Les diarrhées

C’est au médecin de découvrir ce qui a pu déclencher la diarrhée, mais votre aide lui sera indispensable.

Les diarrhées bénignes

Les diarrhées physiologiques de l’enfant nourri au sein

Il s’agit de l’émission de six à huit selles assez mal liées, par jour, de couleur jaune paille et qui accompagnent chaque tétée. On considère cette diarrhée comme normale, car elle est consécutive à l’excès de lactose du lait maternel. Il ne faut pas sevrer l’enfant, mais surveiller le régime de la mère.

Différents aliments, administrés trop tôt à un bébé, peuvent provoquer des diarrhées.

Les diarrhées passagères dues à un écart de régime

Les oeufs, les viandes, les artichauts, les raisins, les oranges, donnés en trop grande quantité, ou trop précocement, peuvent entraîner une diarrhée.

Les diarrhées aigues

Les gastro entérites

Elles sont imputables à un microbe virulent (colibacille staphylocoque) logé dans l’intestin. Elles sont plus fréquentes dans les collectivités (crèches et écoles). On peut identifier le germe responsable au moyen d’une analyse bactériologique des selles. Le traitement consiste à prendre des antibiotiques et des ferments lactiques et à suivre des règles diététiques préconisées pour les diarrhées.

Les diarrhées d’accompagnement dues à un microbe logé ailleurs que dans l’intestin

Le microbe se loge le plus fréquemment dans la sphère otorhinolaryngologique. Un traitement de l’infection O.R.L. et un régime diététique approprié arrêteront ce genre de diarrhée.

Les diarrhées dues aux antibiotiques

La prise de ces médicaments entraîne souvent des diarrhées, mais il ne faut pas les arrêter sans l’avis du médecin. Le traitement consistera en l’absorption de ferments lactiques et en suivant un régime diététique.

Les diarrhées chroniques

Elles sont dues, soit : à une erreur de régime comme, par exemple, des farines données trop précocement ou en trop grande quantité ; à une intolérance au lait de vache ; à une intolérance aux sucres contenus dans le lait.

Les selles sont volumineuses, molles, jamais totalement liquides. S’il n’y ’a pas de risque de déshydratation, elles entravent néanmoins le développement de l’enfant, qui perd du poids. 

Les cas graves et les mesures diététiques à prendre

Chez le nourrisson, toute selle liquide, ou simplement trop pâteuse, doit être prise au sérieux. Il est toujours plus prudent de prendre l’avis du médecin, mais en attendant sa venue il faut parer au plus pressé, c’est à dire : évaluer le degré de gravité de cette diarrhée ; prendre rapidement des mesures diététiques. Elles sont toujours indispensables, même si la diarrhée est bénigne ; rechercher ce qui a pu la provoquer.

La gravidité de la diarrhée

Le grand danger des diarrhées demeure le risque de déshydratation.

On appréciera ce risque de déshydratation sur deux données : l’aspect des selles et l’état général du nourrisson.

L’aspect des selles

  • Plus elles sont liquides et fréquentes (toutes les demi heures) et plus le risque de déshydratation est grand, particulièrement chez l’enfant de moins de 3 mois.
  • L’émission de selles pâteuses et espacées, en revanche, n’entraîne pas un risque immédiat de déshydratation.
  • La couleur des selles n’a pas grande importance, elle ne reflète que le temps passé dans l’intestin.

L’état général du nourrisson

  • Si, en plus de la diarrhée, l’enfant a une fièvre élevée, s’il est amorphe et surtout s’il vomit beaucoup sans pouvoir absorber du liquide, il faut appeler d’urgence le médecin. Une réhydratation, par voie intraveineuse, sera probablement envisagée.
  • Lorsque le nourrisson, même fébrile, garde sa vivacité habituelle, que son appétit est peu altéré, et surtout lorsqu’il est possible de le faire boire à volonté, il n’y a pas lieu de s’inquiéter, il s’agit, sans doute, d’une diarrhée banale.

Les mesures diététiques

Elles sont indispensables dans toutes les diarrhées, quelles que soient leur origine et leur gravité.

Ce qu’il faut faire

  • Donner à boire à l’enfant, autant qu’il veut. Les boissons recommandées sont de l’eau sucrée, de l’eau salée (soupe de carottes), du thé léger (après 5 à 6 mois) ou de l’eau de riz. Ces liquides devront être donnés par petites quantités (20 à 30 g tous les quarts d’heure). Si l’enfant vomit, lui donner un liquide glacé.
  • Compte tenu de l’intensité de la diarrhée, il faut : soit supprimer le lait et le remplacer par des boissons anti diarrhéiques ; soit couper les biberons de lait avec les mêmes boissons ; soit, lorsque l’enfant est au sein, alterner l’allaitement au sein et la boisson anti diarrhéique, soit tirer le lait et le mélanger avec la boisson antidiarrhéique choisie. Il n’est pas recommandé d’arrêter l’allaitement maternel.

Aliments anti diarrhéiques

  • Soupe de carottes. Il faut administrer non seulement le bouillon de cuisson, mais surtout la pulpe des carottes. Faire cuire, pendant 1 h 30, 500 g de carottes (coupées en rondelles) dans 1 l d’eau. Passer au moulin à légumes et ramener la quantité à 1 l avec de l’eau bouillie. Saler ou sucrer, conserver au réfrigérateur. On peut également prendre 100 g de carottes en petits pots, les mélanger à 100 g d’eau spéciale pour biberon, pour obtenir 200g de soupe.
  • Eau de riz. On fait cuire du riz pendant 20 à 25 min., on prélève l’eau de cuisson.
  • Farine de caroube en décoction.

Si le bébé a plus de 5 mois :

  • Pommes crues râpées, bananes écrasées, gelée de coing ou farine de riz.


Exemple de réalimentation progressive

On remplace la quantité d’eau habituelle par une boisson anti diarrhéique. Le 1er jour de transition, on rajoute, à chacun des biberons, une mesure de lait de régime. Le 20 jour, si les selles reprennent une consistance normale, on augmente la ration de lait, et ainsi de suite jusqu’à obtention de la dose de lait habituelle. Puis en 2 ou 3 jours on supprime la boisson anti diarrhéique.

Ce qu’il ne faut pas faire

  • Donner insuffisamment à boire à l’enfant, sous prétexte qu’il ne garde rien.
  • Continuer à donner du lait pur, c’est une erreur même en cas de selles molles, car on risque de voir apparaître des selles liquides.
  • Passer sans transition d’un régime anti diarrhéique à un régime normal.