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 Faut il culpabiliser l’alcoolique ! le déculpabifiser ?

Vous qui supportez des injustices de la part de celui (ou celle) que malgré tout vous aimez, vous qui vous trouvez dans des situations pénibles ou embarrassantes, qui souffrez de privations, au moins affectives, qui vous sentez trahi par les promesses non tenues, dupé ou découragé, vous qui êtes atterré par l’hostilité qu’il (ou elle) vous assène à longueur de temps, votre réaction première est d’offrir en retour votre propre agressivité, de l’amertume, du ressentiment, de la tristesse, de l’anxiété ou de la colère. Cette attitude est naturelle mais elle vous fait souffrir autant que votre compagnon (ou compagne) alcoolique. En effet, cela le blesse et diminue beaucoup ses chances de rétablissement car il culpabilise encore plus. C’est un engrenage vicieux. On ne culpabilise pas quelqu’un qui a un cancer du côlon ou des poumons en lui disant : « Arrête de cracher, tu n’as pas de volonté »...

La maladie de l’alcool est la plus douloureuse, pour l’entourage, de toutes les maladies. En effet, lorsque quelqu’un de proche souffre d’un cancer, par exemple, on est triste, malheureux, voire révolté contre le destin, mais on n’éprouve ni colère, ni dégoût, ni honte, ni ressentiment envers le malade, alors que ces réactions font partie des souffrances quotidiennes des proches d’un malade alcoolique. Peut être le sida provoque t il parfois, aujourd’hui, le même type de réactions. Mais c’est une autre histoire.

S’il ne faut donc pas culpabiliser l’alcoolique, il ne faut pas non plus le déculpabiliser car ce serait le maintenir dans l’infantilisme et la déresponsabilisation. Pour trouver le bon équilibre entre les deux, il ne faut vous placer ni en juge, ni en conseiller, ni en moralisateur, comme vous l’avez compris dans le paragraphe précédent, mais parler de vous, de votre souffrance et de vos joies à vous. Le seul remède est de parler afin de se décharger de cette déchirure qui ramène toujours au point sensible qui pousse à boire.

Si vous vous sentez dans le désarroi et que vous avez besoin d’aide pour engager ce changement d’attitude, n’hésitez pas à parler de vos problèmes à des personnes qui sont bien informées. Par exemple, en rencontrant un conseiller en alcoologie, en participant à des réunions de groupes dans un centre de soins pour alcooliques, dans une clinique d’hygiène mentale, dans des groupes d’anciens buveurs. Au moment où s’opèrent en vous ces changements, il est important pour vous d’avoir de nouveaux amis qui, ayant vécu une angoisse et une souffrance analogues, comprennent le nouveau rôle que vous allez jouer. Simplement par ignorance du problème, votre famille et vos amis pourraient vous critiquer pour ces changements d’attitude et ce serait pénible pour vous. C’est pourquoi vous devez être en contact avec des gens qui comprennent ce qui se passe.