Il existe un grand nombre de signes précurseurs d’une éventuelle rechute. Par exemple, le retour à d’anciennes habitudes comme l’agressivité, le mensonge, le repli sur soi de la personne, des périodes de grand silence ou des propos exagérés. N’oubliez pas que sa souffrance peut s’exprimer par de l’arrogance : à vous de savoir interpréter ses messages, même si c’est loin d’être facile.
Faire une cure de désintoxication et réussir son sevrage ne signifie pas pour autant mettre un terme à toutes les difficultés. Elles ne sont pas nées avec l’alcoolisation ; c’est plutôt à cause d’elles que l’alcoolisation a commencé. Donc, l’abstinence ne peut être durable que s’il y a une prise en main mutuelle des problèmes et un espoir de changement basé sur des choses concrètes. Considérer le sevrage comme une fin en soi ne peut mettre le malade à l’abri de la rechute.
Donc, les causes qui peuvent entraîner la rechute sont sensiblement les mêmes que celles ayant entretenu l’alcoolisation. Ce peut être un climat de suspicion et de doute, au sein de l’entourage, n’arrivant pas à croire en cette abstinence tant espérée. La rechute peut aussi venir du fait qu’une fois le sevrage acquis, l’entourage a cru que les changements seraient spectaculaires et a fait preuve d’impatience. Or, il faut du temps pour que les choses se mettent en place. Cela peut venir aussi de l’extérieur : les amis qui le (la) délaissent parce qu’ils ne le (la) reconnaissent plus, les collègues de travail qui se montrent méfiants. Enfin, le malade peu trouver en lui même les raisons de sa rechute : un état dépressif classique a tendance à se développer si l’abstinence n’est pas soutenue médicalement par un thérapeute, ou amicalement par un groupe d’anciens buveurs. Cette déprime se caractérise par un désintérêt progressif envers tout ce qui l’entoure. Plus rien ne le motive ; alors, à quoi bon se priver de boisson ? Si cet état dépressif n’est pas décelé et enrayé à temps, la rechute est inévitable.