Presque tous les dépresseurs sont des drogues légales, du moins pour les adultes. Ils sont aisément et couramment disponibles, peuvent être achetés et vendus ouvertement et, sous une forme ou une autre, se trouvent probablement dans chaque foyer américain. Si vous avez atteint l’âge adulte dans notre société, il est fort probable que vous ayez déjà pris un dépresseur. Mais comme les dépresseurs sont très répandus, le risque d’en abuser est extrêmement élevé.
L’alcool est de loin le dépresseur le mieux connu, et probablement la drogue qui fait l’objet du plus grand abus dans le monde. Les médicaments sur ordonnance les plus fréquemment prescrits et dont on abuse le plus souvent sont également des dépresseurs, y compris les tranquillisants barbituriques et non barbituriques, tels que le valium. Et pour faire en sorte qu’on ne puisse échapper aux dépresseurs, des dizaines de produits domestiques quotidiens renferment des solvants ou des aérosols qu’on peut inhaler pour planer.
Les dépresseurs tirent leur nom non pas du fait qu’ils poussent les gens à la déprime émotionnelle bien que cela puisse en être le résultat mais parce qu’en termes médicaux, ils provoquent une dépression ou réduction physique des fonctions du cerveau et d’autres parties du système nerveux central. Les premières fonctions ainsi réduites sont les inhibitions dictées par la société. Lorsque nous perdons nos inhibitions, nous adoptons le comportement de fêtard par lequel les gens associent le plaisir à l’alcool ; et les jeunes font cette association autant que les adultes. La stimulation apparente qui vient d’une petite dose d’un dépresseur, c’est ce qu’on appelle techniquement une réaction paradoxale. A la différence des vrais stimulants, de fortes doses de sédatifs peuvent provoquer la somnolence, la stupeur ou même le coma.
À des doses suffisamment fortes, les dépresseurs provoquent des troubles de vision, de perception et de jugement, réduisent la coordination et rendent impossible la division de l’attention, ce qui entraîne une concentration sur un seul aspect d’une tâche au détriment des autres. Pour toutes ces raisons, il est doublement dangereux, lorsqu’on est sous l’influence de dépresseurs, de conduire, de manipuler de la machinerie complexe ou de s’adonner à un comportement potentiellement dangereux.
Il est probable que 90% des jeunes auront essayé l’alcool à leur sortie de l’école secondaire. Environ 20% auront fait l’expérience d’inhalants et moins de 10% auront utilisé les barbituriques, les sédatifs ou les tranquillisants.