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 L’accouchement à l’improviste

On retiendra deux situations qui peuvent conduire à une naissance à l’improviste et donc sans assistance médicale :

Conduit a tenir

Avant l’accouchement

La maman est en position dite gynécologique, c’est à dire couchée sur le dos, genoux fléchis, jambes écartées. On lui conseille de respirer lentement, calmement et profondément, la bouche ouverte, et de lutter contre l’envie de pousser.

La personne qui va l’aider « protège » ses vêtements, se lave soigneusement les mains à l’aide d’eau et de savon ou, en leur absence, avec de l’alcool ou un antiseptique.

Pendant l’accouchement

A partir d’une certaine dilatation du col de l’utérus, la maman doit pousser, mais sans s’épuiser. Elle essaie d’adopter, entre les contractions, une respiration haletante. Le début de la délivrance est la rupture de la poche des eaux avec écoulement d’un liquide clair qui précède l’expulsion d’environ un quart d’heure chez la maman qui a déjà eu des, enfants ; ce temps s’allonge chez la primipare.

Dans les accouchements normaux, c’est la tête qui se présente en premier ; le visage du bébé d’abord dirigé vers l’arrière se tourne sur le côté.

Dès son apparition, l’aide soutient la tête (qui continue à pivoter vers l’avant) en soulevant le menton par le haut jusqu’au dégagement de l’épaule.

Attention !

Dès que la tête du bébé est dégagée, vérifiez que le cordon ombilical qui relie la mère à l’enfant ne s’enroule pas autour du cou.

Si tel est le cas, faites glisser le cordon pour éviter l’étranglement.

Ramenez la tête en arrière pour dégager la deuxième épaule. L’expulsion se termine alors aussitôt. Bien soutenir l’enfant. Ne pas léser le cordon ombilical.

Après l’accouchement

Après les quelques minutes qui, en règle générale, séparent l’expulsion de l’arrivée du médecin ou de la sage femme, deux actions sont à mener :

Lorsqu’il ne respire pas, ce nettoyage provoque très souvent un réflexe et l’enfant se met à crier. Si l’enfant est cyanosé, il faut pratiquer immédiatement une respiration artificielle par bouche à bouche nez. L’enfant est maintenu à plat dos, la tête basculée en arrière, la bouche de l’adulte recouvre à la fois la bouche et le nez de l’enfant. Soufflez doucement sans forcer 30 à 40 fois par minute. Après chaque insufflation, se dégager légèrement pour laisser l’expiration se faire.

Dès que l’enfant est animé, le sécher dans un linge propre et le tenir au chaud. La meilleure formule est de le placer sur les cuisses fléchies de sa maman.

Attention !

L’enfant reste relié à la maman par le cordon ombilical ; couvrir la mère et l’enfant, assurer une surveillance en attendant une aide médicale ; si elle ne vient pas assez vite, des soins spécifiques seront à pratiquer.

Ligature et sectionnement du cordon ombilical

Sans assistance médicale et une fois que l’enfant est sorti, il reste à sectionner le cordon ombilical. En attendant l’expulsion du placenta et des membranes, qui débute normalement dix à trente minutes après l’expulsion du foetus, il est nécessaire de sectionner, après l’avoir lié, le cordon ombilical.

Il est avantageux d’attendre cinq à dix minutes après l’expulsion du foetus pour faire la ligature. En pratique, on attend que le cordon ne soit plus animé de battements. L’enfant gagne ainsi 80 g de sang environ.

On peut se demander, d’ailleurs, si la ligature est nécessaire car, dans les accouchements précipités et sans soins, alors que le cordon se rompt par traction, les enfants vivent généralement sans qu’il ait été fait de ligature ; les vaisseaux étirés reviennent sur eux mêmes. La ligature est néanmoins utile ; elle évite l’hémorragie au cas où la respiration s’établit mal.

Technique

On peut se servir de fil de soie, de fil de lin ou de chanvre un peu épais ou bien d’une ficelle de chanvre ordinaire soigneusement bouillis (pendant environ 10 min.). On réalise les ligatures à environ 6 cm de l’ombilic de l’enfant. Il faut éviter les noeuds compliqués. Les ligatures faites, on procédera à la section du cordon avec des ciseaux bouillis ou flambés. Puis on asséchera le sang sur la coupe avec de l’alcool et l’on s’assurera que la ligature est étanche, en pressant en deçà de la ligature sur le segment ombilical du cordon.

On redoublera de soins pour la ligature des cordons très gras. La ligature sera vérifiée un peu plus tard, car sous l’influence du ratatinement produit par l’alcool, la ligature peut se relâcher avant la coagulation du sang dans les vaisseaux.

Pansement du cordon

Les moyens préconisés sont très nombreux ; on évitera les corps gras, les antiseptiques et les poudres et on se servira du pansement à l’alcool qui donne les meilleurs résultats.

Manuel opératoire

Le cordon est entouré par de l’ouate imbibée d’alcool à 90’ et maintenue par une bande de gaze stérilisée. Ce pansement est laissé en place pendant quarante huit heures. Au bout de ce temps, le cordon est absolument sec ; sa teinte est noirâtre ; il est dur au toucher comme une tige de bois. La dessiccation de l’organe est plus parfaite que celle que l’on obtient en six jours par les autres procédés. On comprend que le cordon ainsi transformé ne puisse plus être un milieu de culture pour les micro organismes. Le cordon est sectionné au bout de deux jours au ras avec des ciseaux un peu résistants, ce qui évite les tiraillements sur le moignon desséché, pendant les toilettes. Cette section est sans danger.

Le moignon restant est retenu par les vaisseaux qui se séparent les derniers, et la chute se fait par une nécrose aseptique, du huitième au dixième jour. A ce moment aucun pansement n’est plus nécessaire, et les bains peuvent être donnés.

Toilette de l’enfant

Un lavage général du corps est nécessaire, pour débarrasser l’enfant de l’enduit sébacé plus ou moins abondant qui le recouvre. Il est inutile, dans les cas ordinaires, de donner un bain général ; on se servira de tampons d’ouate imbibés d’eau bouillie savonneuse. Le savon blanc de Marseille donne de très bons résultats.

Des linges chauds sécheront le corps. Il est nécessaire que cette toilette soit faite dans une pièce chaude (à 18’ au moins) pour éviter le refroidissement.

N’oubliez pas que la température de l’enfant dans l’utérus est de 37,8’ à 38’, un peu supérieure à celle du liquide amniotique.

 La température s’abaisse, après la naissance, au voisinage de 36’, mais, si le nouveau né reste exposé pendant longtemps à l’air, l’abaissement est plus considérable et, si la température tombe au dessous de 32’, la mort se produit.

Habillement de l’enfant

L’enfant peut être emmailloté ou vêtu à l’anglaise. L’essentiel est que le jeu de la respiration puisse se faire librement. L’avis est unanime de laisser le cuir chevelu à découvert.

Le maillot est commode pour la nuit, pendant les saisons froides.

Il ne faut pas exercer de tractions sur le cordon pour expulser le placenta

Délivrance ou expulsion du placenta et des membranes

Les notions concernant les soins à donner à l’enfant dès son expulsion de l’utérus ne doivent pas faire oublier que l’accouchement est alors loin d’être terminé et qu’il faut penser à assurer le bon déroulement de ce qu’il est convenu d’appeler « la délivrance », C’est cette période de l’accouchement qui commence immédiatement après la sortie de l’enfant et se termine par l’expulsion du placenta et des membranes.

Normalement, elle doit être terminée dans l’heure qui suit la sortie de l’enfant. La délivrance comporte trois temps sont spontanés, et le troisième temps provoqué par des manoeuvres externes et artificielle ou manuelle quand il faut décoller le placenta et les membranes, en introduisant la main dans l’utérus, mais cette manoeuvre est réservée à l’accoucheur.

Conduite è tenir

Après la naissance de l’enfant, la mère doit être mise au calme absolu et maintenue à l’abri des effusions de l’entourage. Il ne faut pas la laisser seule afin de pouvoir s’assurer minute par minute de la marche du décollement placentaire et de l’absence d’hémorragie.

Toute manoeuvre vaginale est interdite dans la délivrance physiologique.

Ce qu’il ne faut pas faire

Lorsque le placenta est décollé, ne pratiquez aucune traction sur le cordon car les membranes, très friables, peuvent se rompre au niveau de leurs adhérences.

Ce qu’il faut faire après le décollement spontané du placenta

Après un temps d’accalmie, qui dure en général de 10 min. à une heure, la femme éprouve à nouveau des envies de pousser et le placenta peut être expulsé spontanément ; mais cette éventualité est rare. Le plus souvent le placenta, bien qu’il soit décollé et refoulé dans le vagin, n’a aucune tendance a être expulsé. Il n’y a aucun avantage à attendre, quand on est sûr que le placenta et les membranes sont décollés : il faut procéder à l’extraction du placenta.

Là, encore évitez les tractions sur le cordon et les manoeuvres de pression utérine. On se servira de l’utérus vide pour refouler le placenta au dehors.

Une main est placée sur le ventre de la femme et appuie sur le fond de l’utérus dans la direction du pubis, suivant la ligne allant de l’ombilic au coccyx. Le corps utérin transmet cette pression au placenta, agit sur lui comme le piston dans un corps de pompe et chasse le placenta. Cette pression doit être légère ; elle ne s’accompagne pas de douleur. La descente du placenta est surveillée par le déplacement de haut en bas du cordon, sur lequel on n’exercera pas de tractions. Lorsque la face foetale du placenta apparaît à la vulve, l’opérateur soutient le placenta, de manière que le poids de l’organe n’arrache pas les membranes qui sortent hors de la vulve, en entraînant un petit saignement.

Si les membranes forment une corde tendue, c’est que le troisième temps a été exécuté trop tôt ; il est inutile de tendre ou de tordre les membranes, ce qui les déchirerait, il faut attendre et, peu à peu, le décollement des membranes se produira et l’oeuf complet sera éliminé. La délivrance, conduite comme il vient d’être dit, s’accomplit normalement dans un très grand nombre de cas. Le sang perdu est réduit à une faible quantité de 50 à 80 g ; dans quelques cas, la perte est nulle ou presque.

Attention

Si, à n’importe quel moment de la délivrance, la perte de sang paraît importante, ou bien si la délivrance ne s’est pas faite trois heures après l’expulsion du foetus, il faut intervenir chirurgicalement, ce qui marque expressément les limites de l’accouchement improvisé.