Le pied d’athlète est une maladie de peau entraînant une gêne à la marche et des démangeaisons. Les récidives sont fréquentes. Le terme pied d’athlète, vient du fait que cette maladie est courante chez les sujets qui fréquentent les piscines, et qui marchent pieds nus, mais nombreux sont les sujets atteints de cette dermatose et qui ne fréquentent ni les gymnases ni les piscines. Il suffit en effet de conditions particulières : longues marches, transpiration excessive, macération dans des chaussures en caoutchouc ou en plastique, ou simplement dans des chaussettes en nylon pour entraîner une exacerbation des germes qui existent déjà à l’état latent entre les orteils, d’où extension de cette maladie de peau, d’abord infectieuse et ensuite allergique.
Les enfants, cependant, sont beaucoup plus rarement atteints que les adultes.
Cette dermatose est provoquée soit par des champignons microscopiques (ou dermatophytes), soit par une levure, la Candida albicans, ou encore, très rarement, par une bactérie.
Cette distinction est importante, car le traitement dépend de l’agent responsable. Les levures incitent d’abord à chercher un diabète, et elles ne répondent pas aux mêmes médicaments que les champignons microscopiques ou que les bactéries. En réalité c’est l’allergie qui provoque la démangeaison.
Dans le cas des dermatophytes, cette allergie est limitée à l’espace interdigital atteint et déborde sur le pied. Il est moins fréquent de voir dans ces cas la dysidrose (formation de vésicules) associée comme on le voit dans les infections à levures. La dysidrose atteint les paumes et les plantes des pieds et entraîne des éruptions vésiculeuses prurigineuses.
Il y a intérêt à effectuer un prélèvement entre les orteils, habituellement entre les 4° et 5° orteils, mais aussi entre les autres ou sous un ongle d’orteil.
Lorsque le résultat des prélèvements avec mise en culture est connu, on peut instituer le traitement le mieux adapté.
Mais les résultats sont parfois longs à obtenir et en attendant on peut déjà utiliser des bains de permanganate de potasse à la dilution de 1/20 000 ou de sulfate de cuivre à la dilution de 1/1000, avec ensuite application de fluorescéine aqueuse à 0,10%. On peut aussi, si l’on se trouve isolé à la campagne, appliquer tout simplement de la teinture d’iode.
On peut tenter de calmer la démangeaison par des sédatifs légers ou des antihistaminiques. Les crèmes à base de cortisone sont très efficaces, mais il faut bien entendu qu’elles soient associées au traitement de la cause. Il existe malheureusement des cas pour lesquels les traitements sont inefficaces. Ce sont les faux pieds d’athlète que réalisent parfois les psoriasis, que ce soit le psoriasis simple localisé aux ongles des orteils et entre les orteils, ou que ce soit le psoriasis pustuleux dont les éruptions simulent la dysidrose.
Ces cas sont d’autant plus difficiles que dans les plis le psoriasis est habité souvent par une levure ou dermatophyte, ce qui fait que le psoriasis est intriqué avec un « athletic foot ». Coïncidence qui va compliquer sérieusement pour le médecin le diagnostic et aussi le traitement.