L’incontinence urinaire

Il s’agit dune émission non volontaire et non contrôlable de l’urine au cours d’un effort en dehors de la miction. Cette infirmité est assez fréquente chez la femme puisque 15 à 20% d’entre elles en seraient atteintes au delà de 40 ans. Que faire dans le cas de cette maladie ? En fait, le traitement dépend des caractères de l’incontinence, de son importance et des lésions associées.

Le diagnostic

Il faut, avant tout, différencier l’incontinence vraie des troubles de miction comme :

  • l’envie très fréquente d’uriner ;
  • la miction par regorgement dans les distensions vésicales d’origine neurologique ou par maladie du col de la vessie ;
  • la fistule vésico vaginale qui fait communiquer la vessie avec le vagin.

Il faut également apprécier le degré de l’incontinence. Cette appréciation peut être faite en tenant compte :

  • du nombre de garnitures que la patiente utilise et mouille chaque jour ; 
  • de la gêne occasionnée dans le travail et les déplacements, avec restriction plus ou moins grande de l’autonomie de déplacement ;
  • de l’influence des règles, de l’activité physique d’une maladie associée telle la bronchite chronique qui fait tousser ;
  • de l’importance du jet lorsque le médecin demande à la patiente de pousser (la vessie pleine) ;
  • de l’effet de la manoeuvre qui consiste à introduire deux doigts dans le vagin pour tenir le col vésical ; lors de la poussée abdominale le jet d’urine n’apparaît plus. L’incontinence d’urine est corrigée par ce soutien.

Le rôle du médecin consistera surtout à rechercher des lésions associées. Tout d’abord un prolapsus génital ou « descente des organes génitaux entraînant la vessie » cystocèle. Le médecin devra aussi vérifier l’état de la muqueuse utérine et du col.

Les traitements

Les traitements médicaux

Ils sont souvent décevants, mais ils représentent un adjuvant utile de traitement chirurgical ou encore quand la patiente ne souhaite pas être opérée immédiatement.

  • Les oestrogènes, notamment chez la femme ménopausée, ont une action favorable indéniable sur l’urètre et donnent souvent des résultats spectaculaires en favorisant l’augmentation de sa pression de fermeture.
  • La kinésithérapie des muscles périnéaux et pelviens peut certainement améliorer les incontinences d’urine discrètes.
  • Certains neuroleptiques à effet antidépressif ont parfois une action très nette dans les incontinences modérées. Malheureusement, cette action est trop souvent transitoire.
  • Le port d’une garniture intérieure de calibre convenable ou d’un pessaire a parfois un effet heureux sur l’incontinence. C’est un moyen simple qu’on peut toujours essayer chez une patiente, qui refuse l’intervention chirurgicale.
  • Quant à la stimulation électrique du sphincter à partir d’une électrode vaginale, elle n’a donné, pour le moment, que des résultats décevants.

Les traitements chirurgicaux

Ils sont innombrables puisqu’on en a recensé jusqu’à 152. La plupart de ces interventions visent à remettre en place et à maintenir en place au cours de la miction le col vésical et l’urètre.

Pour conclure, on peut dire qu’il n’existe pas de traitement médical véritablement curateur de l’incontinence d’urine à l’effort chez la femme. De ce fait, la quasi-totalité de ces incontinences d’urine sont justiciables d’un traitement chirurgical.

Néanmoins, certaines incontinences légères ou modérées chez la jeune femme peuvent tirer bénéfice du traitement médical, mais c’est surtout un traitement « d’attente ». Les oestrogènes, les antidépressifs et la kinésithérapie pelvienne peuvent apporter une amélioration indiscutable.

Le choix de la technique dépend certes de l’existence ou non de lésions gynécologiques qu’il faut traiter en même temps que l’incontinence. Cependant on peut dire que deux techniques donnent régulièrement de bons résultats : c’est l’intervention de Marshall Marchetti et l’intervention de Goebell Stoeckel (90% de guérisons ou améliorations).

Lorsqu’il existe des mictions impérieuses associées, il ne faut pas attendre que le traitement chirurgical les guérisse ; elles doivent bénéficier d’un traitement séparé.