Le mot torticolis vient du latin, tortum col/urn, qui signifie cou tordu. Il existe plusieurs maladies qui peuvent être à l’origine d’un certain degré de torsion du cou avec position vicieuse de la tête mais, en règle générale, lorsqu’on parle de torticolis, il s’agit du torticolis musculaire, permanent, dû à la rétraction d’un muscle long, le sterno cléidomastoïdien placé de chaque côté du cou qui va de l’apophyse mastoïde à l’extrémité supérieure du sternum. La rétraction de ce muscle d’un seul côté entraîne la tête vers le bas dans un mouvement de torsion qui la fait pencher du côté douloureux et détourne la face du côté opposé. La tête est bloquée dans cette position et le malade n’ose pas la bouger (et même ne peut pas la bouger) car le muscle est contracturé et le moindre mouvement de la tête déclencherait une douleur insupportable.
Le torticolis pourrait donc être considéré comme une maladie articulaire. En effet, il y a toujours à l’origine d’un torticolis une arthrose ou rhumatisme des vertèbres cervicales qui entraîne une irritation douloureuse du nerf cervical correspondant. Cette douleur névralgique provoque une contraction réflexe des muscles du voisinage destinée à bloquer les articulations vertébrales douloureuses. C’est cette contraction prolongée qui se transforme en contracture permanente avec rétraction musculaire laquelle donne le torticolis.
Tout d’abord alerter un médecin, et en l’attendant quelques moyens non négligeables sont à votre disposition pour vous soulager : la chaleur, l’aspirine et les massages doux.
L’aspirine à la dose de 0,5 g pour un adulte atténue quelque peu la douleur, surtout si vous faites en même temps des applications chaudes au niveau du cou (bouillotte chaude ou compresses humides chaudes). Un peu plus tard, massez doucement le cou, avec ou sans onguent, en suivant le trajet du muscle sterno cléido mastoïdien qui va de derrière l’oreille (mastoïde) à l’extrémité supérieure du sternum.
Le médecin vous conseillera tout d’abord le repos allongé sur le dos avec un oreiller souple et vous prescrira des médicaments à effets antirhumatismal, anti inflammatoire et antialgique. On dispose actuellement ’de toute une gamme de médicaments possédant tous ces effets réunis, mais il s’agit de médicaments d’un maniement délicat et même dangereux chez les sujets porteurs d’une lésion de l’appareil digestif ou des reins. Si donc vous êtes atteinte d’un ulcère d’estomac, d’une rectocolite hémorragique, d’un calcul vésiculaire ou rénal et si le médecin que vous avez appelé pour votre torticolis n’est pas votre médecin habituel, avertissez le des troubles dont vous pourriez souffrir par ailleurs. Quelquefois le médecin essaie de faire une infiltration profonde de la région douloureuse avec une solution de novocaïne à 1 % mais les résultats ne sont pas très probants.
En fait, il faut attendre le résultat d’une radiographie des vertèbres du cou que le médecin va demander, pour faire un pronostic de l’évolution du torticolis. Cette radiographie va montrer soit un défaut de courbure du rachis cervical (scoliose, rectitude, inversion de courbure) soit des lésions d’arthrose au niveau des vertèbres qui peuvent être un tassement vertébral, un rétrécissement des orifices intervertébraux par où les nerfs sortent de la colonne vertébrale, ou encore des ostéophytes osseux appelés communément becs de perroquet. Les défauts de courbure du rachis relèvent de massages et de rééducation motrice, les lésions d’arthrose relèvent d’un traitement antirhumatismal.
Enfin, lorsque le torticolis est très douloureux et persistant, il faudra avoir recours à l’usage d’une minerve qui est une sorte de corset destiné ’à immobiliser la tête et le cou. On utilisait il y a peu de temps encore des minerves plâtrées lourdes et désagréables à porter. On emploie actuellement des minerves en plastique qui sont légères et se lacent sur le côté. La minerve procure une sédation des douleurs après 24 h environ. Elle est laissée en place de 5 à 15 jours et son retrait est suivi de séances de massages et de rééducation motrice.