Les blessures aux mains

Avant tout ce sont les aiguilles et les épingles. Ce qui explique que ce soient les femmes qui paient le plus lourd tribut à ce type de blessure. Mais les enfants qui aiment jouer avec des objets piquants en sont aussi très souvent les victimes. Viennent ensuite les clous et les échardes de bois qui sont à l’origine des blessures des ouvriers et des agriculteurs. A signaler également des fragments métalliques (fil de fer, limaille), des débris végétaux (roseaux), et des épines animales (oursins). Au niveau des orteils il s’agit le plus souvent de blessures par clous ayant traversé la semelle de la chaussure et l’été lorsque les estivants marchent pieds nus, de blessures par épines végétales ou par pointe d’oursin.

Les différentes blessures

Lorsque le corps étranger est ressorti de la plaie et que l’on est certain qu’il n’en demeure aucun fragment, la conduite à tenir est très simple. Appliquez un pansement standard sur le doigt ou sur l’orteil et consultez un médecin qui prescrira un antibiotique pour juguler l’infection locale et un sérum antitétanique ou un rappel de vaccin antitétanique si le sujet a été vacciné récemment.

Lorsque le corps étranger demeure fiché dans la plaie, s’il est possible de le saisir on le retire facilement en se servant de pinces à épiler et on vérifie son intégralité lorsque cela est possible. Parfois la pointe du corps étranger peut être fichée dans l’os (phalange) et l’extraction peut présenter quelques difficultés. Dans ce cas il vaut mieux attendre le secours du médecin. Après l’extraction on reprend le schéma thérapeutique précisé plus haut (antibiotiques et sérum antitétanique).

 Lorsqu’un morceau du corps étranger demeure dans la profondeur de la plaie ou lorsque le corps étranger lui même est inaccessible, il ne faut procéder à aucun essai d’extraction, car ces manoeuvres sont douloureuses et ne servent le plus souvent qu’à enfoncer le corps étranger plus profondément. Il faut recouvrir la blessure d’un pansement et conduire le blessé chez un médecin. Celui ci prescrira quelquefois une radiographie pour localiser le corps étranger et en tout cas procédera avant l’extraction à une anesthésie locale du doigt afin de pouvoir agrandir l’orifice de la blessure. Une radiographie postopératoire de contrôle est parfois utile pour vérifier si l’extraction du corps étranger a été totale. Les orifices de ces blessures sont en effet presque toujours minuscules, peu saignants et les pansements locaux n’ont donc qu’une utilité relative. Les antibiotiques ont transformé le pronostic de ces blessures et l’on se soucie peu de les maintenir ouvertes ou de les drainer. Antibiotiques et sérum antitétanique suffisent à écarter les risques d’infection. 

Localisation particulière

Corps étranger aigu implanté sous l’ongle ou à travers l’ongle. Il s’agit d’une localisation particulièrement douloureuse nécessitant presque toujours une anesthésie locale du doigt avant de procéder à l’extraction. Cette blessure peut se compliquer d’un petit épanchement de sang (hématome) sous unguéal très douloureux lui aussi et qui justifie soit l’ouverture d’un pertuis au niveau de l’ongle pour laisser s’écouler le sang, soit même l’extraction de l’ongle.

Blessures particulières

  • Par épine de rose.

Les épines de roses sont souvent porteuses à leur surface de virus dont l’inoculation à l’homme peut entraîner une maladie ganglionnaire identique à la maladie des griffes du chat. Assez fréquente dans le Midi de la France, cette blessure était considérée comme grave avant l’apparition des antibiotiques.

  • Par pointe d’oursin.

Cette blessure ne présente aucune gravité particulière, sauf si un fragment demeure en place au fond de la plaie.