Les injections intramusculaires

L’injection intramusculaire se pratique avec le même matériel que l’injection sous cutanée, mais il faut une aiguille plus longue, 5 à 7 cm, d’un calibre approprié à la densité de la solution à injecter (gros calibre pour les injections de substances huileuses ou les solutions denses).

Les points d’élection

La zone d’élection est donc la région fessière. Deux éléments sont à éviter : le nerf sciatique et les vaisseaux. Il faut se rappeler que le nerf sciatique se trouve en dessous d’une ligne unissant le sommet du grand trochanter à l’épine iliaque postérieure et à mi distance entre ces deux saillies. La zone libre se trouve donc au dessus de cette ligne ; elle occupe la partie supérieure et externe de la région fessière. Il est classique de citer des points d’élection pour les injections médicamenteuses :

  • Le point de Barthélemy se trouve sur la moitié externe d’une ligne horizontale allant de l’épine iliaque antéro supérieure à l’extrémité supérieure du sillon interfessier.
  • Le point de Fournier se trouve dans le tiers supérieur de la fesse, à sa partie externe.
  • Le point de Gaillot se trouve à l’intersection de l’horizontale qui passe à deux travers de doigt au dessus du grand trochanter et de la verticale passant à deux travers de doigt en dehors du sillon interfessier.

Il est pratique, avantageux et recommandé de piquer le malade allongé à plat ventre. Ainsi le muscle est détendu, l’opérateur est mieux placé et le malade ne risque pas de présenter une syncope émotive.

Sur le malade allongé, il faut injecter au dessus de l’horizontale passant par l’extrémité supérieure du sillon interfessier.

Des veines volumineuses, en dehors de la zone dangereuse, peuvent se rencontrer partout. Il convient donc d’aspirer avant d’injecter. Si l’apparition du sang dans la seringue indique qu’une veine a été ponctionnée, il suffit de retirer un peu l’aiguille ou de changer de place.

La technique

La seringue est remplie, mais il est bon de laisser une bulle d’air qui a la fin de l’injection chasse toute la solution de la lumière de l’aiguille, car celle ci pourrait vider son contenu dans les tissus sous cutanés au cours de son retrait.

La ponction se fait d’un mouvement rapide, la peau étant tendue entre le pouce et l’index et l’aiguille enfoncée perpendiculairement au plan cutané dans la profondeur du muscle, c’est à dire de toute sa longueur pour les aiguilles de 5 à 7 cm. Il est recommandé de piquer avec l’aiguille seule à laquelle on adaptera ensuite la seringue, ainsi le mouvement du poignet est plus sec et si l’on a piqué dans une veine ou une artère on voit sourdre le sang.

L’injection est poussée, l’air est refoulé en fin d’injection et l’aiguille est retirée d’un coup sec tandis que les doigts de la main gauche dépriment la peau autour d’elle.

Frictionnez la peau énergiquement pour détruire le parallélisme des plans.

Alternez les injections sur l’une et l’autre fesses lorsqu’elles doivent être faites en série.

Les accidents

Les accidents sont rares. L’injection dans une veine et la piqûre du nerf sciatique doivent être facilement évitées. La production d’une escarre peut se voir avec certaines substances (quinine, adrénaline), lorsque le liquide a fusé dans le tissu cellulaire sous cutané.

Le défaut de résorption s’observe avec certains médicaments qui peuvent s’enkyster (huilâmes) ou s’infecter (abcès tardifs).