La vaccination antigrippale

Les difficultés de la vaccination

Elles dépendent de la structure même du virus. L’originalité du virus grippal réside dans ses perpétuelles variations antigéniques.

La variation continuelle du virus signifie des vaccins apparaissant toujours en retard et impose l’adaptation continuelle de ces derniers. Lors d’un changement important, le vaccin devient inefficace ; dans le cas, au contraire, d’une variation progressive, il n’est plus parfaitement adapté.

Pour pallier cet inconvénient, une surveillance mondiale, visant à isoler et à centraliser les informations concernant tout nouveau virus grippal, a été mise en place à l’O.M.S. Elle aide, grâce à différents centres répartis dans le monde, à prévoir les épidémies et à faciliter la préparation du vaccin dans les meilleurs délais (Londres et Atlanta sont les deux points centralisateurs de tous les renseignements).

Les types de vaccins

Les vaccins inactivés :

ils sont à base de virus grippaux semi purifiés, inactivés par des substances spéciales.

Mais les techniques d’obtention sont nombreuses et longues. Ce qui explique le retard apporté à la sortie du vaccin par rapport à l’isolement de la souche et la prudence des laboratoires devant l’isolement d’une souche.

Les vaccins vivants atténués :

ils sont utilisés par voie nasale avec des résultats intéressants et surtout employés en U.R.S.S., mais leur efficacité n’est pas encore parfaitement concluante.

De quels vaccins dispose t on ?

  • Soit du vaccin monovalent (adapté à un seul virus) : son spectre est limité mais la plus forte concentration en unité vaccinale permet une meilleure protection.
  • Soit du vaccin polyvalent : plus large dans son spectre, puisque contenant plusieurs souches, mais imposant des doses vaccinantes plus faibles, assurant donc une moins bonne montée d’anticorps.

Ce dernier type de vaccin est le plus utilisé.

Le mode d’administration

Deux voies d’injection sont possibles :

elles peuvent être intramusculaires ou, surtout, sous cutanées, dans le deltoïde à la partie supérieure de l’omoplate.

  • Faut il faire une ou deux injections ?

Certains préconisent deux injections espacées d’environ 6 semaines à 2 mois. Si cette attitude est justifiée chez l’enfant, elle se discute chez l’adulte pour qui une seule injection paraît apporter une protection suffisante.

  • Quand vacciner ?

L’idéal est d’assurer une protection maximale au moment supposé du risque épidémique. Sous les climats tempérés, il est donc recommandé de vacciner au début de l’automne, vers les mois de septembre ou octobre.

  • La tolérance

Elle s’avère aujourd’hui satisfaisante. Mais le problème majeur demeure celui des réactions allergiques. Cependant le degré de purification actuel n’exclut pas la vaccination chez les allergiques. Elle est le plus souvent bien tolérée.

L’efficacité des vaccins

Elle demeure certainement le point le plus litigieux de cette vaccination. Les raisons qui font la médiocre réputation du vaccin ont été abordées : disponibilité retardée des doses par rapport à l’isolement du virus, campagne de vaccination trop tardive, diagnostic abusivement porté de grippe. Or, bien sûr, le vaccin ne protège que contre les souches qu’il contient. Les résultats globaux établis dans différentes statistiques sont néanmoins bons puisque 60 à 90% de sujets acquièrent une protection satisfaisante avec les vaccins inactivés.

Qui doit on vacciner ?

En pratique, plusieurs conceptions sont envisageables. La première vise à la protection des sujets dits à haut risque : personnes âgées, cardiaques, insuffisants respiratoires, mais également professions médicales ou paramédicales. Cette conception est celle retenue en France, aux U.S.A. et en Grande Bretagne. La deuxième repose sur des objectifs économiques, elle vise à réduire la perte d’heures de travail. Elle impose une vaccination de masse, c’est le concept choisi en U.R.S.S. Une troisième conception, plus ambitieuse, cherche à enrayer l’épidémie. Elle implique une action sur les principaux sujets disséminateurs : population d’âge scolaire tout particulièrement. Elle est utilisée au Japon.