La môle hydatiforme

Le terme de môle hydatiforme était un terme général englobant un certain nombre de corps organiques très différents les uns des autres (polypes, caillots, fibromes pédiculés) situés dans la cavité utérine.

Actuellement ce terme désigne de façon précise une dégénérescence kystique des villosités choriales, c’est à dire une dégénérescence des villosités qui permettent au placenta de se fixer sur le fond de l’utérus. Il s’agit d’une maladie heureusement assez rare, simulant la grossesse et dont le pronostic, si le traitement et la surveillance ont été correctement menés, est dans l’ensemble assez bon.

Ses manifestations

La môle hydatiforme se traduit chez une femme qui croit présenter une grossesse, confirmée d’ailleurs par le médecin, par des signes anormaux qui l’inquiètent. La môle hydatiforme se présente en effet avant tout comme une grossesse qui se déroule mal. Il peut s’agir de saignements apparaissant au cours des deux ou trois premiers mois de la grossesse, de vomissements fréquents, de douleurs abdominales expulsives (la femme a envie de pousser), d’une altération de l’état général avec amaigrissement, ou même au contraire d’une prise
de poids excessive. Tous ces signes ne sont pas évocateurs d’emblée d’une grossesse molaire, mais ils amènent la femme inquiète à consulter et ce sont les différents examens complémentaires qui permettront de porter le diagnostic de la môle.

Le médecin va trouver à l’examen gynécologique un utérus mou et augmenté de volume plus que ne le voudrait l’âge présumé de la grossesse. Dans 50% des cas, il existe par ailleurs deux gros ovaires perceptibles au toucher vaginal. Deux examens complémentaires permettront alors au médecin de poser facilement le diagnostic de môle hydatiforme et d’éliminer en particulier une grossesse gémellaire suspectée devant cet utérus anormalement gros :

  • L’échotomographie ultra sonique, d’une part, qui montre des images en grappes de raisin ou en flocons de neige.
  • Le dosage dans les urines, d’autre part, d’hormones gonadotrophines chorioniques (HGC) ou prolans sécrétées par le placenta dont le taux est élevé au maximum.

Le traitement

Il consiste en un curetage avec révision utérine, c’est à dire l’évacuation du contenu de l’utérus. En son absence c’est l’avortement spontané vers le cinquième mois. Une radiographie pulmonaire sera faite systématiquement car il s’agit curieusement d’une affection dégénérative pouvant donner naissance à des métastases ou localisations secondaires pulmonaires. Enfin, la malade devra se soumettre pendant deux ans à une surveillance régulière comportant :

  • une radiographie pulmonaire 
  • un examen gynécologique
  • un dosage des HGC ;

et ce une fois par semaine pendant huit semaines. Puis la surveillance sera poursuivie mais au rythme d’une fois par mois, à condition qu’à la huitième semaine l’évolution soit normale. Une contraception sera assurée cependant pendant un an.

Les complications

Mais parfois au bout des huit semaines de surveillance stricte, on constate l’existence d’une évolution anormale avec persistance de gros ovaires, d’un utérus augmenté de volume, de saignements utérins, d’une altération de l’état général. Les HGC restent trop élevées. Un nouveau curetage s’impose et si le taux des HGC reste trop important, on pose alors le diagnostic de chorio-épithéliome. Il s’agit d’une tumeur maligne, destructive, ayant tendance à donner des métastases, qui se développe par conséquent aux dépens des villosités choriales et qui est douée d’un pouvoir hormonal (HGC). Ce diagnostic, qui doit être le plus précoce possible, nécessite un traitement approprié qui seul permettra la guérison, le risque étant à défaut de traitement l’apparition de métastases pulmonaires ou locales (vaginales, col utérin).

Ce traitement comprend une hystérectomie totale ou ablation de l’utérus, des ovaires et des trompes et une chimiothérapie. Le pronostic dans l’ensemble est assez bon.