Les réunions, organisées par ces groupes, apportent une aide inestimable aux alcooliques qui désirent arrêter de boire, ou qui y sont parvenu, mais sans avoir pour autant évacué leur problème. C’est pourquoi vous ne devez pas hésiter à suggérer cela à votre compagnon (ou votre compagne). Peut être n’acceptera t il (elle) pas d’emblée, car ce serait reconnaître son alcoolisme et, pour beaucoup, c’est difficile. Et il n’est bien sûr pas question de l’y forcer. Mais les malades, qui reconnaissent leur alcoolisme, acceptent sans réticence toutes les solutions pouvant les aider à sortir de l’ornière le plus rapidement possible.
Lorsqu’il arrive dans l’un de ces groupes, l’alcoolique est accueilli à bras ouverts par des hommes et des femmes ayant également connu les affres de cette maladie, pour en avoir eux mêmes souffert. Qu’ils soient jeunes, d’âge respectable, riches, pauvres, grands bourgeois ou d’origine modeste, qu’ils soient à la rue, directeurs de société ou rentiers, ces gens ont souffert à cause de l’alcool, mais ils s’en sont sortis et ils sont là pour le dire et le prouver. Ce n’est pas l’image sociale du nouvel arrivant qu’ils voient mais ses difficultés pour régler son problème.
Au cours de ces réunions, les membres du groupe racontent leur histoire, depuis les origines de leur alcoolisation jusqu’à leur libération, en passant par les phases les plus douloureuses de leur parcours. Ils n’omettent aucun détail. Le nouvel arrivant, lui, ne dit rien mais écoute, abasourdi de trouver souvent tant de similitude avec sa propre souffrance, ses difficultés, ses échecs. Mais lui qui est encore en état de détresse, il voit ces gens raconter ce qui le brûle, lui, de l’intérieur, avec le sourire aux lèvres, heureux de s’en être sortis. D’un seul coup, il ne se sent plus seul, ni unique, ni incompris. Ces gens parlent la même langue que lui et il envie leur sérénité. Il comprend très vite que, pour y arriver, il faut qu’il écoute et suive à la lettre les suggestions qui lui sont faites. Il a franchi un grand pas dans la voie du mieux être. Il sait qu’en cas d’angoisse, d’envie panique de boire, il aura maintenant à sa disposition les numéros de téléphone de nouveaux amis qui sauront exactement quoi lui dire pour l’apaiser puisque eux, ils « savent »...
Ces groupes existent partout en France et dans le monde entier, même dans les endroits les plus reculés. Ils ont chacun leurs spécificités, sont gratuits, mais tous ne posent qu’une seule condition : le désir profond de s’arrêter de boire.