toxicomanes. Cherchez en un dans votre communauté, et rendez vous dès que possible à une de ses réunions.