Vous n’êtes pas en panne d’imagination pour élaborer les scénarios les plus dramatiques. Mais est il possible de ne pas souffrir dans de telles circonstances ? Toute seule, vous ne le pourrez pas, ou au prix de quelles inquiétudes ? Prenez votre téléphone et appelez quelqu’un qui connaît le problème. Si vous appelez un(e) ami(e) ou quelqu’un de votre famille, vous risquez d’entendre, pour la centième fois, les pires choses sur celui que vous aimez, et même si ce ne sont pas les pires, ce ne sont sûrement pas celles que vous aimeriez entendre. En revanche, quelqu’un qui connaît bien le problème saura vous dire exactement les mots qui désamorceront votre angoisse, car vous saurez que ce qu’il vous dit, il le sait pour l’avoir vécu, comme vous. II faut donc très vite que vous vous organisiez un petit réseau de voix amies, dans votre région, que vous pourrez appeler à n’importe quel moment.
Tout d’abord, aussi difficile que cela puisse vous paraître, ne lui faites pas de reproches. Ne vous mettez pas non plus à pleurer. Ces deux attitudes, bien que compréhensibles car découlant de plusieurs heures de tension, sont dictées par la morale. Dans le premier cas, c’est porter un jugement sur sa conduite et, dans le deuxième, c’est vous placer en tant qu’objet de sa honte. Les deux entraînent une culpabilisation et vous avez compris que ce n’était pas la bonne méthode.
Naturellement, il n’est pas question non plus de faire comme si de rien n’était. Il comprendrait très bien, aussi ivre soit il, que vous simulez une indifférence qui ne peut être vraie. Or, c’est dans le vrai qu’il faut agir et par le vrai que vous avez le plus de chances de réussir. Faites lui donc simplement remarquer qu’à partir d’un certain moment, il n’y a plus de contact possible avec lui et que vous en reparlerez lorsqu’il sera dans un autre état.