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 La primo infection tuberculeuse

Il s’agit de l’affection qui se déclare lorsque l’organisme a été pour la première fois envahi par le microbe de la tuberculose, c’est à dire le bacille de Koch.

La primo infection tuberculeuse traitée énergiquement à ses débuts devrait guérir sans séquelles. Non traitée, elle peut provoquer des lésions pulmonaires plus sérieuses.

Comment la contracte-t-on ?

Un enfant est susceptible de contracter une primo infection tuberculeuse lorsqu’il a été en contact avec des bacilles de Koch et qu’il les a inhalés.

Exemple : un enfant, assis dans le métro à côté d’un adulte tuberculeux qui tousse et qui expectore des bacilles de Koch, pourra contracter une primo infection tuberculeuse.

En général, la contamination de l’enfant est imputable à des adultes tuberculeux, dont la maladie est demeurée ignorée. Il est très rare que des enfants se contaminent entre eux.

En effet, pour qu’un individu soit contagieux, il faut que sa toux puisse entraîner la dissémination du microbe ; or, les lésions tuberculeuses de l’enfant n’entraînent pas une toux de ce type.

Il est des cas, tout à fait exceptionnels, où l’enfant a été contaminé par des bacilles tuberculeux non humains, par des bacilles bovins contenus dans le lait de vache cru.

Le mode d’invasion

Le bacille de Koch qui pénètre l’organisme par voie respiratoire va se loger dans une alvéole pulmonaire ; il s’y multipliera en quelques jours pour envahir ensuite rapidement tout l’organisme.

Parallèlement, celui ci va commencer à élaborer ses défenses, qui au bout de 2 à 3 semaines seront susceptibles de freiner la multiplication et la diffusion du microbe.

Ce développement de l’immunité s’accompagne de la formation d’une allergie cutanée aux protéines du bacille de Koch ; l’une de ces protéines se nomme la tuberculine.

L’existence de cette allergie cutanée est à l’origine de l’élaboration des tests tuberculiniques qui permettent de déterminer si un individu a été ou non en contact avec le bacille de Koch.

L’intensité de cette primo infection tuberculeuse dépend du nombre et de la virulence des bacilles contaminateurs et de la manière dont l’organisme est capable de les contrer.

Or, plus un enfant est petit, moins ses défenses sont bonnes et plus sévère sera la maladie.

Comment la dépiste-t-on ?

On dépiste en général une primo-infection tuberculeuse lorsque l’on constate des réactions tuberculiniques positives, chez un enfant non vacciné par le B.C.G. et présentant jusque là des réactions négatives.

Ce virage de la cuti réaction commande de faire pratiquer un bilan pulmonaire complet.

Si les radiographies pulmonaires, les examens de sang (vitesse de sédimentation) et l’état général de l’enfant sont satisfaisants, on conclura à un virage simple de la cuti réaction. Si, au contraire, les images pulmonaires sont anormales, la vitesse de sédimentation élevée (examen de sang qui met en évidence la vitesse à laquelle les globules rouges tombent au fond d’un tube à essai ; il traduit grosso modo l’intensité des perturbations subies par l’organisme) et l’état général de l’enfant perturbé (il est amaigri, pâle, fatigué), il s’agit bien d’une primo infection tuberculeuse. On envisagera alors une courte hospitalisation pour effectuer des examens plus complets, et procéder à un traitement énergique.

Mais le diagnostic d’une primo infection tuberculeuse n’est pas toujours aisé à établir, car il existe bon nombre de cas douteux.

Exemples : Il est des réactions tuberculiniques difficiles à interpréter et des cas où l’on ignore si l’enfant a été ou non préalablement vacciné par le B.C.G. (carnets de santé mal tenus).

Et enfin, il existe des cas de primo-infection chez des enfants faiblement immunisés par le vaccin et contaminés par des bacilles de Koch très virulents. Ce type de primo infection, bien que toujours bénin, requiert tout de même un traitement énergique.

Les complications

La primo infection peut être considérée comme un prélude à la tuberculose.

Elle est susceptible d’entraîner dans tout l’organisme (poumons, reins, os) des lésions tuberculeuses si elle n’est pas soignée.

Ses complications se manifestent par : des troubles des bronches (ganglion comprimant une bronche) ; des troubles des poumons (atélectasie pulmonaire : bouchon au niveau de la bronche qui entraîne une rétraction de la région pulmonaire correspondante).

Les mesures à prendre

Mesures préventives

En dehors de la vaccination antituberculeuse de l’enfant qui est obligatoire, il convient de faire une radiographie pulmonaire aux femmes enceintes pour protéger les nourrissons à venir.

Mesures curatives

Lorsqu’un enfant est atteint d’une primo-infection tuberculeuse, il faut examiner tous ceux qui l’entourent et leur faire passer une radiographie pulmonaire, afin d’identifier l’agent contaminateur.

Plus l’enfant est petit, plus cette identification sera facile vu qu’il est en contact avec moins de monde.

Une fois l’adulte contaminateur identifié, il conviendra de l’éloigner de l’enfant et de le soigner énergiquement.

 Des précautions de repos, de sieste, et de bonne alimentation seront alors utiles à l’enfant. Il conviendra néanmoins de ne pas le surprotéger pour éviter qu’il ne se sente différent des autres enfants.

Le traitement

Toute primo infection doit être traitée de 9 à 12 mois de manière systématique avec le plus grand sérieux, à l’aide de médicaments appropriés (streptomycine) dont la découverte date d’une trentaine d’années.

A condition d’être exécuté de façon raisonnable, ce traitement ne fatigue pas trop l’organisme.

Pour les primo infections couramment observées (différentes des tuberculoses installées), il pourra être effectué à la maison, et la scolarité de l’enfant ne sera que peu ou pas du tout perturbée.

On contrôlera régulièrement la vitesse de sédimentation et les images pulmonaires, dont le retour à la normale signale la guérison.

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