L’affrontement, le traitement, et même le soutien, rien de tout cela ne suffit si vous vous contentez de laisser vos enfants s’égarer à nouveau dans une vie remplie de drogues. Vous n’êtes sans doute pas à même de faire disparaître toutes les drogues du monde, mais vous avez le pouvoir de faire de votre maison, pour vos enfants, une zone débarrassée de la drogue. Nous avons déjà parlé du besoin de modifier vos propres attitudes à l’égard des drogues. Voici d’autres mesures raisonnables que tous les parents doivent incorporer dans leur vie.
Ce sont les parents qui établissent les valeurs dans leur maison. Ils peuvent le faire par l’exemple bon ou mauvais mais ils doivent exposer ouvertement leurs opinions à leurs enfants. Dans les pages suivantes, nous fournirons des conseils généraux sur ce qu’il faut dire à propos des drogues, mais les parents ne doivent pas s’arrêter là. Dès son plus jeune âge, votre enfant doit vous entendre parler d’honnêteté, de responsabilité et de la façon de prendre la bonne décision. Faites en sorte de pratiquer ce que vous prêchez.
Les enfants qui prennent de la drogue doivent savoir sans équivoque qu’ils vont être punis. Si vous leur avez parlé à mesure qu’ils grandissaient, ils doivent déjà comprendre les raisons de ces règles ; sinon, assoyez vous maintenant avec eux et faites le. Utilisez les discussions familiales pour laisser vos enfants prendre part à l’établissement des règles et des punitions appropriées. Non seulement cela les aide à acquérir le sens des responsabilités, mais ils ne pourront dire, plus tard, que la punition est injuste si les règles sont enfreintes. Les règles familiales doivent être valables en toute occasion et dans toutes les situations : à la maison, chez des amis, lors de fêtes. Appliquez la punition exactement comme vous l’avez énoncée, puis assurez vous que l’enfant sait que vous serez encore plus strict la prochaine fois.
Ecartez la tentation du chemin de votre enfant. Mettez sous clef tout alcool que vous gardez pour votre usage personnel. Enlevez la bière du réfrigérateur et le vin du porte bouteilles.
Ne gardez jamais de médicaments vendus sur ordonnance éparpillés à moins qu’ils ne soient nécessaires : les vieux flacons de pilules donnent aux jeunes la tentation de planer facilement. Nettoyez votre armoire à pharmacie. Même les produits vendus sans ordonnance que l’on trouve dans toute pharmacie ou tout supermarché surtout des médicaments pour le rhume à forte teneur en alcool, les somnifères, les comprimés de caféine et les pilules pour maigrir peuvent donner lieu à des abus par les jeunes.
II va sans dire que tout adulte qui garde des drogues illégales à la maison envoie un message clair selon lequel il est correct de prendre de la drogue. Quels que soient vos sentiments à propos de la légalisation ou de la décriminalisation de la drogue, vous ne pouvez amener vos enfants à obéir à la loi s’ils vous voient l’enfreindre.
Cependant, les parents ne doivent pas s’arrêter là. Vous devez aller plus loin et frapper du même interdit l’alcool et le tabac. Rappelez vous : si d’autres vendent l’un ou l’autre à vos enfants, ils commettent un crime. Partager de l’alcool et du tabac avec vos enfants, ou leur permettre d’en utiliser à la maison constituent également des crimes contre eux.
Si un enfant passe trop de temps sans supervision, cela lui en donne suffisamment pour filer en douce et prendre de la drogue, pour s’ennuyer tellement que la drogue semble une meilleure option, pour fréquenter d’autres consommateurs de drogues. Il n’est pas nécessaire, pour les parents, de passer chaque minute avec leurs enfants. Travaillez plutôt avec vos enfants à leur donner des horaires d’activités et des buts qui leur permettront de faire un emploi constructif de leurs journées. Les enfants qui ont des problèmes de drogues reconnus auront peut être besoin d’un véritable horaire écrit, sur lequel parents et enfants s’accorderont à l’avance. Bien entendu, assurez vous qu’ils respectent leur horaire et qu’ils savent quelles punitions sont liées au non respect des règles.
Il est difficile, dans un monde qui se drogue, de faire d’une maison individuelle une enclave affranchie en permanence de la drogue. D’autres parents doivent affronter des problèmes semblables avec leurs enfants. Parlez leur. Autant que possible, essayez de faire de votre rue ou de votre quartier une zone à l’abri des drogues. Faites connaissance avec les parents des amis de votre enfant. Chaque foyer qui collabore est un endroit de moins où vos enfants pourraient facilement trouver des drogues. Aidez à l’organisation de danses sans alcool ni drogue à votre école, ou travaillez avec les troupes de scouts pour faire passer le message antidrogue. Les communautés ont plus d’influence que les couples. Les jeunes peuvent aussi trouver du soutien auprès d’autres personnes de leur communauté qui les aideront à ne plus prendre de drogues, soit en soutenant les efforts de leurs parents, soit en se substituant à eux si leurs parents ne sont pas disponibles.
Les gens qui travaillent en vue d’atteindre un but positif travaillent plus fort que ceux qui s’efforcent de ne rien faire. Ayez pour buts une vie saine, une famille unie, une perspective optimiste. Mettez l’accent sur ce qui est fait maintenant, plutôt que de harceler, d’accuser ou d’interpeller les enfants pour ce qu’ils ont fait de mal. Tim l’a fait chez lui :
Un jour, je me suis assis et j’ai écrit tous les aspects négatifs et positifs que j’avais entendus ou lus ce jour là. Ma colonne négative était très longue et ma colonne positive n’avait que quelques lignes. Le soir, au dîner, j’ai lancé une nouvelle tradition chez moi. Nous faisons nos prières, puis je demande à chacun de mes trois enfants de dire quelque chose de positif, à propos de n’importe quoi, sauf de la nourriture que nous mangeons. Mes enfants disent des choses comme « Je suis content que mon ami soit venu me voir » ; « J’aime ma maman et mon papa » ; « Je me suis bien amusé à l’école ».
Les deux premiers jours, mes enfants ont résisté, mais par la suite, ils sont vraiment entrés dans le jeu et c’est devenu une tradition. Quand nos amis ou notre parenté nous rendent visite, nous les faisons participer. L’essentiel, c’est que chacun dise quelque chose de positif, y compris maman et papa. J’ai remarqué que, parce que leurs parents participent, les jeunes ont plus hâte d’y prendre part. Ils ont beaucoup d’intérêt pour ce que nous avons à dire. Je crois que cela va influencer durablement la façon dont ils envisagent et affrontent les nombreuses facettes de la vie.
Ce sont vos enfants. Vous les connaissez mieux que quiconque. Si vous croyez qu’ils commencent à prendre de la drogue ou qu’ils y retournent, n’hésitez pas à traduire vos sentiments en gestes. Tim termine en disant :
Je crois vraiment que Dieu a donné aux parents le cadeau de l’intuition, qu’ils ne devraient jamais ignorer. Lorsque la drogue et l’alcool seront en cause, votre intuition vous le dira. J’ai parlé à des milliers de parents qui essaient de s’imaginer ce qui arrive à leur enfant. Après avoir parlé des nombreux indices et des changements de personnalité, je demande toujours : « Quelle est votre intuition ? » Les parents sont comme tout le monde. Ils veulent savoir à coup sûr, mais ils veulent que quelqu’un d’autre leur dise : « Oui, votre enfant se drogue. » Souvent, je vois ce regard sur leur visage et je sais que leur intuition les guide dans la bonne direction. Cherchez un problème s’il existe et tentez impitoyablement de le résoudre.