Qui dit « amis », dit « personnes en qui l’on a toute confiance ». Et quand on éprouve ce sentiment pour quelqu’un, il est normal de lui parler de ses problèmes. C’est vrai pour tous sauf pour ceux liés à l’alcool. Pour trouver le mot juste, celui qui réconforte sans blesser, celui qui est positif et porteur d’espoir, il faut être passé par les mêmes tourments. C’est pourquoi, si vous avez besoin de libérer votre coeur ou d’apaiser une angoisse, mieux vaut vous adresser à des gens informés. Comme vous l’avez compris, appeler un(e) ami(e) proche ou quelqu’un de la famille ne pourra vous mettre à l’abri de maladresses, malgré toute l’affection qui vous sera témoignée. Appelez les pour sentir une présence, une chaleur, une sympathie (selon le sens premier du mot), mais n’attendez pas de conseils ou de suggestions quant à l’attitude que vous devez adopter.
Pour ce type de discussion, adressez vous plutôt à un médecin alcoologue, un groupe d’anciens buveurs ou une association spécialisée en alcoologie. Ils sauront comprendre toutes les situations que vous pourrez leur exposer, et orienter votre comportement de la meilleure façon possible.
Ce sont plutôt les hommes qui ont une forme d’alcoolisme tournée vers l’extérieur. La plupart des femmes boivent chez elles et n’ont pas « d’amis de beuverie ». Cet aspect de la question est plus masculin et la façon de réagir devant cela s’adresse donc plutôt aux femmes. Il arrive que ces « amis », malades eux aussi bien souvent, viennent dîner, boire et même dormir chez vous. Bien sûr, cela vous déplaît, parce que vous êtes assurée de la façon dont se terminera obligatoirement la soirée.
Si cette situation ne se répète pas trop souvent et que vous l’estimez tolérable, essayez de la tolérer honnêtement, sans sous entendus, mauvaise humeur ou colère. Au cours de la soirée, lorsque leur comportement commencera à vous mettre mal à l’aise, prétextez une grosse envie de dormir pour vous éclipser. Ils n’en seront d’ailleurs que plus contents et, de toute façon, rien de ce que vous pourriez dire ou faire ne pourrait les arrêter de boire. Mieux vaut donc prendre un livre et essayer de dormir.
Si ce genre de soirée se répète trop souvent et que vous ne pouvez plus le supporter, dites le à votre compagnon en choisissant le moment où il pourra l’entendre. Dites le gentiment, calmement, sans hargne, mais en parlant de cette vérité qui vous concerne : vous ne pouvez plus assister à ce genre de soirée parce que cela vous fait du mal. Ce ne sera aucunement la fin de ces amitiés, mais elles existeront en dehors de vous, même si cela doit augmenter votre solitude. Vous aurez ainsi exprimé la nécessité de vous respecter.