Les maux de tête : la migraine

Les traitements

Les remèdes classiques

Les extraits d’ergot de seigle, utilisés depuis longtemps, mais peu maniables et toxiques, sont devenus depuis 1926, sous forme de tartrate d’ergotamine, la base même du traitement de la crise migraineuse.

  • Les dérivés pharmaceutiques de l’ergot de seigle existent dans plusieurs spécialités et sont actifs par voie orale mais dans les formes sévères et chez certains individus, il faut recourir d’emblée à la voie injectable, intramusculaire ou sous cutanée. Il est toujours prudent de n’utiliser la première fois que 1/4 ou 1/2 ampoule pour le cas où le sujet ne connaîtrait pas parfaitement sa tolérance au produit. Il est judicieux également d’apprendre à chaque malade à faire lui même ses injections, condition nécessaire pour qu’elles soient précoces donc efficaces.
  • Tous les dérivés de l’ergot de seigle, remarquablement bien tolérés, sont toutefois à éviter chez les artéritiques, les hypertendus, les coronariens, en cas d’insuffisance rénale et en cas de grossesse. Ils doivent être prescrits de façon discontinue : les cures très prolongées étant susceptibles d’entraîner des troubles circulatoires des extrémités des membres. Malgré leur efficacité, les dérivés du tartrate d’ergotamine connaissent un certain nombre d’échecs, au moins relatifs, qui peuvent être réduits en tenant plus compte des divers facteurs en jeu dans l’accès migraineux.
  • Il est possible d’obtenir un bien meilleur résultat en utilisant quelques associations très simples, par exemple, avec un antalgique ou un anti vomitif qui, même à doses discrètes, évite la composante digestive fort désagréable et très durable.

Les autres remèdes

D’autres techniques ont été essayées, telles les inhalations de nitrite d’amyle : elles ont quelques inconvénients et peu de succès ; telles les inhalations d’oxygène pur, rarement à la portée du premier venu, et qui ne sont guère plus efficaces qu’un morceau de glace appliqué sur le siège de la douleur. Enfin, bien que l’aspirine soit officiellement considérée comme peu efficace, elle peut être quelquefois le meilleur médicament de beaucoup de migraineux. En dehors du grand principe de précocité de la prise des médicaments en dose élevée, il n’existe aucune recette standard : de nombreux migraineux arrivent à une excellente auto thérapeutique. On voit même de curieuses techniques comme les injections intraveineuses d’eau bidistillée ou de vitamine C...

Traitement de fond de la maladie migraineuse

Le traitement de fond est, lui, beaucoup plus ambitieux, car il vise à faire disparaître les conditions même d’apparition de la migraine. Objet d’un constant effort de recherche depuis 20 ans, il mériterait d’être mieux connu et plus souvent utilisé malgré ses défaillances et ses inconvénients. Traitement régulier, quotidien et long, il ne peut être proposé que dans les migraines sévères ou à rythme rapproché. La multiplicité des facteurs à atteindre implique automatiquement une association de produits. Il est souhaitable en effet d’agir :

  • sur le facteur sanguin ;
  • sur le facteur artériel ;
  • sur le facteur dit psychique.

Les causes

Cette douleur particulièrement pénible et d’origine mystérieuse, dont on s’est plu à dire qu’elle était avec la grippe le responsable des plus grandes pertes de temps, est sans doute propre au genre humain.

La migraine, qui atteint près du dixième de la population, surviendrait trois fois plus souvent chez la femme que chez l’homme. Elle paraît d’ailleurs être plus sévère chez la femme. Dans près de 80% des cas, on retrouve un élément héréditaire qui souvent saute une génération.

Description

Parfois annoncée par une sensation générale d’énervement, de lassitude ou de malaise, la douleur peut être immédiatement précédée de phénomènes dits d’accompagnement, sensitifs ou sensoriels, hautement significatifs, surtout lorsqu’ils perturbent la vision et se manifestent par des points lumineux apparaissant sur le champ visuel de l’œil situé du côté où siégera la douleur. Ils apparaissent et s’atténuent en 10 à 30 min., tandis que survient la douleur. Classiquement unilatérale et en général du même côté, rarement bilatérale, à siège sus et rétro orbitaire ou temporofrontal, parfois occipital, elle revêt un caractère pulsatile net ou s’enfle en longues vagues exagérées par le bruit et la lumière. Après un certain temps d’évolution apparaissent des composantes digestives : nausées et vomissements, quelquefois troubles intestinaux. Manifestation périodique se dissipant intégralement, elle débute volontiers en fin de nuit ou en début de matinée, entraînant lors de son développement un retentissement impressionnant sur l’état général ; elle s’atténuera en quelques heures, parfois seulement en 24 ou 48 heures, laissant une sensation de bien être retrouvé, inconstamment accompagnée d’une émission d’urine abondante.

  • Apparaissant rarement après 40 ans, installée dans plus de 50%des cas avant 20 ans, elle étend sur une très large tranche de l’existence son évolution, qui a été chez la femme un peu trop schématiquement comparée à l’évolution de sa vie génitale : développement à la puberté, déclenchement au moment des règles, effet suspensif de la grossesse, modification à la ménopause où elle se transforme peu être plus souvent qu’elle ne s’arrête.
  • A ce terrain migraineux s’attache rituellement un profil psychologique : individu anxieux, scrupuleux, perfectionniste, vérificateur, voire tatillon ou maniaque, toujours exigeant et peu apte au bonheur léger, saisi avec l’instant qui passe... Inconstantes sans doute mais fréquentes, ces notions méritent d’être recherchées car, outre les incidences théoriques, elles comportent des conséquences thérapeutiques.
  • A ces manifestations déjà nombreuses, s’ajoutent des troubles de la vigilance. Outre les syncopes, images de la vulnérabilité nerveuse du migraineux, existent des épisodes avec obnubilation et état confusionnel passager, qui ont évidemment contribué à confondre certaines migraines avec une autre manifestation survenant par accès et spontanément résolutive, également mal définie : l’épilepsie.

Les autres maux de tête

Le caractère sélectif du traitement de la migraine par les dérivés de l’ergot de seigle évite souvent de confondre la vraie migraine avec des maux de tête dus à des névralgies des nerfs occipitaux ou frontaux qui frappent l’ensemble du crâne et cèdent aux calmants de la douleur classiques à l’exception peut être de l’aspirine. Mais ces céphalées non migraineuses ont d’autres caractères bien particuliers : atteinte de tout le crâne en casque avec prédominance frontale bilatérale, pas de troubles visuels annonciateurs et douleurs au niveau des vertèbres cervicales. Ces céphalées paraissent d’ailleurs liées à des arthroses des vertèbres cervicales.