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 L’ivresse est elle un signe ?

En voyant un pauvre mendiant aviné, le pilier du quartier, toujours entre deux vins, il n’est pas interdit de penser qu’il est malade alcoolique. Mais si, en France, 15 000 personnes meurent chaque année d’une psychose alcoolique ou d’une cirrhose, 9 000 des suites de tumeurs de la cavité buccale et de l’oesophage liées à l’excès d’alcool, 10 500 par accident, suicide ou toute autre situation liée à l’alcool , ce ne sont pas toutes des mendiants avinés. Et puis, en plus de ceux là, il y a tous ceux qui en sont à un stade moins critique. Ceux qui vivent tous les jours partout autour de nous, avec nous peut être.

Si l’état d’ivresse, même répété, était un signe extérieur infaillible de la maladie de l’alcoolisme, le problème ne serait pas si compliqué. Or, il l’est terriblement.

La santé est elle un signe ?

Inutile de passer en revue tous les sévices, des moins graves aux plus dramatiques, que fait subir l’alcool à l’organisme. Tel n’est pas l’objet de ce livre. D’autant plus que, curieusement, la santé non plus n’est pas un signe d’alcoolisme. Elle l’est, bien sûr, d’une certaine façon, car on reconnaît les pathologies liées à l’alcool, mais elle ne l’est pas dans le sens où un malade alcoolique peut très bien n’avoir aucun ennui de santé, l’alcool n’ayant encore laissé aucune trace dans son organisme.

Voici ce qu’a dit un Alcoolique Anonyme, ancien buveur, aujourd’hui abstinent : « J’avais l’alcool dans la tête, je n’avais pas l’alcool dans le foie ni dans aucun organe du corps. » Dans la formulation de cette phrase, il est intéressant de noter que le mot « alcool » pourrait très bien être remplacé par « tumeur », un peu comme un corps étranger contre lequel on ne peut pas lutter.