Les crampes
Les crampes avec contraction musculaire
peuvent survenir au repos et l’effort n’est pas une circonstance déclenchante spécifique. Ce type de crampe s’observe surtout au cours de certaines maladies du système nerveux.
Les crampes par contracture
surviennent volontiers à l’exercice. Elles s’observent essentiellement au cours de maladies frappant les muscles (myopathies).
Les crampes d’effort du sportif
méritent d’être étudiées à part.
Elles se répartissent en deux grands groupes : les troubles hydro électrolytiques et la fatigue musculaire localisée.
- Dans le premier groupe, la crampe se produit au cours d’une contraction volontaire ou spontanément mais ne survient pas spécifiquement à l’effort. Il peut s’agir de déperditions de sodium par excès de sudation (effort physique en atmosphère chaude). La survenue de crampes est alors bien connue (crampes des soutiers). Il se produit une déshydratation extra cellulaire avec hyperhydratation cellulaire. Les désordres du taux de potassium sanguin sont également pourvoyeurs de crampes. L’emploi mal contrôlé de diurétiques dans un but de limitation de poids, en particulier pour les sports de combat, conduit fréquemment à une baisse du potassium sanguin. Moins souvent il s’agit d’un excès de potassium par apport excessif, paradoxalement destiné à prévenir la survenue des crampes.
- Dans le deuxième groupe où la crampe est provoquée par la fatigue musculaire localisée, il peut s’agir d’un trouble de la statique avec asymétrie de l’attitude et du travail musculaire : scoliose, raccourcissement d’un membre, maladie de la hanche. Quelquefois un matériel mal adapté provoque une contraction dysharmonieuse : crampes des muscles plantaires en cas de chaussures mal ajustées, crampes des mains qui se crispent sur une barre fixe trop fine ou sur le manche étroit d’une raquette. Souvent c’est une mauvaise technique ou une mauvaise position qui surcharge un muscle. La découverte du défaut sera facilitée par le fait que la crampe est toujours située du même côté, ou survient toujours dans le même geste ou au niveau du même muscle.
Le trouble circulatoire intervient également dans la production des crampes. Il s’agit d’une véritable insuffisance vasculaire au cours de l’effort. Parfois, cette insuffisance circulatoire est relative et résulte d’un déséquilibre entre la demande de travail et les réserves énergétiques locales disponibles.
La fatigue musculaire peut être considérée chez un sportif présentant des crampes comme un défaut d’entraînement. En effet, l’entraînement permet d’augmenter le contenu en glycogène des fibres musculaires et donc de disposer d’une plus grande quantité de substance énergétique locale.
Un facteur important est l’échauffement musculaire précédant un exercice car il favorise les échanges d’oxygène et, en cas d’exercice extrêmement intense, la consommation maximale d’oxygène peut être atteinte en moins d’une minute. En ce qui concerne les crampes après effort, on sait que l’acide lactique, qui joue certainement un rôlefavorisant dans leur survenue, ne diffuse que lentement à partir du muscle. On a montré que la disparition de l’acide lactique accumulé dans l’organisme à la fin d’un exercice épuisant était accélérée si, lors de la période de récupération, le sujet continuait à fournir un exercice d’intensité faible, ne déterminant pas normalement la production d’acide lactique : c’est classiquement le trot ou la marche du sprinter après sa course.
Le traitement
- Les moyens physiques sont très importants dans le traitement et la prévention des crampes du sportif, en particulier les massages et la chaleur.
Les médicaments doivent être administrés avec prudence et en aucun cas constituer un traitement au long cours.
- Les myorelaxants ne sont pas dépourvus d’effets secondaires, en particulier sur la vigilance. Quelquefois ils provoquent une diminution de la force de contraction, évidemment très gênante pour le sportif.
- Les dérivés de la quinine favorisent la sudation à l’effort, ce qui est aussi gênant.
- Le calcium et le magnésium sont indiqués si les crampes s’associent à une tétanie ou une spasmophilie.
Des composés divers et d’efficacité variée, agissant sur le métabolisme cellulaire, ont été proposés, en particulier les vitamines B.