La dysphagie
C’est la difficulté d’avaler. Ses origines sont multiples et sa gravité extrêmement variable allant d’un simple trouble nerveux à un cancer de l’oesophage. L’obstacle à la déglutition se situe toujours sur le « tube » constitué par le pharynx dilaté en forme d’entonnoir et l’oesophage qui lui fait suite. Toute atteinte de ce « tube » provoque une dysphagie.
Les causes
- Au niveau du pharynx, on peut trouver à l’origine d’une dysphagie tout d’abord une angine qui provoque une inflammation et une douleur pharyngée, un abcès de l’amygdale ou même des aphtes de l’amygdale. Des diagnostics sont en général faciles à faire aussi bien par le malade que par le médecin, à l’exception de l’aphte que l’on confond souvent avec une angine, ce qui entraîne un traitement par les antibiotiques bien inutile dans ce cas là.
Les aphtes du pharynx et des amygdales guérissent en général spontanément, mais ils peuvent entraîner une dysphagie redoutable et nécessitent alors une hospitalisation et un traitement particulier (lysozyme, vitamine C, perfusions).
- Quant au cancer du pharynx ou du larynx, il s’agit de diagnostics beaucoup plus sérieux relevant de médecins spécialisés.
- Mais la grande cause de dysphagie au niveau du pharynx reste cependant la dystonie pharyngée, c’est à dire une exagération et un dérèglement des contractions des fibres musculaires circulaires qui constituent l’entonnoir musculaire pharyngé. Ces fibres se contractent en général d’une façon harmonieuse pour assurer la déglutition des aliments et de la salive. A l’état normal et en dehors des prises d’aliments, elles présentent un tonus régulier et modéré. En cas d’épuisement ou de dérèglement du système neurovégétatif qui assure le tonus de tous les organes creux, la contraction des fibres musculaires du pharynx s’exagère ou se dérègle entraînant une sensation de serrage de la gorge avec difficulté pour déglutir (en particulier la salive). C’est la dystonie pharyngée ou dystonie neurovégétative pharyngée. Beaucoup plus fréquente chez la femme que chez l’homme, elle inquiète vivement le malade qui se croit atteint d’un cancer.
Sa gravité est nulle et son traitement relève des sédatifs nervins. Elle est aggravée surtout par le café et l’insomnie. On la reconnaît au fait qu’elle disparaît lorsque l’esprit du malade est très occupé au cours du repas. Elle est au contraire très pénible durant la déglutition normale de la salive.
- Une cause de dysphagie située un peu plus bas que le pharynx est représentée par le goitre. Le goitre n’entraîne pas toujours une difficulté de la déglutition, mais il peut dans quelques cas en être vraiment responsable. De par son aspect évident, le goitre ne présente pas de difficultés de diagnostic.
- Au niveau du conduit de l’oesophage les causes de dysphagie ne sont pas moins variées. Ici encore on retrouve très souvent la dystonie neurovégétative dont les manifestations peuvent être une sensation de striction rétrosternale ou d’aérophagie. Ce sont encore les fibres musculaires lisses de l’oesophage et le système nerveux neurovégétatif (appelé souvent sympathique et parasympathique) qui sont en cause.
- Un aspect plus redoutable de la dysphagie est celui que présente le cancer de l’oesophage. Dans ce cas la difficulté de déglutition est importante et la douleur au moment de l’alimentation très pénible. Le diagnostic est affirmé par la radiographie et l’oesophagoscopie qui permettent de voir l’intérieur de l’oesophage grâce à un système optique placé dans un tube souple.
- Une autre maladie assez fréquente de l’oesophage et souvent à l’origine de la dysphagie est le diverticule de l’oesophage, véritable petite hernie de l’oesophage aboutissant à l’apparition d’un petit sac placé en dérivation sur cet oesophage.
- Enfin, il ne faut pas oublier les brûlures de l’oesophage par absorption de liquides caustiques qui sont redoutables à cause du rétrécissement définitif qu’elles entraînent.