La dépression

Personne n’est à l’abri d’une dépression, il suffit pour cela de considérer la place qu’elle occupe actuellement dans les consultations de médecine générale. Encore faut il bien la caractériser et ne pas la confondre avec d’autres maladies du système nerveux.

Les signes

Cet état se reconnaît à deux manifestations fondamentales : l’inhibition psychique et motrice et le sentiment de tristesse qui se reconnaissent avant même que le malade ne se soit plaint ; l’aspect particulier du visage, qui est figé, inanimé, qui n’exprime rien : un véritable masque. D’autres signes sont également révélateurs : une fatigue intense, des pleurs se déclenchant sans motif, le plus souvent de l’insomnie, mais quelquefois, au contraire, un sommeil léthargique et non récupérateur, de l’angoisse, une baisse importante de l’appétit sexuel, enfin, des douleurs organiques, ne reposant sur rien de réel (maux d’estomac, d’intestin, douleurs vertébrales, musculaires ; douleurs cardiaques, etc.).

Il existe une autre manifestation de la dépression qui paraît essentielle : c’est l’absence de passion ! Le déprimé ne s’intéresse à rien, ne se passionne pour rien !

Les causes

  • Le surmenage, le manque de sommeil, les chocs émotifs répétés, sont souvent à l’origine des dépressions d’épuisement (le « break down » des Américains).
  • Les responsabilités, les frustrations affectives et les impératifs de la compétition dans les sociétés occidentales jouent un rôle.
  • Entre probablement aussi en ligne de compte la perte, pour la plupart des individus, de certains points d’appui qui étaient peut être nécessaires à leur équilibre nerveux.
  • N’est ce pas la première fois que des peuples entiers tentent cette expérience fantastique de vivre sans un Dieu ? L’homme a cru en Jupiter, en Mahomet, en Jésus Christ. Il a adoré le soleil, le tonnerre, des idoles, mais il a toujours cru à une puissance supérieure et en un au delà. Et soudain rien ! Le vide.
  • La vie dans les grands ensembles, le manque de contact humain, l’indifférence qui règne dans les villes, agissent fortement sur chaque individu. Jadis, les gens prenaient le temps de vivre ; la modernisation et l’industrialisation ont modifié profondément ces habitudes.
  • Il y a aussi l’avion qui, en supprimant les distances et en permettant de faire le tour de la terre en une demi journée, donne un complexe « d’insulaire ».
  • Certains psychologues évoquent aussi l’affaiblissement de l’amour affectif au bénéfice de la sexualité et les réactions agressives des enfants à l’encontre de leurs parents.
  • Mais si toutes ces considérations aident à comprendre l’origine de la dépression, il ne faut pas négliger les travaux de certains psychiatres qui voient dans la dépression une maladie organique.

Des travaux modernes tendent, en effet, à confirmer l’existence d’une fonction centrale de régulation de l’humeur, fonction centrale capable de faire osciller nos dispositions affectives instinctives entre un pôle euphorique ou expansif et un pôle dépressif ou douloureux. Le dérèglement de cette fonction peut être dû à des causes organiques et assez souvent héréditaires. Des recherches récentes tendraient même à localiser sur le chromosome X une certaine aptitude aux dérèglements « bipolaires » de l’humeur.

Ce dérèglement peut aussi être une réaction à un choc émotionnel violent, à une frustration pénible et prolongée, mais aussi à une déficience organique.

L’évolution

  • Si elle n’est pas traitée rapidement, elle comporte un risque important : le suicide. Eventualité qui fait de la dépression une urgence médicale. Le médecin le sait, mais il faut que l’entourage le sache aussi, afin de comprendre le malade, de l’entourer de prévenances et d’affection et de bien veiller au respect du traitement.
  • Traitée, elle va guérir très bien et le plus souvent complètement.

Les traitements

Dès que le diagnostic de dépression est établi, l’attitude du médecin doit être nette : un traitement antidépresseur bien réglé doit être mis en oeuvre avec détermination, de préférence en hospitalisation si l’on suspecte le moindre risque de suicide. Dans le doute, la collaboration du généraliste et du spécialiste trouve sa place logique et utile.