Les corps étrangers dans l’oreille

L’oreille est divisée en trois parties. L’oreille externe comprend le pavillon de l’oreille et le conduit auditif externe, sorte de tuyau, fermé à son extrémité interne par le tympan, membrane vibrante. Le rôle de l’oreille externe est de capter le son et de le conduire par simple transmission aérienne jusqu’au tympan. Celui ci, sous l’effet de l’onde sonore, va se mettre à vibrer ; cette vibration se transmet à la seconde partie de l’oreille ou oreille moyenne, située de l’autre côté du tympan. Cette oreille moyenne est une véritable caisse de résonance, où le son se propage dans l’air, mais y subit aussi des modifications d’intensité. Les vibrations sont transmises à la troisième partie ou oreille interne, grâce à une membrane vibrante. L’oreille est donc exposée comme tant d’autres orifices naturels du corps à l’irruption de corps étrangers à l’organisme. Le plus souvent l’agression ne concerne au départ que le conduit auditif externe qui ne comporte aucun organe très fragile. Le seul risque est la perforation du tympan.

Mais ce corps étranger va irriter sinon blesser les parois du conduit entraînant une inflammation et favorisant l’infection. Celle ci va s’étendre à l’oreille moyenne, parfois même à l’os périphérique et à l’oreille interne entraînant alors des lésions irréversibles.

De même toute tentative maladroite d’extraction peut entraîner ces mêmes lésions et leur surinfection. Il est donc préférable de s’adresser à un médecin spécialisé.

La nature du corps étranger

Le plus souvent la mère sait que l’enfant vient d’introduire un objet dans son oreille, soit de façon accidentelle, soit de façon volontaire de la part de l’enfant (jeux) ou de la mère (toilette). Il convient alors de ne pas s’affoler et d’essayer de préciser avant toute chose la nature de l’objet :

  • Ce peut être un petit insecte et le bruit que fait l’animal en volant et en se cognant contre les parois devient vite mal supporté, quant à la piqûre pour certaines espèces, elle entraîne une vive douleur avec tuméfaction du conduit.
  • Ou bien un objet inerte. Ici encore il convient de distinguer : les objets homogènes et fermes qui ne risquent pas de se dissocier et dont la facilité d’extraction dépend de la présence ou non d’aspérités ; les objets absorbants et qui risquent de se fragmenter quand on veut les enlever (tel le coton). Il convient de ne jamais verser d’eau dans l’oreille car cela les fait gonfler et facilite leur dissociation ; ou bien encore un liquide corrosif qui risque d’atteindre l’oreille moyenne sinon interne et d’y déterminer des lésions irréversibles. Dans ce cas en particulier, il s’agit d’une urgence médicale.

Des gestes à faire et à ne pas faire

Une fois précisée la nature du corps étranger, la mère doit savoir quels sont les gestes à faire et les gestes à ne pas faire : ne jamais laver l’oreille avec de l’eau ; ne jamais tenter d’extraire le corps étranger par des manoeuvres manuelles répétées et forcées, à plus forte raison à l’aide d’un instrument car les risques (perforation du tympan, plaie parfois très hémorragique) sont supérieurs aux avantages de la méthode.

Par contre, certains gestes pourront être pratiqués :

  • En cas d’insecte, remplir le conduit avec de l’alcool ou de l’huile légèrement tiédie, ou boucher l’orifice externe du conduit avec du coton imbibé d’éther, mais sans enfoncer le coton.

Au bout de quelques minutes quand l’insecte est mort, s’il ne tombe pas de lui même lorsque l’enfant penche la tête, ne pas insister.

De toute façon, il faudra aller consulter le spécialiste, soit pour l’enlever, soit pour faire un bilan des lésions.

  • En cas de graine végétale, conduit avec de l’alcool à déshydrate.
  • Dans tous les cas c’est le spécialiste qui fera le diagnostic exact et l’extraction : soit par simple lavage (comme pour les bouchons de cérumen) ; soit avec des spatules mousses ; soit dans certains cas sous anesthésie générale et sous microscope.

Ce traitement rigoureux et le moins traumatique possible permettra d’éviter les complications essentiellement infectieuses.