Le ganglion de l’aine

Le diagnostic du ganglion de l’aine est complexe à établir.

Un ganglion non douloureux de l’aine ou peu douloureux peut être en effet la manifestation de maladies fort différentes, certaines bénignes, d’autres véritablement graves.

  • Il faut d’abord rechercher « une plaie au pied » : blessure minime, excoriation d’une mycose interdigitale par où un microbe aura pu pénétrer avant d’aller infecter un des ganglions de l’aine.

Quelquefois la blessure est évidente et l’on retrouve même une traînée de lymphangite (traînée inflammatoire apparaissant le long d’un vaisseau lymphatique) partant de la blessure et remontant assez haut sur la jambe. Dans ce cas, le ganglion est un peu douloureux à la palpation et le diagnostic évident. Le traitement est essentiellement composé d’antibiotiques.

  • Pensez aussi à un herpès des grandes lèvres du vagin ou de la région anale. Dans ce cas, on retrouve la petite éruption caractéristique de l’herpès similaire au bouton de fièvre des lèvres, avec ses petites vésicules et la démangeaison qu’elle engendre. Le ganglion est augmenté modérément de volume et très peu sensible à la palpation. Le traitement est à peu près nul et la guérison spontanée.

Enfin il ne faut pas oublier la maladie des griffes du chat. Au début, le ganglion est gros, très induré, indolore, on retrouve parfois sur la jambe, du même côté, des traces de griffures. Le malade a de la fièvre, l’état général est altéré. Plus tard, le ganglion va se ramollir et suppurer. Les examens de laboratoire seuls préciseront le diagnostic, permettant de ne pas confondre cette maladie qui guérit, en général, spontanément avec d’autres atteintes des ganglions de l’aine plus graves.

En résumé, devant la présence d’un gros ganglion de l’aine, appelez toujours le médecin, car le ganglion inflammatoire (ou adénopathie) de l’aine peut être la manifestation de maladies beaucoup plus sérieuses.

Il peut s’agir en effet :

  • d’une adénopathie tuberculeuse qui guérira très bien par un traitement approprié, mais qui laissera une cicatrice ganglionnaire indélébile, c’est à dire un ganglion un peu augmenté de volume, très dur et indolore.
  • d’une adénopathie syphilitique, satellite d’un chancre de la vulve passé inaperçu. Ici encore un traitement rapide et spécifique assurera la guérison.
  • Mais la hantise reste les maladies malignes du sang et le cancer dont un gros ganglion peut être la révélation.

Les maladies malignes du sang pouvant se manifester par une adénopathie sont : la maladie de Hodgkin dont le diagnostic sera fait par ponction du ganglion ; la leucémie aiguë qui s’accompagne d’un état général très altéré ; la leucémie lymphoïde caractérisée par les altérations de la formule sanguine.

Le ganglion cancéreux peut être :

  • un sarcome ganglionnaire se présentant comme une masse dure, indolore, augmentant de volume et dont le diagnostic sera confirmé par la ponction ganglionnaire ;
  • une métastase d’un cancer siégeant à distance et non encore visible (cancer de la peau ou d’un organe profond).

C’est dire combien le ganglion de l’aine doit être examiné très vite par un médecin qui ne devrait avoir de cesse avant d’avoir porté un diagnostic précis. D’autant que la guérison dans les maladies du sang et cancers précités dépend de la précocité du diagnostic.

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