Comme vous avez pu le constater dans le paragraphe précédent, l’alcool est partout et vous n’y pouvez rien. Le problème n’est pas que l’alcool existe, mais que certaines personnes en font un usage excessif. Le fait qu’il y en ait ou non à la maison ne change rien. Si la personne que vous cherchez à protéger a envie de boire, elle ira le faire ailleurs ou achètera ce dont elle a besoin. Vous ne devez pas avoir peur de cela. La vie continue et c’est un changement de longue haleine que vous avez entrepris.
Si vous même aimez boire un peu de vin à table ou vous offrir un petit verre de temps à autre, c’est votre décision à vous. Entre ce petit plaisir et la peur d’avoir des bouteilles à la maison, à vous de déterminer ce qui vous tient le plus à cour.
Le problème se pose différemment à partir du jour où l’alcoolique a décidé d’être abstinent. Cette fois, la décision d’avoir de l’alcool ou non à la maison doit être prise à deux. Parlez en ouvertement avec lui et laissez lui mesurer lui même sa capacité de résistance. S’il préfère qu’il n’y en ait pas, faites selon son désir. La liberté, quand on a vécu dans la dépendance, s’acquiert lentement, jour après jour. Ne précipitez pas les choses. Il sera toujours temps, plus tard, lorsqu’il se sentira plus fort, de reconsidérer cette question.
Chaque fois que vous invitez des amis à dîner, vous êtes confronté au même dilemme : acheter à boire, tout en sachant que la soirée risque de mal tourner, ou mettre tout le monde à l’eau. Ce qui est difficilement envisageable. Ce serait d’ailleurs mettre l’accent sur un problème dont il n’est peut être pas souhaitable de débattre dans ces circonstances. N’oubliez pas que les alcooliques sont souvent d’une extrême sensibilité. Il arrive que ce dilemme prenne en vous de telles proportions que vous n’invitiez plus jamais personne à dîner chez vous. Ce qui n’est pas souhaitable non plus. Cette peur, elle est omniprésente chez tous les proches d’alcooliques et il faut beaucoup de temps et d’auto conditionnement pour en guérir. Si, pour l’instant, vous n’arrivez pas à la maîtriser, n’achetez pas d’alcool vous même et demandez à vos amis d’apporter ce qu’ils veulent. Mais, petit à petit, essayez de vous raisonner en vous disant que si votre compagnon (ou votre compagne) boit, c’est qu’il (ou elle) n’a pas encore décidé d’arrêter. Lorsque son heure viendra, ce sera alors lui (ou elle) qui offrira à boire à vos amis, tandis qu’il (ou elle) se versera tout naturellement un jus de fruits. C’est son problème, pas le vôtre. Vous avez déjà suffisamment de mal à gérer vos propres problèmes sans vouloir assumer les siens.
Au cours de la soirée, essayez de détacher votre regard de son verre qui ne cesse de se remplir et de se vider. De toute façon, n’oubliez pas que l’on ne peut passer 24 heures sur 24 à surveiller l’autre. Et puis, votre angoisse ne peut être qu’une source de tension supplémentaire pour celui (ou celle) que vous épiez, et l’inciter à vous mettre « sur le gril » pour vous entraîner, vous aussi, dans son jeu de destruction. Essayez au maximum d’éviter tout sujet de tension et tout se passera bien. Pensez à vous, ne cherchez pas à lutter contre l’alcool, mais cherchez plutôt à vivre pour vous même, vous amuser et passer une bonne soirée.