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 Les infections par les coquillages

Diffrénts facteurs expliquent la fréquente contamination des fruits de mer. Les parcs artificiels, tout comme les gîtes naturels, sont situés préférentiellement, pour la plupart des coquillages, en bordure des côtes, en particulier dans les estuaires, dans un mélange d’eau de mer et d’eau douce. Les uns et les autres risquent ainsi d’être contaminés par les germes intestinaux humains ou animaux provenant du déversement des eaux d’égouts, du ruissellement des eaux terrestres littorales ou, plus simplement, des baigneurs. Or, les mollusques lamellibranches (moules, huîtres...) absorbent de grandes quantités d’eau de mer et retiennent au passage les impuretés qu’ils vont ainsi concentrer.

En dépit de la surveillance exercée par les organismes officiels, diverses infections peuvent donc être transmises par les mollusques. Ces infections peuvent être bactériennes ou virales.

Les infections bactériennes

Les salmonelloses (fièvres typhoTde et paratyphoïde) :

les coquillages consommés crus ou insuffisamment cuits restent le mode de contage prédominant de la fièvre typhoïde. Toutes les espèces comestibles peuvent être incriminées. En matière de prophylaxie, c’est la cuisson prolongée des coquillages qui apparaît incontestablement être la meilleure. Les coquillages ramassés à proximité des estuaires et des ports exposent, en outre, à des risques de toxi-infection gastro intestinale provoquée par de nombreux germes apparentés aux salmonelles. Le tableau clinique associe, après une incubation de 8 à 12 heures, une fièvre de 38 -39°, des nausées ou des vomissements, des douleurs abdominales et une diarrhée abondante. L’évolution est généralement spontanément favorable en 2 ou 3 jours.

Le choléra et la gastro entérite èvibrion parahémolytique :

le rôle des coquillages comme réservoir de germes du choléra n’est pas démontré. Cependant, le vibrion cholérique survit dans les fruits de mer pendant 2 à 5 jours à la température ambiante et pendant 1 à 2 semaines en réfrigération. Les coquillages peuvent donc être à l’origine de cas de choléra dans les régions où sévit la maladie. Ils s’intègrent dans les épidémies d’origine hydrique.

Des toxi-infections alimentaires avec gastro entérite aiguë fébrile, semblables aux salmonelloses, peuvent être provoquées par le vibrion parahémolytique. Il s’agit d’un germe fréquent dans les eaux littorales chaudes et salées, souillées par des résidus terrestres. Des épidémies de gastro entérite ont ainsi été observées.

Les autres infections è germes intestinaux :

l’ingestion de coquillages infectés par une pullulation microbienne massive d’origine fécale peut provoquer une entérite aiguë rapidement résolutive sans séquelles.

Les intoxications staphylococciques :

rarement le fait des coquillages eux mêmes, une intoxication staphylococcique peut cependant apparaître après consommation de conserves contaminées au cours de leur préparation et insuffisamment stérilisées.

Les toxi-infections è anaérobies :

des germes retrouvés dans l’intestin de nombreuses espèces de poissons peuvent également contaminer certains crustacés. Le botulisme provoqué par la consommation de conserves de crabes contaminés et celle de crustacés crus ou mal préparés est particulièrement redoutable.

Les infections virales

Tous les virus humains susceptibles d’être éliminés par les selles et les urines peuvent être retrouvés dans l’eau de mer et dans les mollusques. Les coquillages contaminés peuvent être responsables d’infections virales sous forme de cas sporadiques ou d’épidémies limitées. Les coquillages transmettent également le virus de l’hépatite infectieuse.

Les autres maladies transmises par des coquillages pollués

La pollution de la faune du littoral maritime par le mercure, le plomb, le cadmium et le mazout inquiète à juste titre l’opinion publique. Des intoxications massives sont déjà survenues dans certains cas. Enfin des intoxications bénignes associant des troubles oculaires et digestifs et régressant spontanément en quelques heures peuvent être provoquées par la consommation de moules ayant ingéré certaines variétés de plancton. Il est, par contre, beaucoup plus exceptionnel d’observer des phénomènes paralytiques, parfois mortels, après consommation de fruits de mer contenant des biotoxines élaborées par le plancton,

Conseils

Si vous avez des troubles digestifs après avoir absorbé des coquillages, la seule chose à faire est de téléphoner au médecin. Il vous prescrira un antibiotique. Avant de manger un coquillage, sentez le, s’il présente la moindre odeur douteuse, jetez le. Mais de nombreux coquillages infectés n’ont pas d’odeur caractéristique.