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 L’électrocution

L’électrocution est causée en général par l’électricité industrielle et beaucoup plus rarement par la foudre (fulguration). Les accidents dus au courant électrique s’observent avec tous les courants : celui des transports de force (30 à 50 000 volts), de l’électrification des chemins de fer (400 à 4000 volts), de haute tension de lumière ou de tramway (220 volts), de basse tension (110 volts continu ou alternatif), du téléphone (40 volts). Tous peuvent produire des accidents graves, même mortels.

Mais les effets de l’électricité sur le corps humain dépendent de l’intensité du courant et non de son voltage.

Des facteurs individuels, dont beaucoup échappent, interviennent pour produire chez les uns des désordres qui ne sont pas observés chez d’autres ; on sait cependant que l’humidité des parties en contact avec le courant est une circonstance très aggravante (mains moites, transpiration, vêtements mouillés, sol humide) ; agiraient de même l’hypertension artérielle ou cardiaque et l’état d’excitation nerveuse.

Les lésions

Les lésions observées sont locales ou générales.

D’autres au contraire résultent de la pénétration du courant dans le corps. Ce sont des brûlures dites par effet Joule, qui sont véritablement électriques. Elles peuvent aller de la brûlure superficielle, localisée ou non, à la carbonisation d’un membre. Elles se caractérisent et se différencient des brûlures ordinaires par leur affinité pour la peau et les tendons, tissus qui présentent une plus grande résistance électrique, par leur tendance à la mortification des tissus atteints (eschare). Cette eschare présente les caractères de la gangrène sèche, indolore, réfractaire à l’infection, avec élimination nette et cicatrisation spontanée par une cicatrice souple, rarement chéloïdienne (en forme de pattes d’écrevisse).

Mais il faut savoir que les effets généraux du courant vont de la perte de connaissance à la mort réelle, en passant par une série d’états intermédiaires de mort apparente sur lesquels les secours thérapeutiques et en particulier la respiration artificielle ont une grande action.

Enfin, des désordres nerveux (congestion cérébrale, hémorragies méningées) ou musculaires (contractures) sont susceptibles de laisser des séquelles importantes et tenaces.

Conduite à tenir

Avant tout, faire alerter les services de secours urbains (pompiers police secours) et porter secours à la victime. Ceux ci répondent à deux indications :

Le traitement des lésions produites par l’électricité ne saurait être exposé ici, car il relève de centres hospitaliers spécialisés.

Soustraire l’accidenté à l’influence du courant

Cette manoeuvre est parfois difficile et toujours dangereuse pour le sauveteur, surtout en milieu humide. Surtout ne pas se précipiter pour saisir l’accidenté sans avoir pris certaines précautions !

Elles se résument en deux principes essentiels, lorsque la victime est en contact avec les fils ou les appareils conducteurs (soit un fil tombé à terre sur la victime, soit la victime accrochée ou suspendue aux fils) :

L’isolement du sauveteur s’obtient, du côté du conducteur, par l’emploi pour déplacer les fils de crochets à manche isolant de bâtons, de cannes ou outils

non métalliques, à l’exclusion de parapluies. L’isolement du côté de la terre est réalisé par un tabouret de bois verni avec pieds terminés par des pièces de porcelaine ou de verre. A défaut de ce tabouret, on peut se servir d’une chaise en bois, ou encore on peut disposer des planches sur lesquelles on place des objets isolants (verres à boisson, bols en faïence), le tout surmonté par de nouvelles planches aussi sèches que possible.

Si la victime est suspendue, il faut prévoir sa chute aussitôt que le courant sera supprimé, et donc disposer sur le sol un matelas ou des bottes de paille.

Parer aux premiers effets de l’électrocution

Lorsque la victime est en état d’asphyxie ou de syncope, il faut s’efforcer de rétablir la respiration et de ranimer le cour. La respiration artificielle devra être entreprise le plus tôt possible. L’oxygéno et la carbogénothérapie pourront être pratiquées par les Services de secours urbain. Le traitement de la syncope relève du médecin. Mais il faut savoir que les phénomènes d’inhibition sont fréquents et que la respiration artificielle doit être prolongée souvent pendant plusieurs heures.