Les bosses suspectes

Si vous découvrez une bosse suspecte au niveau de l’aine, ne vous affolez pas mais consultez rapidement le médecin.

Comment porter un diagnostic exact

Imaginez d’abord une ligne droite suivant exactement le pli de l’aine, c’est à dire le pli de flexion de la cuisse sur le tronc.

  • Si la bosse se situe au dessus de cette ligne, si elle est molle et non douloureuse, si elle peut quelquefois disparaître lorsqu’on la comprime en position couchée ; il s’agit d’une hernie inguinale, assez rare chez la femme.
  • Si la bosse se situe au dessous de cette ligne, c’est à dire dans la partie haute de la face interne de la cuisse, si elle est molle et non douloureuse, si elle peut disparaître quelquefois lorsqu’on la comprime en position couchée, il s’agit sûrement d’une hernie crurale. Elle est fréquente chez la femme.
  • Si la bosse se situe au dessous de la ligne du pli de l’aine ou à cheval sur cette ligne, si elle est ferme, fixe, plutôt ovale, non réductible par la pression en position couchée, non adhérente à la peau et légèrement sensible à la pression il s’agit sûrement d’un ganglion. On peut trouver d’ailleurs dans le voisinage de ce gros ganglion de petits ganglions satellites légèrement sensibles au toucher.
  • Si la masse se situe au dessus ou au dessous de la ligne du pli de l’aine, si elle est molle, bien ronde, non douloureuse, non réductible par la pression, adhérente parfois à la peau, il s’agit d’un kyste graisseux de la peau ou lipome.

Traitement

La hernie, qu’elle soit inguinale ou crurale, contient une anse ou plutôt une partie d’une anse intestinale accompagnée par la partie correspondante du péritoine. Elle relève d’un traitement chirurgical destiné à refouler l’anse intestinale, réduire le sac de la hernie et fermer l’orifice herniaire. Le port d’un bandage orthopédique avec pelote destinée à comprimer la hernie n’est qu’un palliatif en général insuffisant dont il faut bien se garder de prolonger l’usage. L’orifice herniaire risque en effet de s’agrandir en même temps que les muscles abdominaux perdront de leur tonicité et les chances d’une cure chirurgicale efficace et définitive de la hernie risqueront de se trouver compromises. La hernie en effet risque de récidiver après l’intervention et si la technique opératoire a ici son importance, c’est surtout la qualité des muscles abdominaux qui est responsable de l’échec ou de la réussite de l’opération. Un autre élément qui va jouer un grand rôle dans cette réussite c’est le repos postopératoire. Pendant une durée d’un mois et demi à deux mois après l’intervention, il faudra éviter tout effort musculaire abdominal et surtout les efforts occasionnés par la défécation. Il faudra donc traiter énergiquement toute constipation et même la prévenir en utilisant régulièrement des laxatifs doux (huiles, mucilages). On pourra aussi pratiquer avant l’intervention et après le repos postopératoire une gymnastique abdominale qui améliorera la tonicité musculaire. Si ces quelques précautions sont respectées, la hernie inguinale ou crurale demeure, malgré son pronostic chirurgical inévitable, une maladie relativement bénigne. Quant à sa complication par étranglement ou hernie étranglée, qui est elle redoutable, elle peut soit survenir sur une hernie banale (surtout crurale) trop longtemps conservée ou apparaître d’emblée, mais il s’agit alors d’une manifestation très douloureuse qui ne peut entrer dans le cadre de cette étude limitée au diagnostic d’une masse inguinale non douloureuse.