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 Le rôle du médecin de famille

Le médecin de famille est quelqu’un que l’on connaît bien, qui nous connaît bien, et en qui on a toute confiance. Sa porte est peut être la première à laquelle ira frapper la personne qui a un problème d’alcool. Pourquoi pas, à condition que le médecin ait l’honnêteté, le cas échéant, de reconnaître ses lacunes en ce domaine si particulier, et qu’il indique d’autres portes. Trop souvent, les médecins de quartier estimeraient déchoir, aux yeux de leurs patients fidèles, en avouant leur incompétence face aux problèmes d’alcool, et en les adressant à un spécialiste en alcoologie. Les pires prennent le problème à la légère. Lorsque leurs patients leur confient leurs difficultés avec la boisson, ceux là répondent d’une mine débonnaire qu’eux aussi boivent trop, que tout le monde boit trop, et que ce n’est pas une raison pour craindre d’être alcoolique. Cela semble curieux comme réponse de la part d’un médecin, mais cela existe bel et bien. Ce type de dialogue prouve bien la gravité du malentendu. Le médecin ne sait pas ou ne veut pas entendre ce que lui dit son patient. Il préfère donc banaliser sa détresse en espérant l’anéantir. L’alcoolique en sera d’autant plus blessé et désespéré que, justement, il se sent unique.

D’autres médecins, non spécialistes, plus ouverts aux appels au secours de leurs patients, consulteront consciencieusement leur « Vidal » pour savoir ce qu’il faut donner à quelqu’un qui veut s’arrêter de boire. Ils découvriront qu’un mélange de tranquillisants et de vitamines B peut faire l’affaire et ils s’en tiendront à cette prescription, prononceront quelques paroles réconfortantes et diront à leurs patients de revenir les voir la semaine suivante.

Sans que cela remette en cause leur valeur professionnelle, il faudrait que les médecins, qui ont déjà eu ce type d’expérience, prennent conscience que les problèmes d’alcool sont très particuliers et délicats à traiter et que, lorsque cela se présente, mieux vaut orienter le patient vers un médecin ou un service hospitalier spécialisé en alcoologie. Il existe également une autre solution, pour ceux que cela intéresse et qui ont le désir de s’informer : assister à des cours ou des sessions sur les problèmes spécifiques de l’alcool organisés, depuis quelques années, par de nombreux hôpitaux et associations dont c’est la spécialité.

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