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 Les kystes du cuir chevelu

Ils sont fréquents chez la femme et très rares chez l’homme. Existe t il une corrélation entre les hormones ovariennes et ces kystes sébacés du cuir chevelu ? C’est fort possible. Il est évident que le cuir chevelu de la femme est soumis à une stimulation hormonale que nous connaissons très mal, sinon pas du tout, et qui expliquerait que la femme n’est que très exceptionnellement victime de la calvitie. De telle sorte que si, à l’heure actuelle, beaucoup de femmes se plaignent d’avoir les cheveux très clairsemés elles ne peuvent s’en prendre en général qu’aux traitements traumatisants auxquels elles soumettent leur chevelure. Les loupes sont en tout cas un apanage presque exclusif des femmes et surtout des femmes après la quarantaine. On en observe quelquefois chez la femme jeune mais il s’agit de cas beaucoup plus rares.

L’aspect général

La loupe apparaît d’abord sous la forme d’une petite bosse, exactement d’une demi sphère presque parfaite dont la partie plane est plaquée sur le crâne et dont la partie hémisphérique fait saillie sous la peau. Au début, elle a la taille d’une lentille mais elle se développe plus ou moins rapidement pour atteindre quelquefois le volume d’une prune . La durée de ce développement est très capricieuse, allant de trois mois à plusieurs années. Il arrive en effet très souvent que le développement de la loupe s’arrête à un volume modeste et y demeure. On a alors des loupes dont les dimensions correspondent à une demi cerise.

 La loupe n’est qu’exceptionnellement unique, il en existe toujours plusieurs qui se présentent avec des volumes différents, ce qui fait que la femme qui est atteinte de cette maladie possède en général un assortiment de loupes de dimensions variées, disséminées à la surface du cuir chevelu.

La loupe est constituée par une glande sébacée monstrueuse dont le canal extérieur est oblitéré. Comme le sébum continue à être sécrété par les parois de la glande celle ci se gonfle démesurément jusqu’au moment où la compression produite par la distension tarit la sécrétion de sébum.

Le traitement

Le traitement des loupes est exclusivement chirurgical. L’ablation est réalisée après anesthésie locale avec un dérivé de la novocaïne et est absolument indolore.

On pratique au bistouri â lame une incision rectiligne de la peau passant par le pôle de la loupe, exactement comme si l’on voulait couper la loupe en deux parties égales, mais l’excision est légère et le chirurgien s’efforce de n’entailler que la peau qui, à cet endroit, est très mince. Le problème est de ne pas léser si possible le sac de la glande qui apparaît au fond de l’entaille cutanée sous un aspect blanc nacré. Percer le sac de la glande et le vider par compression serait sans effet car la loupe se reformerait très vite. Il faut extraire le sac et l’extraire intégralement. On le décolle donc de la peau qui l’entoure et on dégage la base à l’aide d’une sonde cannelée. Séparée des tissus périphériques, a loupe est extraite en entier et se présente comme un petit sac blanc nacré rempli d’un produit blanc semi liquide et aseptique. Après ablation, les deux lèvres de la plaie se rapprochent spontanément et cicatrisent en 48 heures.

Les complications

Elles sont en général dues à une infection produite par un staphylocoque ayant pénétré dans le sac glandulaire. La loupe alors gonfle, devient rouge et très douloureuse. Dans ce cas il faut percer l’abcès, drainer, donner des antibiotiques. L’extraction du sac ne pourra être entreprise que plus tard et sera rendue difficile par les adhérences. Il est donc très vivement conseillé de faire pratiquer l’ablation de ces loupes le plus tôt possible.

Il n’existe pas de traitement médical de ces kystes sébacés et pas de traitement préventif. Les shampooings décapants en particulier sont sans effet. Toutefois lorsqu’on a extirpé la loupe ou l’ensemble des loupes existantes, les récidives sont rares et limitées à quelques éléments peu nombreux.

Le chirurgien est amené quelquefois à faire une seconde intervention mais très rarement une troisième.