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 Devez vous vous remettre en question ?

Pour l’instant, votre vie n’est qu’une succession de malentendus, de sacrifices et d’oublis de vous même. Vous avez tellement de mal à gérer la vie en commun avec cette personne qui boit, et. que vous aimez, que vous vous livrez pieds et poings liés à elle. Vous avez l’impression de faire le maximum, l’impossible, et les seuls moments où vous vous attardez sur vous même sont pour souffrir ou faire reluire l’auréole que vous vous êtes attribuée. Même si c’est douloureux, il est plus facile de se mettre du côté des martyrs, subissant l’horreur sans pouvoir rien y faire, que d’essayer de se remettre en question. Ce discours vous choque parce que votre souffrance est réelle. Bien sûr elle l’est. Mais ne vous sert elle pas aussi de paravent derrière lequel vous pouvez vous masquer une partie de la réalité ?

L’alcool est un alibi. Quand on est confronté quotidiennement aux situations qu’il provoque, il est tentant de se persuader que tout ce qui ne va pas dans le couple, c’est à cause de lui. Que tout ce qui déraille, décroche, dévie, déroute, dérange, déchire entre vous, c’est à l’alcool qu’il faut l’imputer et à celui (ou celle) qui en boit de façon excessive. Il est plus facile de toujours trouver les réponses en dehors de soi. Peut être est il temps de faire le point honnêtement sur tout cela et ne pas rejeter toute la faute sur ce qui, sans aucun doute, décuple les problèmes existants, mais n’en sont pas l’origine ? Il faut essayer de comprendre la part de faute que vous pouvez avoir. Non pas dans le début de l’alcoolisation de votre compagnon (ou de votre compagne), mais lors de l’aggravation de la crise. L’incompréhension, le maternage, l’infantilisation, le manque de confiance, de patience, le mépris, la colère, la pitié envers l’autre ou envers soi même, sont autant de réactions humaines, naturelles peut être dans de telles circonstances, mais qu’il faut apprendre à contrôler. Ce livre est d’ailleurs là pour vous y aider.