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 Le déni parental

Le déni n’est pas un processus simple. Il peut avoir autant de couches qu’un oignon, car les problèmes et les douleurs causés par la drogue ont, eux aussi, plusieurs couches. Nous tenterons de peler cet oignon couche par couche et de vous montrer comment le déni peut perturber votre façon de penser, à commencer par son aspect le plus fondamental : le déni d’une vérité désagréable.

Vous niez que vos enfants prennent de la drogue

Si vous êtes parent, vous avez beaucoup entendu parler de la drogue, lu des manchettes dans les journaux, regardé des émissions spéciales à la télévision, assisté à des réunions à votre école de quartier. Vous savez sûrement que des enfants du secondaire et même du primaire prennent de la drogue et qu’un usage régulier frappe toutes sortes de familles, dans chaque quartier. Malgré tout, si vous êtes comme bien des parents, vous ferez taire vos soupçons jusqu’à ce que les preuves soient renversantes.

Tim raconte cette histoire à propos d’un parent trop aveugle, comme il s’en présente trop souvent :

Un père m’a appelé un jour pour me dire qu’il croyait que son fils vendait de la marijuana. Je lui ai demandé quels indices il possédait, et il m’a dit que son fils s’était acheté un lit d’eau, une chaîne stéréo et une auto neuve, sans même avoir d’emploi. Je lui ai dit que c’étaient des indices assez évidents, et je lui ai demandé s’il en avait encore d’autres. Il a dit que oui : son fils avait installé un cadenas à la porte de sa chambre. Cela me rendit furieux. Dans ma maison, il n’y aura jamais de cadenas à une porte intérieure. S’il en apparaît un, on le fera exploser en quelques secondes. Avec la permission du père, j’ai coupé le cadenas et j’ai fouillé la chambre. On pouvait y voir du matériel partout. La marijuana était fixée aux poutres du toit, dans un espace mitoyen. Mais il n’est pas nécessaire de trouver de la drogue pour savoir qu’il y a un problème et pour s’en occuper.

Racontés ainsi, les signes sont sans équivoque. Pour un père qui se trouvait dans cette situation, un père qui voulait désespérément ne pas croire que son fils vendait de la drogue, les preuves étaient peu probantes. Il devait y avoir une autre réponse. Cela s’appelle le déni.

Pourquoi les parents nient ils ?

L’une des raisons principales, c’est que, pour avoir une bonne relation avec leurs enfants, les parents doivent leur offrir soutien et confiance, plutôt que méfiance et punition. Les parents expriment leur soutien à travers mille événements quotidiens : aider un enfant à vaincre ses peurs le premier jour de classe, lui enseigner à monter à bicyclette, le soigner lorsqu’il est malade ou blessé. En tant que parent, vous avez toujours été du côté de vos enfants, qu’ils aient eu tort ou raison. Vous croyez ce qu’ils vous disent, vous les défendez contre un enseignant qu’ils accusent de les traiter injustement, contre un voisin dont l’enfant, disent ils, a commencé une querelle. La plupart des parents considèrent cela comme leur rôle. Leur demander de cesser de croire en leurs enfants, c’est pour eux une trahison. Mais ce que les parents n’arrivent pas à comprendre, c’est qu’en prenant de la drogue, leurs enfants ont déjà violé la confiance de leurs parents.

Pour dépasser le déni, les parents doivent être informés. Nous tentons de donner aux parents une connaissance des drogues équivalente à celle qu’ont leurs enfants. Dans le passé, des parents ont été trompés par leurs propres enfants. Ceux ci savaient qu’ils pouvaient mentir parce que leurs parents ne voulaient pas savoir la vérité, ou n’étaient pas en mesure de distinguer la vérité du mensonge.

Le déni est le résultat du manque de connaissance et de compréhension, de la part des parents, du phénomène de l’usage de l’alcool et de la drogue : comment ces enfants utilisent la drogue et pourquoi ; à quoi ressemble la drogue ; quel matériel on utilise pour en prendre ; ce que disent les vendeurs de drogue à leurs enfants ; et, par dessus tout, les choses que leurs enfants ont apprises à propos des drogues. Les enfants savent que les parents sont ignorants sur ce sujet, et ils utilisent cette ignorance à leur avantage.

Avez vous déjà entendu l’une ou l’autre de ces répliques :

Voilà fort probablement des affirmations de jeunes qui tentent de faire avaler s excuses à leurs parents qui eux, en retour, espèrent désespérément entendre des raisons valables pour nier leurs justes soupçons. Avaler les excuses de vos enfants, même lorsqu’elles deviennent plus difficiles à croire, ce n’est pas les aider. L déni ne fait qu’accentuer le problème, exactement le contraire de ce que voudraient les parents.