il est deux types de bégaiement, le clonique qui est le plus fréquent, et le tonique.
Il consiste en la répétition d’une syllabe. Exemple : chapeau.
Ce type de bégaiement fait, pour ainsi dire, partie de l’acquisition du langage, tant il est fréquent. Il survient entre 3 et 4 ans, car c’est à cet âge que l’enfant fait les plus grands efforts pour parler. Auparavant, il parlait plus simplement, sans réfléchir à ce qu’il disait et en faisant des phrases incomplètes. Dès 3 ans, il désire exprimer clairement sa pensée, quitte à recommencer la même phrase, 3 ou 4 fois. 90% des enfants qui bégaient à cet âge cesseront spontanément de le faire au bout d’une période plus ou moins longue.
Il est beaucoup plus rare : l’enfant, lorsqu’il désire parler, se bloque, s’arrête à nouveau. Il contracte les muscles de son visage et de son cou et semble désemparé.
Ce type de bégaiement révèle toujours des problèmes affectifs certains.
Dans ce cas, il faut toujours rechercher les éléments conflictuels qui ont déclenché le trouble, et s’il persiste, ne pas hésiter à montrer l’enfant à un médecin qui vous aiguillera sur les centres spécialisés pour ces troubles infantiles.
Il vous sera certainement conseillé de lui faire entreprendre une psychothérapie ou des séances de relaxation ainsi qu’une rééducation psychomotrice.
Autre exemple, celui d’une petite fille qui a commencé à bégayer lorsqu’elle a été séparée d’une nourrice qu’elle aimait. Au bout de deux semaines, s’étant attachée à sa nouvelle nourrice, elle a cessé de bégayer.
Du fait de la pluralité des facteurs qui semblent intervenir dans l’apparition de l’évolution du bégaiement, on ne peut proposer un seul traitement. Les indications des différents modes de traitement dépendent non seulement du type du bégaiement, mais aussi de l’âge du sujet, de son adaptation sociale et de sa personnalité. Il convient d’insister sur le fait que seuls les traitements entrepris chez les très jeunes enfants sont régulièrement efficaces et qu’un retard dans la mise en oeuvre thérapeutique peut être lourd de conséquences.
Elle occupe une place prépondérante dans le traitement du bégaiement. L’indication la meilleure est le bégaiement tonic clonique précoce de l’enfant de 3 à 5 ans accompagné d’un retard de parole et de langage justifiant à lui seul une rééducation orthophonique. Ce traitement est possible dès l’âge de 3 ou 4 ans. L’amélioration du langage est le premier objectif, la correction du phonétisme défectueux ne sera recherchée que secondairement.
Les résultats de la rééducation orthophonique sur le bégaiement tonic clonique précoce sont encourageants. Les échecs sont rares, l’amélioration du trouble est habituelle, la correction complète est fréquente. Les rechutes, à la vérité rares, doivent être prévenues en évitant les séparations de l’enfant de son milieu familial.
L’indication de la rééducation orthophonique est plus discutable à l’âge de la scolarité, que l’enfant bégaie depuis plusieurs années ou que le bégaiement soit apparu après une phase de latence. A cet âge, en effet, l’enfant subit la rééducation qui lui est imposée par les adultes et il ne coopère pas toujours à cette rééducation.
En revanche, lorsqu’il y a demande personnelle de la part d’un adolescent souffrant de son handicap dans sa vie sociale, la rééducation orthophonique est envisageable. Les séances seront fréquentes au début (3 fois par semaine) puis plus espacées quand le sujet sera parvenu à contrôler volontairement son élocution. La rééducation permet non d’obtenir une disparition complète du trouble, mais au moins une nette amélioration, d’autant plus marquée que le bégaiement était initialement intense. La rééducation consiste à déconditionner le bègue de son mode antérieur de parole. On y parvient par des exercices visant à l’émission d’une parole « soufflée », moins articulée, moins tonique. On commencera à un niveau élémentaire, les exercices seront de difficulté croissante. Les exercices quotidiens à domicile permettront, après un certain temps, d’espacer les séances. Et même lorsque la rééducation peut être considérée comme terminée, il est souhaitable de proposer un soutien pendant plusieurs années.
Au total, la rééducation orthophonique bien conduite, soutenue par des consultations médicales, est une très bonne indication chez les enfants très jeunes, plus discutable chez l’enfant d’âge scolaire, souvent bénéfique à l’adolescence ; mais quel que soit l’âge du sujet, si sa personnalité n’est pas fortement perturbée, la rééducation orthophonique peut être tentée, lorsque le bégaiement vient d’apparaître.
Les anxiolytiques peuvent aider passagèrement la correction du bégaiement lorsque le contexte symptomatique justifie cette prescription mais leur action est inconstante et éphémère.
De multiples thérapeutiques ont été proposées pour le bégaiement. On a pu en recenser plus d’une centaine. Parmi elles, la relaxation, qui modifie l’état tonique du sujet et peut avoir un effet bénéfique sur son bégaiement. Il s’agit en fait surtout d’une thérapeutique d’appoint. Les thérapies comportementales sont très utilisées en Amérique du Nord. Les techniques de thérapie collective, telle la méthode de la parole en choeur, sont également souvent employées.
La psychothérapie, quoique parfois difficile à réaliser chez le bègue, peut être envisagée dans les formes où les troubles de la personnalité sont prédominants. Parmi les éléments de meilleur pronostic du bégaiement, on peut citer : l’apparition du trouble avant 5 ans, la date de la première consultation avant 7 ans, avec un délai entre ces deux indices ne dépassant pas 3 ans, l’absence de troubles graves de la personnalité, une attitude coopérant du bègue et de sa famille.