Nous avons écarté une drogue de cette incroyable liste : la cocaïne. Bien sûr, la cocaïne ne date pas d’hier. Mais elle n’a jamais été une drogue majeure pour les enfants parce qu’elle coûte trop cher. La cocaïne était peut être la drogue chic des stars, mais elles étaient les seules à pouvoir se permettre de dépenser des milliers de dollars par semaine pour devenir cocaïnomanes. Puis, en 1985, tout cela changea soudainement et brutalement. Une nouvelle forme de cocaïne fit son apparition dans les rues des grandes villes : de la cocaïne qu’on pouvait fumer. Sur la côte Est, on l’appelait crack, peut être à cause du crépitement qu’elle produit lorsqu’on la traite sur la côte Ouest, elle reçut un nom descriptif, le rock.
Quel que soit son nom, le crack est le type de cocaïne le plus fort et le plus puissant qui soit en général disponible à l’heure actuelle. Comme il n’en faut pas beaucoup pour devenir euphorique, il se vend en quantités minuscules et à bon marché. Une fiole de crack ne coûte pas plus cher qu’une entrée au cinéma ou qu’une cassette de musique : n’importe quel adolescent peut se la payer. Cependant, un high de crack ne dure pas très longtemps, parfois seulement quelques minutes. Par conséquent, les consommateurs ont besoin d’y revenir sans cesse, et une dépendance peut se développer plus rapidement qu’avec n’importe quelle autre drogue.
Pis encore, le crack peut être mortel, qu’on soit devenu dépendant ou non. Le crack était relié à la mort, en 1986, de l’étoile de basketball universitaire Len Bias. Il était de toute évidence dans une forme physique impressionnante et n’avait pas la réputation d’être un grand consommateur de cocaïne, mais il est mort après avoir fumé pendant quelques heures avec ses amis.
La vente de crack est incroyablement rentable. A New York, un revendeur adolescent ambitieux peut faire 3000 dollars par jour. Des enfants de neuf et dix ans, recrutés comme sentinelles pour repérer les policiers, reçoivent jusqu’à 100 dollars par jour. Certaines écoles s’apprêtent à interdire les bijoux en or, les vêtements griffés et les téléavertisseurs que portent les revendeurs de drogues et ceux qui désirent imiter ce style de vie attrayant. Mais ces imitateurs oublient, dans leur course au prestige, les pistolets, les assauts, la torture, la prostitution et les meurtres reliés à la drogue.