Les médicaments ayant la propriété de calmer la douleur ou analgésiques (du grec : algos = douleur) se divisent en deux groupes : les morphiniques et les non morphiniques. Dans le premier groupe on réunit les dérivés de la morphine et les produits ayant des effets analogues à cette dernière. Dans le second groupe les autres médicaments ayant la propriété de calmer la douleur,
Deux mots résument leurs propriétés : puissance et toxicité. En effet, si leur action est particulièrement efficace, ils entraînent malheureusement une dépendance à la fois psychique et physique (accidents de sevrage, avec en outre apparition de douleurs lors de la moindre suspension du médicament). La recherche de dérivés morphiniques dépourvus de ces inconvénients n’a été qu’une longue série de déceptions. Pourtant, la malédiction entourant ces produits commence doucement à être levée par quelques découvertes récentes. On s’est aperçu ainsi que la nalorphine, substance connue comme un antagoniste de la morphine, est elle même, lorsqu’on l’administre seule, un analgésique efficace. Son pouvoir de dépendance, notamment psychique, est de loin inférieur aux morphiniques classiques. Cependant, la nalorphine se révèle dotée de pouvoirs hallucinogènes. D’autres travaux ont alors permis la mise au point de la pentazorine dont le pouvoir de dépendance est faible mais dont le pouvoir analgésique est inférieur à celui des morphiniques classiques. D’autres produits ont été synthétisés, en particulier le butorphanol et la buprénorphine. Cette dernière, 25 à 30 fois plus puissante que la morphine, engendrerait peu de dépendance, mais c’est seulement au terme d’essais en cours que l’on saura si l’on tient là le produit idéal.
On commence à parler beaucoup des morphines endogènes, connues encore sous les noms de « enképhalines » et « endorphines ». La découverte de ces polypeptides a suscité beaucoup d’espoirs, mais les premières expériences paraissent avoir été décevantes. Néanmoins, la liste chaque mois plus fournie des morphines endogènes laisse espérer que l’on finira par découvrir bientôt l’analgésique doté de tous les avantages.
Ils possèdent une action analgésique soit pratiquement pure, soit associée à une action anti inflammatoire ou au pouvoir de faire baisser la fièvre. Ils sont par ailleurs dépourvus du risque d’engendrer la toxicomanie.
Ceux qui agissent sur la fièvre sont les plus connus : la phénacétine entre dans de très nombreuses spécialités pharmaceutiques. Le paracétanol également. L’aminophénazone (amidopyrine, pyramidon), commercialisé depuis 1897, se retrouve dans un très grand nombre de spécialités en association avec des hypnotiques, des sédatifs, des antispasmodiques et d’autres analgésiques. Ce produit risque cependant d’altérer certains globules blancs par un mécanisme immuno allergique. Il faut se méfier de ses associations avec les sulfamides, le
chloramphénicol et certains antiépileptiques. La noramidopyrine a les mêmes caractéristiques mais se distingue par son effet analgésique puissant et immédiat dans la crise de colique néphrétique, en injection intraveineuse lente.
Les analgésiques agissant sur la fièvre et possédant une action anti inflammatoire sont les dérivés salicylés dont le plus connu est l’aspirine. Son effet est certain, rapide, mais son mécanisme d’action reste encore mal connu. Elle présente un risque digestif (hémorragies digestives, aggravation d’un ulcère) et peut engendrer des réactions anaphylactiques graves.
Enfin, les analgésiques ne faisant pas baisser la fièvre et dépourvus d’effets anti inflammatoires groupent trois médicaments dérivés d’un antipaludien : l’amino 4 quinoléine. Ils peuvent avoir des effets secondaires sur les reins.
De l’avis de tous les chercheurs, l’analgésique idéal reste encore à trouver, mais avec la découverte en 1976 des morphines endogènes et les progrès récents dans la mise au point de morphines sans risque de dépendance, tous les espoirs sont permis.