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 La crise d’acétone

Elle est beaucoup plus rare qu’on ne le croit.

Lorsqu’un enfant a un peu de fièvre, mal au ventre, et présente des vomissements accompagnés ou non de diarrhées, on fait habituellement une analyse d’urines, on trouve de l’acétone et l’on pose fréquemment, à tort, le diagnostic de crise d’acétone.

L’acétone dans les urines

Lorsqu’un enfant vomit, et qu’il reste plusieurs heures sans rien absorber ou presque, il y a forcément une certaine quantité d’acétone dans ses urines. En effet, durant les périodes de jeûne, l’organisme qui a constamment besoin de sucre pour faire fonctionner ses tissus vit sur des réserves de sucre qui sont stockées dans le foie, sous forme de glycogène.

Lorsque ces réserves s’épuisent, l’organisme, pour assurer les combustions, emprunte les graisses de réserve, et c’est ce fonctionnement de remplacement qui provoque la formation de l’acétone, qui est éliminée dans les urines et, dans les cas les plus intenses, donne aussi une odeur particulière à l’haleine.

Il faut savoir que, chez l’enfant, les réserves de sucre hépatique sont nettement moins importantes que chez l’adulte. Ainsi, plus l’enfant est jeune, moins ses réserves de sucre sont importantes et plus facilement on peut retrouver de l’acétone dans ses urines. Il est donc normal de trouver de l’acétone, au réveil, chez les petits enfants qui ont fait une longue nuit de 12 heures et qui ont ainsi épuisé leurs réserves de sucre hépatique.

Il est également normal de trouver une faible quantité d’acétone dans les urines de l’enfant malade, qui s’alimente peu, et dont la fièvre provoque une combustion rapide des sucres.

La crise d’acétone vraie ou les vomissements acétonémiques

Description des troubles : il s’agit de crises, de douleurs au ventre, sans diarrhée, mais avec des vomissements incoercibles et fréquents que l’on a toutes les peines du monde à calmer.

En règle générale, la fièvre apparaît, mais un ou deux jours après la crise de vomissements.

On découvre une importante quantité d’acétone dans les urines, et la difficulté à nourrir le petit malade qui vomit constamment complique encore davantage la situation.

Evolution :

la crise va durer d’un à trois jours puis elle s’atténuera progressivement, laissant l’enfant fatigué, affaibli et pâle.

Conduite à tenir :

devant une crise d’acétone authentique, il est indispensable d’effectuer toute une série d’explorations métaboliques, afin de cerner l’origine, ou tout au moins le mécanisme de ce trouble.

Mesures à prendre :

quand un enfant vomit et refuse de s’alimenter pour une raison ou une autre qui n’est pas chirurgicale, il faut lui donner à boire, souvent et en toutes petites quantités, de l’eau et des boissons sucrées. Le schéma classique de traitement de la crise d’acétone est le suivant

Notre conseil :

mettez une ou deux cuillerées d’eau sucrée dans cinq ou six petits verres à liqueur, posez les sur un plateau, à côté du lit de l’enfant, et organisez une sorte de jeu où il doit boire le contenu d’un petit verre toutes les cinq minutes.

En conclusion

La fréquence des crises d’acétone est très variable, et elle s’atténue, en général, vers la 10, année. Il s’agit d’un trouble sans gravité, à condition que l’on puisse alimenter l’enfant et lui administrer du sucre.