La rechute est souvent ressentie comme un douloureux échec de la part du malade et de son entourage. Comme si tout était à recommencer, et pour combien de temps ? Et après cette rechute là, combien y en aura t il encore ? Est il possible de trouver la paix ? Ce qui est certain, pour l’instant, c’est qu’il y a une façon positive de considérer cet accident de parcours.
Tout d’abord, les médecins alcoologues sont d’accord pour le dire, la rechute n’est pas une aggravation de la maladie, mais sans doute une étape vers une stabilisation plus solide et plus durable. Si votre compagnon (ou votre compagne) s’est remis(e) à boire, c’est que les circonstances s’y prêtaient, comme vous l’avez compris dans le paragraphe précédent, mais c’est peut être aussi parce qu’il (elle) n’était pas intimement convaincu(e) d’avoir perdu toute maîtrise face à l’alcool. Cette résurgence du mal est la preuve tangible, qui lui manquait sans doute, qu’il (elle) ne peut pas lutter contre lui, que sa volonté lui est totalement soumise. Tout le monde avait eu beau le lui dire, il (elle) pensait qu’il (elle) arriverait toujours à le vaincre. Cette fois, c’est par l’expérience que la conviction de son impuissance devant l’alcool vient lui éclater au visage. Une constatation pénible, certes, toujours difficile à vivre, mais peut être salutaire pour le prochain sevrage. C’est en ce sens que la rechute a des côtés positifs. Elle est un pas de plus vers la conscience que seule l’abstinence totale (vingt quatre heures à la fois) peut conduire à la joie de vivre et que les solutions ne se trouvent, pas dans l’alcool.
Certains malades multiplient parfois les rechutes avant de trouver enfin la paix dans l’abstinence. La fréquentation régulière des groupes d’anciens buveurs aide justement à aborder la nouvelle vie, sans alcool, dans la joie et la sérénité. C’est pourquoi leur existence est précieuse. Un Alcoolique Anonyme m’a raconté qu’il avait arrêté de boire après une cure de désintoxication en milieu hospitalier. Pendant dix ans, il n’avait pas bu une seule goutte d’alcool mais il était au supplice car il ne pensait qu’à cela, à longueur de journées et de nuits. Et puis, du jour où il a rencontré cette association d’anciens buveurs, il a trouvé une véritable force intérieure qui l’a amené à tourner la page et, enfin, à connaître la paix et l’équilibre. Bien sûr, la force du groupe n’agit pas toujours de façon aussi spectaculaire, mais il suffit d’entendre le témoignage des uns et des autres, au cours des réunions, pour comprendre que cette force est communicative. Cela vaut donc vraiment la peine de frapper à leur porte.