La crise d’asthme

La crise d’asthme peut apparaitre brutalement sans aucune manifestation antérieure. Angoissante par l’impression d’étouffement qu’elle engendre, elle entre bien dans le cadre des urgences et il est bon d’en connaître les caractères.

Assez souvent la crise s’accompagne d’une hypersécrétion au niveau des muqueuses des voies respiratoires supérieures et donc d’un écoulement nasal. Les crises d’asthme sont dues à un spasme des bronches et à un oedème ou gonflement de la muqueuse qui tapisse la paroi bronchique. Elles peuvent survenir à n’importe quel âge. Il faut savoir cependant que lorsqu’elles apparaissent chez l’enfant, elles disparaissent le plus souvent à la puberté. Typiquement, la crise d’asthme se traduit donc par une difficulté respiratoire ou dyspnée caractérisée par :

  • son horaire : début brutal, le plus souvent nocturne ;
  • son rythme ralenti (bradyspnée) : dix à quinze mouvements respiratoires par minute ;
  • son temps expiratoire : l’inspiration est brève, humée, l’expiration longue, bruyante, sifflante et entendue de loin. Par ailleurs, l’attitude du malade lors de la crise est elle aussi évocatrice. En effet, il est assis dans son lit, immobile, en proie à un besoin d’air intense et luttant laborieusement contre une gêne respiratoire violente qui l’empêche de vider son thorax. Sous l’effet de ce gros effort musculaire, les tempes se couvrent souvent d’une fine sueur.

Mais ces signes, associés à l’absence de douleur, de fièvre et de manifestations cardiaques, en dehors d’une légère accélération du rythme liée à l’effort, sont très évocateurs et doivent, d’une part, rassurer le malade et l’entourage (il ne s’agit pas d’un infarctus), d’autre part, justifier la venue rapide du médecin. Appelez le, même en pleine nuit.

En effet, si neuf fois sur dix la crise cède spontanément en deux à trois heures (la sédation étant marquée par l’apparition d’une toux ramenant des crachats translucides et filants et par la diminution de l’essoufflement), une fois sur dix elle ne cède pas et réalise alors ce que l’on appelle « l’état de mal asthmatique ». Cet état de mal débute le plus souvent comme une crise banale mais s’aggrave d’heure en heure. Le malade épuisé lutte désespérément contre l’impression d’asphyxie. Il est couvert de sueurs profuses, a le teint bleuté et le thorax bloqué en inspiration forcée. En l’absence de traitement rapide, la dyspnée intense persiste et très vite peuvent apparaître des signes d’insuffisance cardiaque.

Enfin, il faut bien savoir qu’une crise d’asthme, même si elle est atténuée et même si elle cède spontanément, nécessite sans retard un avis médical et un traitement adapté, car les crises peuvent se répéter plusieurs nuits de suite, réalisant « l’attaque d’asthme », qui va laisser le malade épuisé et lui fera courir le risque d’une infection pulmonaire grave.

En résumé

La crise d’asthme constitue donc, même dans les cas les plus favorables, une urgence médicale qui, quel que soit l’endroit où l’on se trouve, impose de façon impérative la visite rapide d’un médecin.

Ce qu’il faut faire

  • S’abstenir de tout traitement en attendant le médecin.
  • Il est recommandé d’installer le malade le plus confortablement possible dans son lit en lui calant plusieurs oreillers dans son dos, la position assise étant la seule qui soit supportable pour lui.
  • Il faut aussi le rassurer : il ne s’agit pas d’une crise cardiaque, mais d’un mal passager qui va guérir.
  • Attendre le médecin en réconfortant le malade.

Le traitement

Il peut arriver que l’hospitalisation soit recommandée. D’abord, pour instaurer et surveiller le traitement (en particulier dans l’état de mal), ensuite pour mettre en train un traitement de la cause véritable de la maladie. En effet, devant une crise d’asthme, il faut toujours en rechercher la cause déclenchant. En fait, quatre éventualités sont possibles : allergie (au pollen, à certains éléments de l’alimentation, à des médicaments), infection, pollution atmosphérique, chocs psychomoteurs.

Autant dire qu’il s’agit là d’un diagnostic assez difficile. Mais une chose est certaine et rassurante, dans tous les cas, le traitement existe et les médicaments dont on dispose sont particulièrement efficaces.