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 Existe t il une définition de l’alcoolique ?

Si l’alcool, le vin et l’ivresse sont aussi vieux que le monde, il a fallu des siècles pour que l’ensemble des désordres produits dans l’organisme et le psychisme par l’abus des boissons alcoolisées soit considéré comme une vraie maladie, désignée sous le nom d’alcoolisme.

C’est un médecin suédois, Magnus Hus, qui, le premier, a réuni dans un même cadre tous les troubles provoqués par l’usage excessif de l’alcool, vers 1852. Ii a aussi fait la différence entre l’alcoolisme aigu, c’est à dire un état d’ivresse avancé, mais passager, et l’alcoolisme chronique, infiniment plus grave et plus complexe, qui se traduit par un besoin irrépressible de boire de façon continue.

Les Alcooliques Anonymes, un des groupes d’anciens buveurs dont vous trouverez de plus amples renseignements, donnent, quant à eux, une définition de l’alcoolisme qui souligne le côté incontrôlable de la maladie : « C’est une allergie physique doublée d’une obsession mentale. »

Le mot « allergie » est minimisé dans notre esprit du fait de sa manifestation la plus courante qui est le rhume des foins... Toutefois, son véritable sens est « une modification des réactions de l’organisme face à un agent pathogène (disons l’alcool), lorsque l’organisme a été l’objet d’une atteinte antérieure par le même agent. »

Quant à l’obsession mentale, elle se traduit par une idée fixe de la part du malade alcoolique : trouver et ingurgiter la quantité suffisante d’alcool pour s’extraire de la réalité.

On dit d’une personne qu’elle est malade alcoolique lorsqu’elle perd toute maîtrise sur sa consommation d’alcool après avoir bu le premier verre. Cette personne souffre de dépendance. Si elle boit un verre ou deux avec des amis, elle ne peut décider de s’arrêter en même temps qu’eux. Elle ne peut pas boire modérément. L’alcool est plus fort que sa volonté.

Consciemment ou inconsciemment, les alcooliques savent qu’ils ne peuvent briser les chaînes de cette dépendance. Ils manquaient déjà de confiance en eux et en l’humanité, mais ce lien étroit et pervers avec l’alcool les enferme encore plus dans une voie sans issue.

Leurs problèmes s’ajoutent les uns aux autres et deviennent incroyablement difficiles à résoudre. Pour calmer leur nervosité ou leur irritabilité, ils prennent quelques verres, puis s’enivrent inévitablement. Lorsqu’ils reprennent leurs esprits, le remords et le mal être, physique et mental, les amènent à prendre la ferme résolution de ne plus boire. Mais comment affronter le mal être ? En buvant. Le même processus se répète à longueur de temps.

« Le grand air et le mouvement lui avaient un peu dégagé le cerveau mais, au moment même où il commençait à se sentir mieux physiquement, l’avenir lui semblait d’autant plus sombre. La ville, le monde lui apparaissaient comme un noir cul de sac, un endroit où il devrait tourner en rond sans espoir d’en sortir jamais, tout son corps abjectement courbé sous les regards réprobateurs que suscitait son passage. »

(William Faulkner, « Le sanctuaire »).

Et c’est ainsi que l’alcool exerce son pouvoir. Car boire, dans ces situations d’extrême détresse mentale, est un geste de survie.

Les Alcooliques Anonymes décrivent bien cette inaptitude à vivre : « Nous avions de la difficulté dans nos relations intimes, nous ne pouvions dominer notre émotivité, nous étions en proie à la misère et à la dépression, nous ne pouvions gagner notre vie, nous avions le sentiment d’être inutiles, la peur nous tenaillait, nous étions malheureux, il nous paraissait impossible d’aider les autres. » Notez à quel point le problème de l’incommunicabilité transparaît dans ces descriptions. Essayer de rétablir la communication, au moins dans votre relation à tous deux, est une des clés qui ouvrent la voie de l’apaisement. C’est un travail sur l’amour que nous allons découvrir ensemble plus loin.