Hallucinogènes

À certains égards, les hallucinogènes sont les drogues qui ressemblent le plus à des drogues. Toute autre catégorie de substances a des usages légitimes, même si elles peuvent entraîner un abus. Les hallucinogènes, par contre, ne servent qu’à déprogrammer le cerveau afin de donner une allure bizarre au quotidien. Certaines composantes de la marijuana, comme le THC, ou tétrahydrocannabinol, ont de véritables usages médicaux, comme le contrôle de la nausée associée à la chimiothérapie.

Tous les hallucinogènes agissent directement sur le cerveau plutôt que sur le système nerveux central. Bien que certains de leurs effets physiques soient visibles, les hallucinogènes sont reconnus pour présenter aux jeunes un monde frappant mais distorsion né, un ralentissement du temps et l’impression que même les objets les plus triviaux sont importants et profonds. En dépit de leur nom, ces drogues produisent ce qu’on appelle techniquement des pseudo hallucinations ; les utilisateurs savent que les effets dont ils font l’expérience ne sont pas réels.

Les effets des hallucinogènes varient non seulement d’une personne à une autre et en fonction de la dose, mais aussi d’un usage à un autre. Les bad trips avec toute la terreur et la paranoïa qu’ils entraînent peuvent soudain prendre la place de l’agréable vol plané qu’on attendait.

Bien que certaines autorités placent la marijuana dans une catégorie à part, nous l’inclurons parmi les quatre grandes familles d’hallucinogènes : marijuana et haschisch ; mescaline et MDA ; LSD et psilocybine ; et PCP.

Les hallucinogènes sont souvent fabriqués par des vendeurs qui ont une certaine connaissance de la chimie, et le commerce a fait apparaître une véritable soupe à l’alphabet de designer drugs TMA, STP, PMA, MMDA et autres. L’« acide maison », sous un grand nombre de variantes, est également apparu, parfois sous la fausse prétention d’être plus sûr que le LSD des années soixante. Avec les hallucinogènes plus qu’avec d’autres catégories de drogues, les utilisateurs peuvent se faire passer des substituts. Quoi qu’en disent les revendeurs, on ne trouve presque jamais, dans la rue, de véritable mescaline ni de véritable THC l’ingrédient actif de la marijuana.

Cette substitution d’une drogue par une autre devient particulièrement dangereuse dans le cas du PCP. Le PCP, également appelé angel dust, a tellement d’effets différents qu’il constitue presque une catégorie à part. La plupart de ces effets sont nocifs, et les bad trips sont quasi certains. Malgré cela, cette drogue est si puissante que les dealers la mêlent souvent à d’autres drogues pour en augmenter l’impact.

L’usage des hallucinogènes n’est pas considéré comme un facteur de dépendance. Sauf avec le PCP, on ne connaît pas d’overdoses et les symptômes de sevrage sont peu probables.

La marijuana est de loin l’hallucinogène le plus couramment utilisé. La moitié de tous les étudiants de douzième année en ont déjà fait l’essai. En dépit de la publicité dont on les entoure, les autres hallucinogènes sont relativement rares. Seulement un étudiant sur dix affirme en avoir fait usage. Bien que les mélanges de drogues nous empêchent de le savoir vraiment, l’usage du PCP, tel que rapporté par les étudiants, est plus bas que pour toute autre drogue à part l’héroïne.