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 Les diarrhées aiguës

Les voyages pour raisons d’affaires ou de tourisme se multiplient et avec eux les diarrhées aiguës. Les diarrhées observées au retour d’un séjour à l’étranger ont très souvent pour origine des causes infectieuses ou sont liées à la présence d’un parasite. Si le choléra est toujours e l’épouvantail », il faut bien reconnaître qu’il ne frappe, en fait, jamais les touristes vivant dans des conditions d’hygiène minimale. Par contre, certaines formes de paludisme dont les premières manifestations sont souvent diarrhéiques peuvent être mal connues des médecins, ce qui retarde le traitement salvateur. La diarrhée a pu apparaître en cours de séjour, dans l’avion du retour ou seulement quelques jours après le retour dans le pays d’origine, il peut s’agir d’une diarrhée isolée ou s’accompagnant de fièvre, nausées et vomissements, apparaissant soit dans les heures qui ont suivi une fantaisie alimentaire ou bien quelques jours après. Il peut s’agir aussi de selles fécales, molles ou liquides, avec présence ou absence de glaires et de sang, existence de coliques ou de spasme rectal. Il faut signaler aussi s’il y a eu prise ou non de désinfectants intestinaux à titre préventif ainsi que celle d’une chimio-prophylaxie contre le paludisme.

Les causes

Les salmonelloses :

le tourisme apporte un lot non négligeable de fièvres typhoïdes dues à des germes particuliers du type salmonelle. Cela n’est pas surprenant car on connaît la fréquence de ces germes dans toutes les zones chaudes du globe et la multiplicité des risques alimentaires dans ces régions. Les grands pourvoyeurs sont en effet les repas « douteux » et, notamment, les repas de coquillages : moules, huîtres ou autres. Ces diarrhées sont généralement guéries par le chloramphénicol.

Les shigelloses :

les shigelles sont également assez fréquemment responsables de diarrhées aiguës chez les voyageurs. Les manifestations peuvent être celles d’une dysenterie bacillaire avec fièvre élevée, syndrome dysentérique franc avec émissions de glaires et de sang et début de déshydratation, ou se résumer à une diarrhée d’intensité moyenne cédant spontanément. Dans la plupart des cas, les shigelles mises en évidence sont sensibles à tous les antibiotiques habituels, mais on rencontre des résistances du germe aux traitements chez les malades revenant de l’Inde, de Turquie et d’Egypte. Le germe en cause, S. Flexneri, est en effet résistant aux cyclines, aux sulfamides et au chloramphénicol et n’est sensible qu’à l’ampicilline.

Le choléra :

bien que le choléra soit la hantise des voyageurs circulant en zone suspecte, le vibrion cholérique n’occupe en fait qu’une place très modeste parmi les responsables des diarrhées aiguës du voyageur. Les recherches effectuées chez les diarrhéiques revenant d’une zone infectée sont en effet pratiquement toujours négatives.

L’amibiase :

on peut retenir la responsabilité de l’amibe dysentérique dans le déclenchement de la diarrhée aiguë lorsqu’on retrouve le parasite dans les selles, surtout si le malade présente une dysenterie avec douleurs abdominales et émissions glaireuses et sanglantes.

En matière de prophylaxie à conseiller aux voyageurs, la chimio-prophylaxie anticholérique pour ceux qui se rendent en zone d’endémie parait efficace. Elle permet d’éviter la maladie et également le portage des germes par les sujets sains, susceptibles de rapporter le vibrion dans leur entourage. La protection contre l’amibiase est par contre illusoire. Celle contre les salmonelles et les shigelles n’est pas démontrée. Il convient également d’insister sur la nécessité de la chimio-prophylaxie anti palustre pour les touristes se rendant dans les pays tropicaux. La prise de chloroquine doit être quotidienne pendant tout le séjour et six semaines après le retour. Le paludisme demeure, en effet, un redoutable fléau qui tue encore chaque année des voyageurs non prévenus pour lesquels tout commence au retour par une petite diarrhée fébrile.