Accueil du site /

 Le paludisme

Certes l’arme idéale contre le paludisme serait la mise au point d’un vaccin antipaludéen dont on parle beaucoup. Mais malgré les progrès réalisés et l’espoir d’aboutir au succès, la vaccination antipaludéenne est encore loin de la phase opérationnelle.

Par conséquent, dans cette attente et celle, illusoire, d’une disparition définitive du paludisme, la prophylaxie constitue la seule arme efficace de protection pour le sujet qui se rend en pays infecté pour un séjour même de brève durée.

Elle implique une prise continue et suffisamment pour plongée. Elle doit être : commencée le jour de l’arrivée en pays où sévit la maladie (la commencer 8 ou 15 jours auparavant serait inutile) ; poursuivie régulièrement pendant toute la durée du séjour ; continuée après le retour pendant 8 semaines.

Dans la pratique la chimio prophylaxie la plus habituelle consiste à prendre 6 jours sur 7 un comprimé à 0,100 g de chloroquine. La prise de 6 comprimés de chloroquine ou de 3 comprimés à 0,200 g d’amodiaquine une fois par semaine confère la même protection mais expose à des oublis aux conséquences plus graves que celui d’un jour de chloroquine, voire à un état nauséeux le jour de la prise massive. Dans les pays où existe une résistance du parasite à la chloroquine, on pourra modifier la prise de ces médicaments.

Répartition géographique du Plasmodium falciparum

La répartition géographique du Plasmodium falciparum, agent le plus fréquent du paludisme, est déterminée par les conditions de température exigées pour son développement chez le moustique appelé anophèle, c’est à dire de part et d’autre de l’équateur, aux alentours de 18/20C.

En réalité cette répartition n’est pas homogène, mais il faut tenir compte surtout du caractère saisonnier de la transmission (pendant et immédiatement après la saison des pluies).

Afrique :

Le paludisme existe aussi à Madagascar, aux Comores et à Zanzibar.

Amérique :

Dans la mer des Caraïbes, seuls Haïti et quelques coins de la république Dominicaine sont touchés. Par contre, les Antilles françaises (Guadeloupe et Martinique) sont indemnes.

Moyen-Orient :

Quelques foyers très limités persistent en Turquie, en Irak et en Iran. Des foyers importants existent encore en Arabie Saoudite et au Yémen.

Asia méridionale :

Extrême Orient :

Le Plasmodium falciparum y est de loin l’espèce dominante et notamment en Thaïlande, au Laos, au Cambodge, au Viêt nam, en Malaisie, en Indonésie, aux iles Célèbes et aux Philippines.

Océanie :

La Nouvelle Guinée, les Nouvelles Hébrides sont très infestées.

Australie :

Le paludisme peut être considéré comme vaincu.

Il faut penser à cette maladie après un séjour en zone endémique

A notre époque où les gens voyagent beaucoup et loin, le paludisme ne doit plus être considéré comme une maladie exotique d’exception mais être soupçonné devant toute fièvre apparaissant après un séjour dans les pays chauds. En effet, avec l’été et les vacances qui entraînent la dispersion de nombreux touristes ou travailleurs africains dans les régions où sévit la maladie, et à l’inverse le retour de coopérants vivant en zone tropicale, il est urgent d’alerter les populations pour lutter contre le risque de contamination.

Le médecin consulté avant le départ doit être en mesure de fournir des renseignements précis au sujet de la prophylaxie et, naturellement, reconnaître la maladie dès qu’elle se manifeste afin d’éviter les complications.

Description de la maladie

Le paludisme (ou malaria) est une maladie parasitaire fébrile due à un microorganisme, un protozoaire du genre Plasmodium dont il existe quatre espèces La transmission est assurée par la piqûre d’un moustique. De toutes les espèces de Plasmodium, le plus redoutable est sans aucun doute le Plasmodium falciparum puisqu’il tue 2 millions de personnes par an.

Les 3 autres espèces sont le Plasmodium vivax, le Plasmodium ovale et le Plasmodium malariae.

Schématiquement le paludisme évolue en deux périodes, une phase d’invasion caractérisée par une fièvre de type et d’importance variables et les accès survenant régulièrement. L’incubation varie de 7 jours à 28 jours selon l’espèce de Plasmodium.

L’apparition du premier accès fébrile (à 39/40°) est soudaine et devient intermittente après quelques jours. Frissons et chaleurs sont classiques. Les maux de tête, les névralgies et les courbatures sont très prononcés, de même que la sensation de malaise général. Les troubles digestifs sont fréquents notamment chez l’enfant.

En l’absence de traitement l’évolution est très rapide : elle se fera, dans les cas favorables, vers la guérison après une quinzaine de jours de fièvre. La récupération de l’état général est assez rapide et le risque de rechute n’existe plus guère au delà de 2, 3 mois avant la guérison définitive sans séquelles.

Les complications possibles

Cependant plane à tout moment le risque d’évolution redoutable vers l’accès pernicieux ou paludisme malin ou encore neuropaludisme. Dans sa forme, l’accès pernicieux réalise un coma fébrile : fièvre intense, coma d’intensité variable, signes nerveux variés. A ces signes s’ajoutent bien entendu la pâleur et l’anémie.

Mais d’autres complications graves peuvent survenir, rénales et pulmonaires. L’évolution de l’accès pernicieux dépend de la précocité et de la qualité du traitement. Non traité, il est pratiquement fatal en 2 ou 3 jours.

Une fois évoqué, le diagnostic du paludisme est facilement confirmé par le laboratoire qui procède à un examen séro immunologique. Il repose sur la mise en évidence de l’invasion du sang par le protozoaire dont l’espèce plasmodiale devra être précisée immédiatement, par un frottis mince et une goutte épaisse.

Les prélèvements doivent être effectués avant toute prise d’antipaludique. Si le sujet a été traité, il est nécessaire de recourir aux méthodes de diagnostic séro immunologiques.

Le traitement de l’accès palustre repose sur la prescription de la chloroquine et d’amodiaquine valable seulement chez les sujets partiellement prémunis.

Dans les formes sévères et les accès pernicieux, la quinine demeure irremplaçable.